‹ Suzanne DucheminChapitre 42 sur 75 · DE L ABBE RICHARD A SUZANNE · texte numérisé non relu

DE L ABBE RICHARD A SUZANNE

JleurTille, octobre.

Ma sœur, je vous le répète, vous jouez un jeu terrible. Vous vous trompez vous-même; et après une vie de sacrifice, vous manquez de courage à la première tentation. A quoi bon secouer votre cœur plein d'étincelles sur ces jeunes abrisseaux!

Je ne vous maudirai pas, parce que je suis prêtre ; je

SiZANNE DUCHEMÎN

ne vous abandonnerai pas, parce que je suis chrétien. Je suis doublement votre frère, ma pauvre sœur! racontezmoi vos douleurs. Mais au nom du Dieu qui a fait un mérite éternel des souffrances patiemment endurées, au nom de la loi qui féconde le martyre, cessez d'écrire à Valentin ; cessez cette tromperie indigne de vous! Tenez! quittez Provins ; mon presbytère est prêt à vous recevoir; les travaux sont finis ; la saison d'automne est belle. Venez visiter ma solitude; laissez sous l'œil de Dieu et de la famille ce couple qui ne veut que la vertu. Ne vous mêlez pas de leur rêve ; vous ne pouvez que le gâter. Répondezmoi, ma sœur; faut-il vous attendre?

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