‹ Swedenborg; histoire d'un visionnaire aux XVIIIe siècleChapitre 6 sur 34 · Traité (en suédois). Skara · texte numérisé non relu

Traité (en suédois). Skara

éonor, désireuse de prouver au lierg sa reconnaissance pour les servait rendus à son frère Charles XII, les lettres de noblesse et changea '. celui de Swedenborg. Il fut ainsi re partie de l'Ordre équestre et à t comme membre de cet ordre aux la Diète qui se réunissait tous les cette assemblée, il se fit remarquer ?nt par son assiduité et par le souci 'y remplir ses devoirs, mais encore sse et l'élévation ae ses vues. Il y emps, môme après qu'il fut entré ième phase de son existence et que ence parut tout entière absorbée immerce avec les anges et les ;emble, en effet, n'avoir complètecé h la vie publique qu'à un âge

vers soixante-treize ans, et ce fut •esoin de repos que par une sorte

et de découragement moral. Tou-

qu'à l'assemblée de 1761, il tint grande place.

Swedborg, devenu Swedenborg, fisite des mines de la Suède, puis, igue et Hambourg, il se rendit à

Amsterdam où il fit paraître une série de mémoires : le Prodrome des principes de philosophie naturelle * ; les Observations et découvertes mrle fer et le feu *; une Nouvelle méthode pour déterminer sur terre et sur mer les longitudes géographiques des lieux; VArt de construire les docks " et une Nouvelle méthode pour la construction des digues; VArt d'apprécier la force mécanique des navires. Tous ces travaux, sauf doux ou trois, sont écrits en latin, langue que Swedenborg adopta de préférence pour ses ouvrages aussi bien scientifiques que philosophiques et religieux.

Après ce grand effort, cinq mémoires importants publiés en un an, Swedenborg, au lieu de se reposer, reprit le cours de son voyage ; il visita les mines et les usines d'Aix-la-Chapelle, Liège, Cologne; entre temps, il fit paraître à Leipzig trois volumes de Mélanges sur les

1. Prodromus prindpioriam^Qic. Essai d'un ouvrage sur les principes de la chimie. Amsterdam, 1721 et 1727; en anglais, Londres, 1847.

2. Nova ohservata, etc. Observations sur le fer et le feu, spécialement sur la nature élémentaire du feu et sur un nouveau mode de fourneaux. Amsterdam, 1721 ; Londres,

3. Nouveau plan de construction des docks et des digues. Amsterdam, 1721; édition anglaise : Londres, 1847.

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minéraux, le feu et les gisements des montagnes'; puis il se rendit en Saxe, imprima h Hombourg un volume sur le fer et sur les stalactites de la fameuse grotte de Baumann, poursuivit son itinéraire d'études par Brunswick, Gosslar, le Hanovre et Limbourg, et rentra h Stockholm pendant l'été de 1792. II avait été absent en tout quinze mois, dont on vient de voir l'emploi. L'un de ses premiers soucis en arrivant dans son pays fut d'y publier en suédois un volume in-8** sur la Dépréciation et la hausse du prix des monnaies en Suède (1722).

De 1722 à 1733, pendant dix ans, Swedenborg semble avoir été absorbé surtout par ses fonctions dassesseur au Collège des mines.

En 1724, on lui offrit à l'Université d'Upsal la succession de Celsius à la chaire de mathématiques; il la refusa; mais, quelques années plus tard (1729), il fut nommé membre de l'Académie royale. Faut-il admettre que les exigences de ces deux situations remplirent tout son temps, ou qu'il y eut chez lui une période de torpeur relative faisant suite aux

1. Miscellanea observata. etc. Observntions sur le feu, Ips miDéraui. Leipzig, 1122; éd. anglaise, Londres, 18*1.

r \ LA VIE DE SWEDENBORG la

deux années de suractivité qui précédèrent? On ne saurait rien affirmer avec certitude. Toujours est-il qu'en ces six années Swedenborg qui, en quinze mois, avait fait paraître la valeur de neuf volumes, ne publia que « quelques écrits de circonstance » .

