‹ Suzanne DucheminChapitre 56 sur 75 · LETTRE XLI · texte numérisé non relu

LETTRE XLI

DE SUZANNE A L'ABBÉ RICHARD

Provins, novembre.

Ne m'attendez plus : il fait froid , je ne puis quitter Provins. Je suis bien malade, et j'ai peur de vos sermons. Valentin m'a pardonné, il m'aime, je le sens, je le vois ; mais il aime aussi Edmée. Se peut-il que je sois la rivale de cette chère enfanf ? Elle a la beauté; moi; j'ai l'amour. Je me berce par instants de cette pensée qu'il prendra en pitié la pauvre femme souffrante et flétrie. Serait-ce la première fois qu'une union pareille s'accomplirait? Mon frère, ne béniriez-vous pas ces deux époux? Le médecin me trouve beaucoup de fièvre; il me défend les émotions; il croit, comme vous, qu'on peut s'empêcher de penser.

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