‹ Swedenborg; histoire d'un visionnaire aux XVIIIe siècleChapitre 30 sur 34 · Notice, toc. cit., p. 1D · texte numérisé non relu

Notice, toc. cit., p. 1D

:s anecdotes contées avec la meilleure ad ces anecdotes relatent des événeaerveilleux, en contradiction avec les a physiologie telles qu'elles sont pojurd'hui.

peu de mystiques et de voyantes à projuelles on n'en rapporte d'analogues :

l'Arc a su avant tout le monde autour sans en être directement informée, la ies Français à Rouvray, Sainte Thérèse que « pendant la messe, étant profondécueillie, elle vit un des pères de son mdre l'esprit et monter au ciel sans a purgatoire ; et elle apprit depuis qu'il irl à rhetirc même où elle avait eu la L'anecdote de l'incendie de Stockholm l'incident de Marteville furent, il y a un 'objet de discussions vives et de nompolémiques. L'enquôte que fit Kant l'avoir conduit à en admettre la réalité.

tte enquête fut-elle poursuivie dans les ras de rigueur aujourd'hui requises en matière? Il n'y paraît guère. On cite le mot de Grimm, à propos du fait t. la reine Ulrique : « Ce fait, dit-il, est par les autorités si respectables qu'il est

impossible de le nier, mais le moyen cTy croire! » Quand un fait est établi, il n'y a pas à se demander s'il est aisé ou malaisé à comprendre, il n'y a qu'à l'admettre, quitte à l'expliquer plus tard; aussi, à prendre la phrase de Grimm au pied de la lettre, on ne saurait en approuver les termes. Mais si l'on doit toujours s'incliner devant la démonstration d'un fait, on n'en doit être que plus exigeant en ce qui concerne les éléments de cette démonstration. Les exemples de télépathie que l'histoire rapporte, et qui ne sont pas directement et immédiatement vérifîables, sont à ce point de vue tous plus ou moins contestables. On ne saurait y croire, non simplement parce qu'ils nous apparaissent comme étranges et merveilleux, mais parce qu'étant étranges et merveilleux, ils devraient être établis sur des preuves décisives et sur une critique inattaquable dont les éléments nous font défaut. Quoi qu'il en soit, faux ou vrais, les faits en question militeraient ou non en faveur de la réalité de la télépathie chez certains esprits et dans certaines conditions psychiques ; ils ne sauraient en aucune façon modifier l'interprétation de l'état mental de Swedenborg, telle qu'elle résulte de Tétude de ses hallucinations.

venons à ces dernières. 11 importe en effet, 'éciser quelques-uns de leurs caractères esquels jusqu'à présent nous ne nous les pas arrêté. Nous avons montré que, Swedenborg, les hallucinations affectaient ipart des sens, quelles étaient très variées ; à leur nature, hallucinations de la vue ut, de l'ouïe ensuite, hallucinations vermotrices etgraphiques, hallucinations de isihilité générale.

somme, chaque description que le théo- 1 en trace, quand il nous donne la descripomplète de ce qu'il vient de voir ou d'en- B, est celle d'une scène hallucinatoire. Ce raconte rappelle le tableau d'un rêve et ivec raison que U. de Schubert a qualifié lence de Swedenborg, de vie de rêve de . Ouvrons encore, pour nous en conpe, le livre des Terres dans l'Univers et ons-y un passage presque au hasard :

is l'état de veille, je fus conduit, quant à it, par des Anges d'après le Seigneur, vers 'erre dans l'Univers, quelques esprits de globe nous accompagnanl; la marche se ■ la droite et elle dura deux heures. Vers du monde de notre soleil, il apparut

d'abord une nuée tirant sur le blanc, mais épaisse ; et, après cette nuée, une fumée ignéo qui s'élevait d'un grand abîme : c'était un gouffre immense séparant de ce côté notre Monde solaire d'avec quelques Mondes du ciel astral ; celte fumée ignée qui s élevait apparut à une distance assez considérable. Je fus porté à travers ce milieu, et alors apparutau-dessous, dans cet abîme ou gouffre, un grand nombre d'hommes, qui étaient des esprits; — car les esprits apparaissent tous dans la forme humaine, et en actualité sont hommes; — je les entendis môme parler entre eux; mais i fut pas donné de savoir d'où ils étaient i ils étaient ; cependant l'un d'eux me d étaient des sentinelles, afin que les es passassent point de ce Monde dans i autre Monde de l'Univers sans en avoii mission. J'eus même une conflrmati cela était ainsi; en effet, quelques espi étaient de l'escorte, auxquels il n'avait permis d'aller au delà, étant arrivés à d Intervalle, se mirent à crier avec fore périssaient, car ils étaient comme cei dans l'agonie, luttent avec la mort ; c'e:

quoi ils restèrent de ce côté du goulFr

itre transportés plus loin ; car la exhalée du Gouffre les envahissait t ainsi à la torture ».

as là un rêve et un rêve singulimé et mobile, qui rappelle les îts des alcooliques et des hysté-

sans les caractères terrifiants des ns la fixité relative des seconds?

ence au contraire avec les halluci- >ersécutés, par exemple, qui quels qu'elles soient, ne détournentpas alade du milieu ambiant et le laisnt des incidents de la vie réelle,

hallucinations de l'ouïe ou de la générale ou du goût se mêlent es en faisaient partie intégrante et nt un point de départ objectif, tenborg, comme chez tous les mysurs, l'apparition des hallucinations née à une situation mentale parlilut que l'esprit arrive à s'abstraire ns complètement des impressions u extérieur est susceptible de pro- . Le sommeil est par excellence la i réalise cette abstraction, mais il ieule : la médilation, la concentra-

i sur une idée fixe peuvent ans une situation analogue,

lors, comme dans le sommeil, allucinations qui rappellent 3 et qu'on ajustement dénom-

la ressemblance, hallucina-

siraciiondu monde extérieur, éparait souvent par la prière, écrit-il dans son journal, que du Seigneur, soir et matin, eu près je suis élevé dans la ; cela se fait si sensiblement ;rien de plus sensible. C'est ce ,îs plus de deux ans, mais avec L'est alors Insinué des explicale plus intime de cette prière, lite, je suis remis dans ma

