SCÈNE M
. fONTEN AILLE, puis IMüEliï.
ponte* ville. Iiiilioi t chez moi!... par Dieu ! voilà qui est fort !... Il a do l'aplomb, ce monsieur. [Imbert entre introduit pur le doute 'tique, qui sort quelques instant-* a prit.)
iviiüit. Je vous salue, monsieur!
FONTES AILLE Ah î C'CSl VOUS qui ÔtCS
M. Imbert?
tauEET. Oui, monsieur...
fqntewi llk. Asseyez - v eus !
imrert. C'est inutile ! je M'ai que de,ux mots â vous dire; je vous rapporte, ru«qr
sieur, les billots de banque que vous m'avez fait l'injure de m'envoyer, et je viens savoir de quel droit vous faites line pareille insulte ù un homme qui ne vous demandait rien.
FONTBNAiLLK, à part, oh! oh! voyez-vous ça ! [Haut.) Monsieur, je it admets pas qu’on inc rende des services gratuits... vous m'avez sauvé uue somme considérable .. j'étais voire débiteur... j'ai voulu m’acquitter.
diiikrt. Vous vous trompez, monsieur, vous ne me devez rien. . Le hasard saut a tout fait... j'ai trouvé votre bien... je vous l'ai rendu... entre gens bien élevés, -cela vaut un remcrcîmenl, voilà tout.
fonte* aille. Mais il y a beaucoup do gens... n» al élevés... qui. sans scrupufc ou •'U en faisant bon marché, auraient parfaitement garde pour eux ce qui m'appartenait.
imiifrt. C'est possible, monsieur; ces gens-là... on le- un-prise... mais les gens comme moi, ou les respecte!
foxten.ville. Al» çà... 111.1 is , mon cher monsieur, vous le prenez sur un tou...
, « ‘n-. I UT. Qui me convient, monsieur, car
: vous m'avez outragé... Pourquoi voire argent?... Cê.'t doue pour me récompenser de n'avoir pas mérité Toulon ou Cayenne... si j'étais riche, vous ne m'eussiez. pas fait cette injure... vous avez abusé de ma pauvreté.
, c'est tuai !
fonte* ai llk. Mais c’est qu’il mo fait de la morale.
Imbert. Pourquoi pas, monsieur, si vous le méritez...
FONTE*.!! LLK. Apl'ès?... alleZ lOUjOUTS I
iMiir.HT. J ai lliu, monsieur.
FOXTEN.VILLE Déjà?
im huit, jetant les billets sur la table.
Voici vus billets de banque; maintenant J'ai une dernière chose à vous dire.
FONTENAILLK. Voyons!
imbert. M. Contran Fontenaille, *olro neveu. «î adressé ses hommages à I uue de mes filles. '•
fontenaille, ù part. Allons donc, nous y voila.
m ucn r. Je vous déclare, monsieur, que, loin de favoriser relto inclination, je l aurais combattue de toutes mes forces si je m'en étais aperçu.
fontenaille. Volts êtes difficile... il y eu a de plus mal que lui.
maKRT. C'est un digno jeune homme, qui n'a qu'un defaut.
fontenaille. Lequel?
i viRF.E r. Volts, monsieur I fontenaille. Hein?
IMBERT, il y n des gens... (ils sont rares] qui considèrent la richesse comme un avantage médiocre, et ne se croient pas supérieur* aux autres parce que le hasard ou un travail heureux lésa favorisés: ils respectent la misère et saluent la pauvreté. Je vous croyais ainsi ; mon erreur est celle de M . Contran... et si ce mutin, à sa demande, je n’ai pas répondu par un refus formel... j‘ai eu luit!
FONTENAILLE. VOUS I aVOOe^l
i m ni. et. Oui, les hommes sont tous les mêmes : de grandes paroles et de petites actions; a la place du cœur l'intérêt... et dans la tête... l eguisme; cl j’ai eu la sottise de supposer uue exception.
fonte* ville. Mais vous m'insultez!
iRRBRT. No venez-vous pas de m’rmullef encore en supposant quo, sons prétexte de vous rapporter quelques billets de banque, je venais mendier votre héritage pour ma ülle !
fontenaille. Diable d'homme!
î MURAT, \euille* donc faire savoir à voir»
neveu que, toql comme à vous, co mariage
ne me convient pas, et uue scs visites chez moi seraient désormais déplacées.
FONTENAILLE. ÀV 6 Z-V 0 US lîlll de doiUTCr des leçons à l’orgueil des autres, géant de vanité qui éclabousse les riches de sa misère?
imrert. Maintenant j'ai tout dit... Je vous | salue.
1 fontenaille. Restez! jo n’ai rien dit du tout, moit (Mil vous m'écoulerez... chacun son tour... j ai bien eu celte patience. [H a sonné rt remet au domestique un billet qu'il a griffonné à la hâte.) Ceci à l'instant à Contran, n'importe où il sera... Que l'on attelle... et quo la voiture soit à ses ordres... i.e domestique sort). Monsieur, je tiens de déshériter mon neveu ; maintenant je vous ' demande pour lui la main de votre Ulle...
Qu’est-ce que vous dites de cela?
IMBERT, surfins. Monsieur!...
fontenaille, Et, si cela no vous convient pas. c’est à moi que vous aurez affaire...
Est-co que vous croyez, per hasard, que vous avez lo monopole de la probité gt de la délicatesse! vous êtes encore un singulier original !... Votre tille un ma nièce... Je la doterai si cela me fait plaisir... et co n’est parbleu pas vous qui m’en empêcherez...
le domestique, reparaissant. M. Gontran viont do pertur. i/f sort.) îMiiEUT. Partir! ..
fontenaille. Pour aller chercher el ramener ici, dans ma voilure, M"'* Imbert aînée et cadette.
niHF.RT. Mes filles I
fontenaille. C’esl comme cela... Ne dites pas un mot de plus, ou je marie la seconde.