‹ Swedenborg; histoire d'un visionnaire aux XVIIIe siècleChapitre 34 sur 34 · Du Ciel et de l'Enfer^ loc. cit., p · texte numérisé non relu

Du Ciel et de l'Enfer^ loc. cit., p

Gothenbourg, son ami Robsam se préoccupèrent de faire connaître sa vie, d'autres de vulgariser ses œuvres : en 1782, Pernety traduisit en français, le Traité du ciel et de V enfer \ Chastanier, la Nouvelle Jérusalem et sa doctrine céleste; en 1788, Baillant de la Touche fit paraître à Stockholm, un Abrégé de la doctrine de Swedenborg, Plus tard, Moët, à Versailles, de 1819 à 1824, et après lui. Le Boys des Guays devaient s'attacher à nous donner des traductions françaises de Tensemble des œuvres du Voyant suédois. Bes associations ne tardèrent pas à se former pour propager la doctrine de la Nouvelle Jérusalem; ce furent : à Londres, en 1783, la Société théosophique et swedenborgienne ; à Stockholm, en 1786, la Société exégétique et philanthropique. Il y en eut de florissantes à Pétersbourg et à Moscou. En 1788, les adeptes de Swedenborg se réunirent en assemblée religieuse, à Londres, dans un temple de Great- East-Cheap : ce fut le signal de l'expansion du culte nouveau, qui compta bientôt plus de sept mille adhérents à Manchester, et ne tarda pas à recruter des prosélytes jusqu'aux Etats-Unis et dans les Indes Orientales. Ces derniers auraient atteint bientôt, en Europe, le nombre

)UBLES MENTAUX

u'on prétend même avoii i, ce qui, à la vérité, resti

Feignant ce chiffre un peu !n est pas moins intéressi tater Timportance qu'a pr '111* siècle et au début ùa louvement religieux. Cet lies sous la bannière d'un \ [ue qui passe pour favorab ine au libre examen, foun ions philosophiques. Mais [u'ait prise la religion de lébuts, combien elle est grands engouements reli iés ! Elle n'a d'ailleurs et m semble d'accord pour i rd'hui la religion swede itôt un recul. Les lecteurs qu'ont en France et en es de Swedenborg sont pr lux sympathiques que de

notre époque se prêterait i jui l'ont précédée à l'âpar

.es naissants? Cette pensé

sérène et on voudrait pouvoir admet l'expression exacte de la réalité, ce Lélut.

« A mesure, dit-il', qu'on apf temps modernes, de ceux surtout vivons, à mesure qu'on s'éloigne cellerie grecque et romaine et de li logie platonicienne, chrétienne et âge, on voit les expressions entho hallucinées de la psychologie des peu peu à peu de leur caractère grand, national, tout à la fois politique et pour prendre les étroitcs'proportiont nations particulières et sans impo ciale : hallucinations Imaginatives, comme dans le Tasse ; hallucinal intellectuelles et quelquefois sci comme dans Paracelse, Van Ilelmoi merdam. Tous ces enthousiastes, cinés occupent une place de plus e parée dans une société qu'ils ont représenter. On les désigne bien ei leur ancien nom de mystiques, de tli mais le monde ne les suit plus. II 1

i. Lelut. Sur tin des points dt vue de la p t'kisioire, la Gaz. méd. de Paris, 15 septembre

tUBLËS HEr<

at; il les pli les instruits pirations de cal, la défia té moderne e , éclairée, ou e chez elle h ivent céder e tendement e s cette société lages ardents !n des homim

réflexions ne timisme exaj

CONCLUSION

Nous avons essayé de montrer comment la psychologie pathologique commande d'envisager la personnalité de Fhomme singulier, de Fétrange et puissant esprit que fut Swedenborg. On pourra relever les imperfections de cette étude ; nous voudrions qu'on ne puisse nous reprocher d'avoir blessé dans leurs convictions ceux qui professent pour l'illustre Voyant une vénération pieuse et une admiration sans réserve.