; être plus ou moins profonde, vague de la pensée jusqu'à complète du monde ambiant

ase. Swedenborg semble en

lucinations oniriques des dégénérés rendus du Congrès des médecina alUniilei et neurologiaUs de Clermont-Ferrand, 1895, p. 260.

avoir connu tous les degrés. Il n'est pas douteux qu'il ait eu dt!3 extases; Springer affirme en avoir été témoin; son ami, ic général Tuxen, raconte qu'un jour il le surprit « assis, en robe de chambre, les coudes sur la table, soutenant son visage tourné vers la porte, les yeux ouverts et très élevés », Il eut l'imprudence de lui parler. « Là-dessus il revînt à lui (il sortait d'un ravissement ou d'une extase, comme l'attestait son atlitude), se leva avec une sorte de confusion, fit quelques pas en avant dans une incertitude visible, frappante, qui se lisait sur sa figure... »

Mais, quelque analogie qu'on puisse établir entre les hallucinations de Swedenborg et celles des simples rêveurs, elles s'en distinguent par un caractère essentiel, capital dans l'espèce. Quand le rêveur, après le réveil, se rappelle son rêve, il le juge pour ce qu'il est : le sentiment des réalités ambiantes anéantit la croyance qu'il a pu avoir en dormant à la réalité du rêve. Chez Swedenborg, est-il besoin de le dire? il n'en est pas ainsi. On se rappelle la lettre que nous avons citée plus haut et où il affirme Il par les choses les plus saintes, que le Seigneur s'est manifesté à lui », qu'il a ouvert

TROUBLES PSYCHIQUES m

Fintérieur de son intelligence afin « qu'il voie' les choses du monde spirituel et qu'il entende ceux qui s'y trouvent ». Dans tout le cours de ses récits, on trouve la preuve de cette conviction arrêtée. Presque au moment de sa mort, il fait au ministre Férélius la déclaration suivante : « Aussi vrai que vous me voyez ici devant vous, aussi vraies sont toutes les choses que j'ai écrites et j'aurais pu en dire davantage si cela m'eût été permis. Vous verrez lorsque vous viendrez dans l'éternii aurons, vous et moi, beaucoup h nom nir à ce sujet. »

Swedenborg a en effet une foi abso mission, et chez lui, comme chez ] d'hallucinés mystiques, l'idée qu'il i rôle auquel il se croit appelé, constitue ou plutôt la manifestation d'un vérita mégalomaniaque. « Il a été appelé à u fonction par le Seigneur lui-même. » ' a ouvert la vue de son esprit, l'a intro le monde spirituel et lui a accordé d( cieux et plusieurs de leurs merveille!

mais aucun mauvais esprit, même le p nal, ne peut lui causer quelque d parce qu'il est continuellement défen

tSS SWEDENBORG

Seigneur. » Grâce à lui l'aurore se lève sur les nations païennes, même sur les Africains.

« Il lui a été dit du ciel que des esprits angéliques dictent de bouche, aux habitants de cette partie de la terre, les choses qu'il a publiées dans son livre : la Doctrine de la nouvelle Jérusalem. »

Comme tout mégalomane, il est personnel et exclusif; il n'a que peu de souci des pratiques du culte courant et peu d'estime pour ceux dont la communauté de sentiments et de vue devrait le rapprocher. Il ne fréquente pas les temples et néglige les sacrements. Aquoi bon? « Les pratiques religieuses lui sont moins nécessaires qu'aux autres puisqu'il est en communion avec les anges ». Il ne fait pas plus de cas des évêques que des métaphysiciens, des mystiques et des théosophes. Il parle de Jacques Bœhme, dont la théosophie a eu en Allemagne un grand retentissement, avec dédain, sinon avec mépris. " C'est un bonhomme qui pouvait être de quelque utilité à certaines intelligences, mais un danger pour les autres. » Quant à lui, il est sûr de son enseignement qui présente toutes les garanties. II s'estime bien supérieur aux prophètes qui n'ont jamais, comme lui,

parcouru à volonté les régions célestes, bien supérieur à Moïse qui s'est entretenu avec Jéhovah, mais ne Ta pas vu, bien supérieur à Mahomet. Il est si convaincu du succès de sa doctrine qu'il ne fait aucun effort pour organiser un parti ou pour réunir autour de lui des disciples qu'il sait devoir être nombreux. En 1769, le clergé de Stockholm s'émeut; on parle de mettre le voyant en jugement, de le déclarer aliéné et de faire ordonner sa séquestration, car il y a danger, pense-t-on, à le laisser en liberté. Le doyen Ekebom se fait le porte-parole de l'accusation. Swedenborg lui répond indirectement en des termes hautains et méprisants :

« J'ai reçu communication, écrit-il, d'un extrait des souvenirs du doyen Ekebom. Il y continue les invectives indécentes qui lui sont habituelles. Je puis les considérer comme les aboiements de ces animaux qui ne valent pas la peine qu'on saisisse une pierre pour la leur jeter et les chassera »

Chez les mystiques, d'ordinaire, les idées de persécution s'associent en proportion variable aux idées mégalomaniques : elles revêtent à la

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