‹ Swedenborg; histoire d'un visionnaire aux XVIIIe siècleChapitre 3 sur 34 · ANT-PROPOS · texte numérisé non relu

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t qui n'est pas en prospérité, ouvelle Jérusalem (c'est le borg avait lui-même donné à ;) a eu pourtant naguère des ction : le capitaine Bernard iit à Bordeaux quelques pro- 'égiment; l'abbé Ledru, curé se de Lèves; M. J.-P. Moët ui, vers 1820, traduisit en res de Swedenborg; Emile 1er à la cour d'appel de Ponu grand Broussais; M. Le le dernier et le plus complet e Swedenborg, qui mit sept m travail et se servit pour ne d'or, marquant ainsi pour re originale sa pieuse véné-

les de la Nouvelle Jérusalem IX chez nous, il y en aurait plus de cent mille. En 1871,

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ils n'étaient pas moins de huit mille en Angleterre, répartis en cinquante-huit églises, il y en

avait cinq mille au Canada et aux Etats-Unis, deux ou trois mille en Suède.

Ce qu'est la religion de Swedenborg, ce que sont les doctrines des Swedenborgiens, il importe peu que nous l'indiquions ici; ce livre n'a aucune prétention théologique. C'est le fondateur du culte qui nous intéresse : ses idées et ses conceptions religieuses, celles que ses disciples ont tirées de ses écrits, pourraient nous occuper tout au plus dans la mesure où elles seraient de nature à jeter quelque lumière sur la mentalité de leur auteur. Nous voulons montrer moins ce qu'a pensé Swedenborg que comment il l'a pensé. Nous nous approprierions volontiers, en en transposant les termes, la phrase de la marquise Ossoli : « Ce n'est pas parce qu'il a vu des vérités, mais parce qu'il a vu des esprits, que Swedenborg nous intéresse ».

La personnalité de cet homme étrange ofl're en effet de singuliers attraits à l'historien, au psychologue et au pathologiste. Doué d'une

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5 prodigieuse, d'une intelligence remaret variée, tour à tour littérateur, poète, i de sciences théoriques ou pratiques, aboi^ est peut-être le plus original des nés mystiques qui se soient jamais reni. Ce fut à coup sûr de tous le plus fé-

de ses admirateurs et de ses historiens ! lui : « Il n'est pas dans l'histoire, il n'est icun siècle d'homme plus remarquable, it de vue du développement de certaines s de l'âme ; et malgré tout ce qu'il a écrit l'on a écrit sur son compte, il n'est pas ne qui offre encore à la critique un plus )bjet... Savant de premier ordre dans les sciences, ce minéralogiste créateur art de manier les métaux et d'explorer re est comme le surnaturel incarné; il du moins l'expression portée à sa plus uissance. Les cieux lui sont ouverts, les ui parlent, Dieu lui apparaît : il voit à bourg quelles maisons dévore un incen-

éclate à Stockholm; il va trouver dans monde, fût-ce en enfer, tout personnage

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qui l'intéresse ; il s'en fait instruire ou l'instruit, qu'il soit dans l'éternité depuis trois siècles, depuis hier ou depuis trois mille ans*. »

Présenter Swedenborgje faire connaître à la lumière des passages les plus saillants de ses nombreux écrits serait déjà faire œuvre digne d'intérêt. Il est, en effet, peu connu, et si l'on est en droit de supposer que les quelques milliers de fidèles de la Nouvelle Jérusalem ont peu ou prou parcouru ses œuvres compendieuses, il est vraisemblable que, sinon sa notoriété, au moins le détail de ses « illuminations », n'a pas dépassé un cercle restreint. On le cite un peu partout comme un des plus curieux visionnaires dont l'histoire ait gardé le souvenir, mais on se borne en général à cette mention.

A la vérité il a eu déjà des biographes, mais qui ont été plutôt des admirateurs et des disciples enthousiastes que des critiques. Or, la vie mentale d'un homme tel que Swedenborg

1. Matter. Swedenborg, sa vie, ses écrits et sa doctrine. Didier, 2« édit. Paris, 1863.

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