Aussi bien ce livre n'est point une œuvre de polémique. Nous sommes de ceux qui pensent que le monde moral gagnerait à ne pas s'écarter dans sa marche des froids enseigne-

CONCLUSIOI

ments de la science et à leur branlablement fidèle que l'es sique aux lois de la nature; i combien la réalisation d'un si chimérique. A ce point de vu science qui fait faillite à g c'est la niasse de l'humanité science. Il lui faut des soluti questions qui en comportent doute répugne à l'esprit, qu s'y résoudre des aptitudes et ciales et rares : le merveilleu tivement, aussi se laisse-t-ell férence par les personnalités qui sont de nature à satis besoin qu'elle a de croire, de firmer. On peut penser, quai ments de généreuse impatiem taines de ses idoles, qu'elle a dans la voix du progrès et ( ses aveugles adorations ; or vile, hélas! que son culte a non pas de nature, et qu'i débris épars pour s'en constii dieux.

BOUS est permis de gémir

travers de notre espèce, mais il faut bien le reconnaître et le proclamer; il faut en tenir compte surtout dans l'appréciation que l'on peut avoir la prétention de porter sur ces personnalités anormales et ces génies morbides qui ont tenu dans l'histoire une place plus ou moins grande : l'analyse psychologique la plus déliée et la plus complète ne suffit pas à les caractériser complètement et à montrer la portée de leur œuvre ; il faut encore les suivre dans le milieu où ils ont vécu, et dégager la part d'influence et d'action qu'ils ont eue sur leur entourage. « Gardons-nous, dit Renan % de mutiler l'histoire pour satisfaire nos mesquines susceptibilités. Qui de nous, pygmées que nous sommes, pourrait faire ce qu'a fait l'extravagant François d'Assise, l'hystérique sainte Thérèse ? Que la médecine ait des noms pour exprimer ces grands écarts de la nature humaine ; qu'elle soutienne que le génie est une maladie du cerveau ; qu'elle voie dans une certaine délicatesse de moralité un commencer ment d'étisie ; qu'elle classe l'enthousiasme et l'amour parmi les accidents nerveux, peu im-

1. E. Renan. Vie de Jésus, 5» édit., Michel Lévy, 1863, p. 452.

CONCLUSION

de saîn et de malade aimerait mieux être que bien portant ci ées étroites qui se so irs sur la folie égan ive nos jugements hi ns de ce genre. Un éti lont on n'a pas consc duit sans que la vol( expose maintenant u comme halluciné. J prophétie et inspirai es du monde se soni toute création émir re d'équilibre, un ét« 1 tire de lui. »

redisons pas à ces id ée d'amoindrir le rô uvres des esprits géni e et peut-être à caus gie revendique : Soci IX su^estions de so !ste pas moins une ïtions de la philosc oiqu'elle ait entendu fiter la pieuse reconi

de ceux qu'anime le culte de la pat son histoire. Mais ce serait obl'Mr à un mal fondit que do ne pas oser regarde ces grandes figures : Tadmiration pou n'est pas incompatible avec la constat faiblesses de l'ouvrier. La psychologie gique a ses droits, qu'il ne faut pas laîi crire : elle ne saurait sans doute se s à l'histoire, mais elle est susceptible d rer certains côtés.

Que ceux, dont le nombre semble aller en diminuant, qui ont voué à Swedenborg et à ses doctrines une admiration sans limites, continuent à entourer d'un culte pieux le souvenir de cette figure étrange : nous nous en voudrions d'avoir, en faisant résonner une note discordante, troublé leur âme et scandalisé leur conscience. Nous nous sommes borné à revendiquer pour la pathologie ce qui lui revient dans la vie si curieusement mouvementée et dans les œuvres si remplies d'originalité du " prince des Voyants ». Swedenborg fut un malade : aucune considération sentimentale ne saurait prévaloir contre cette constatation. Ce qui n'empôche pas d'admettre avec i ses panégyristes, que dans le dernier siècle

INCLUSION

S éminents, nul ne lionnête, plus sava cond écrivain »,

ànce. Son t flque de SOI

, des extase Qges (174S-1

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