‹ SwedenborgChapitre 7 sur 10 · S IV · texte numérisé non relu

S IV

Si nous dégageons cette doctrine de toutes les révélations qui furent faites à son auteur, et de tout ce qu’il vit dans les deux et dans les enfers, nous remarquons que sa tendance la plus universelle est d’effacer de plus en plus la réalité de l’existence , pour transporter l’esprit dans un monde qui est bien moins la représentation de ce qui existe que la reproduction des propres fantaisies de l’auteur. La doctrine n’apprend rien de nouveau sur la morale, sur la manière de pratiquer le bien et d’aimer Dieu. Elle ne propose pas aux bommes d’intelligence et de cœur des moyens de perfection qui leur seraient inconnus ; elle n’agrandit pas l’borizon de la science, et ne fait pas entrevoir ces perspectives ravissantes qui ont si justement subjugué les grands esprits de l’antiquité, lorsque le christianisme s’est offert à eux dans sa divine simplicité. Loin de là, la doctrine est exclusivement mystique; elle cherche incessamment (et voilà le danger de la situation) à faire vivre l’esprit dans un monde idéal , et à remplacer le sens réel des choses par des interprétations d’autant plus dangereuses pour l’esprit, que chacun est libre, sous ce rapport, de substituer les rêveries de son imagination aux lois éternelles du bon sens et de la raison. Nous pouvons nous

faire une idée de cette manière de considérer les choses , en examinant comment Swedenborg interprète les livres saints. Pour lui , chaque verset de rÉcriture a : 1“ un texte en sens naturel ; 2® un sens interne ou spirituel ; 3® une explication. Permettez-moi de vous en citer un exemple :

TEXTE ou SENS NATUREL.

Verset I". — Au commencement, Dieu créa les deux et la terre.

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