Mais, en 1733, il se remit à voyager et à produire. 11 quitta la Suède en vertu d'un congé du roi, alla visiter la Saxe et la Bohême, séjourna à Prague et surtout à Dresde. Il a réuni dans son Itinéraire des notes sur ce voyage qui sont d'un médiocre intérêt. Vers la fin de l'été, il s'installa à Leipzig et commença à y faire paraître son grand ouvrage, Opéra philosophica et mineralia\ qui allait comprendre trois volumes in-folio. Le premier de ces volumes est une sorte d'exposé de la philosophie de la nature; le titre spécial qu'il porte en indiqué le sujet et les tendances :

Principia rerufn naturalium^ sive novorum tentaminum phœnomena miindi elementaris philosophiœ explicandi. Bien que l'imagination

1. Opéra philosophica et mineralia, 3 vol. in-folio; Dresde et Leipzig, 1734. Premier volume : Principia rerum naturalium^ réédité à Londres en anglais en 18i5; deuxième volume : Regniim suhterancum; troisième volume : Sur le cuivre et V airain.

y joue avec une grande liberté, ns ce livre des vues justes et t des règles de méthode qui font n ou à Descartes. » Il nous faut Lotamment, du point de vue que ;it par les principes les plus ue les parties de ces éléments les les plus simples, les moins noins artificielles. » Et plus loin ; faits incontestables pour servir héorie, et il n'est pas permis de ans être guidé par eux. » On ne le Swedenborg soit toujours resté maximes ; du moins, celles-ci

par leur élévation et leur juste, il y a autre chose que des i formules générales dans les mi : Swedenborg y a créé en

la cristallographie et y a prél'a fait ressortir l'illustre Dumas ni- de philosophie chimique, à la î WoUaston sur le rôle de la ue dans la composition des crisippelle, en outre, qu'on a signalé ms sur les théories de Dalton et et qu'il partage avec sir William

LA VIE DE SWEDEiNBORG 15

Herschel l'honneur d'avoir découvert la place de notre soleil et de son système dans la voie lactée. Il a aussi pressenti la théorie de Lagrange sur les déviations périodiques de l'orbite des planètes.

Le second et le troisième volume des Opéra philosophica et mineralia, valurent à son auteur des distinctions importantes, celle notamment de membre de l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg (1734) et, ce qui est mieux, les éloges et la manifestation d'estime du célèbre Wolf. L'intérêt de certaines parties de l'ouvrage parut tel, qu'en 1737 on imprima en France celle relative à la conversion du fer en acier, et que plus tard, en 1762, l'Académie des sciences de Paris fit traduire le Traité sur le fer^ contenu dans le deuxième volume. « Les traités métallurgiques de Swedenborg, a écrit Dumas, sont des ouvrages classiques, dignes d'occuper une place entre le traité d'Agricola et les meilleurs de ceux que l'on fait de nos jours*. »

1. Il n*est pas sans intérêt de montrer par des citations l'importance qu'on a pu attribuer aux vues exposées dans les Oytra philosophica et mineralia. et les découvertes dont on a, avec une complaisance exagérée, ce nous semble gratifié Swedenborg. Les biographies anglaises, celles de

lineralia et phtlosophica eurent itissetnent. Leur réputation ar-

ie Vilkinson sont à cet égard c

ouverte de la place de noire loleil et de

la voie lactée est certainement due à tdenborg, dans les Principia, écrits qua-

naissftnce d'Herschel, établit la posiliou ns les cieux très clairement et avec la quelle le fait a été observé.

its observés dnns les orbites des pltinétes m certain temps confirmer la croyance nale de la création par sa chute dans le mge vint rassurer les savants par sa , par laquelle il établit, que lors même ûre soit sujet â de certains changements ixcentricité de ses orbites à de loDgs indt par suite de certaines relatious qui ptëme entre les masses, les axes des :ntrïcltés, en un certain temps tous les a ce qu'ils étaient originairement, oscil-

très étroites limites. Cette découverte

placée par des astronomes étrangers à le découverte astronomique de Newton, lliptiques des planètes. Swedenborg peut l'honneur d'avoir le premier reconnu cette inique de la périodicité dans le mouve- . Dans les Principia le fait des change- 'ités dans le cycle des planètes et de leur le régulière est établi à plusieurs reprises loin et de précision, et cela quarante ans ge eût publié sa fameuse théorie. Dans

Swedenborg expose clairement la docent progressif des étoiles le long de la ouvement divergent vers le Nord et leur e Sud qui est au contraire convergent,

LA VIE DE SWEDENBORG il

riva jusqu'à la cour de Rome qui s'en émul et les mit à l'index, probablement parce que le

ce qui est une des graades vérités de rastronoinie moderne. Bien plus, la magnifique théorie de l'arrangement des étoiles en groupes ou systèmes distincts, généralement attribuée à Kant, à Herschel fut promulguée dans les Principia, lorsque Kant avait à peine dix an?.

« Swedenborg entreprit aussi de concilier le système de Newton sur la gravitation avec les anciennes hypothèses de Kepler, de Descartes sur les tourbillons solaires. Sans tenir compte des théories de ses illustres devanciers, Newton avait basé ses calculs sur l'hypothèse que les planètes se mouvaient dans le vide. Mais Laplace s'occupant de plusieurs faits qui contredisent l'hypothèse de Newton, par exemple, des circonstances affectant la périodicité des comètes de Encke et de Beila, ne vit d'autres accommodements possibles que sa théorie des nébuleuses, qui suppose que les planètes sont emportées autour du soleil par leur éther ambiant ou atmosphère, ou par un tourbillon, ce qui rappelle singulièrement les systèmes de Descartes. Trente ans avant Laplace, Swedenborg avait cherché à démontrer que les mouvements des planètes étaient déterminés par l'action du soleil les entraînant dans son atmosphère éthérée. 11 est vrai que Laplace et Swedenborg diffèrent sur plusieurs points, mais de récentes expériences tendent à prouver que là où ils diffèrent, les théories du savant suédois sont les plus exactes.

« Laplace a eu tort d'accepter comme vraie l'assertion de Buffon, prétendant que personne avant lui n'avait soupçonné sa théorie sur l'origino des planètes. Tous ceux qui prendront la peine de lire les Principia verront que quinze ans avant Buffon, Swedenborg avait parlé de la génération des planètes par le soleil. C'est sans doute par allusion à cette prétention de Buffon que le marquis de Thomé, membre de l'Académie des sciences de Paris, affirmait, en 1785, que Buffon s'était servi de l'hypothèse de Swedenborg sans indi-

SWEDENBOnr.

sur la création du monde qui y est parut difficile à concilier avec les chapitres de la Genèse,

■ce où il l'avait puisée. Un lait ri^ceot a prouvé connaissait les Priacipia, car un libraire de écemment découvert un exemplaire de cet ounant un autographe de BufTon, lis de Thomé réclama ausci contre ime assertitfn lission de l'Académie des sciences, qui avait 183 qu'il n'existait aucune théorie du magnétre. Il mon'ra que Swedenborg, dans ses Pi-inprésenté une théorie complète de la formation ar l'action de l'aimant magnétique. Longtemps Isnte découverte de Faraday, Swedenborg avait uelques-unes des lois qui régissent te msigné' tre; ainsi il reconnut que la position de l'équaique élait différente de celle de l'équateur géo- |ue le pôle magnétique sud a un axe plus (listant r magnétique que le pôle nord et a, par consërévotution plus lente; que le pûte magnëtique traction plus grande que le pûle nord. L'observa- •mé en notre siècle la vérité de ces assertions lorg, ainsi que celles relatives à l'identité des ïgnétiques et des aurores boréales et à leur r la boussole.

iibeaucouprépété que Swedenborg avait annoncé te laite par Ilerschel, en 1181, d'une septième nug. Cela est irai, mais la croyance dans l'exisseptiéme planète était partagée par la plupart nés de son temps et méuie par Kepler, en 1584, ient, en observant le vide entre les orbites de lupiter, qu'une planète devait ae mouvoir danii ide.

aitre dans les Principia plusieurs moderne, ou au moins comme

Est-ce pour protester contre Faccusation d'impiété ou pour répondre à la sympathie et

UQ pressentiment de ces vérités : ainsi la théorie atomiste, la polarisation de la lumière, son identité avec le fluide magnétique. En 1772, Priestley démontra que Tair n'était pas un élément simple, mais un composé de deux éléments. Personne ne lui contesta la priorité de cette découverte, et cependant en 1734, dans les Principiay Swedenborg établit : qu'une atmosphère pure et sèche est un composé de deux parties constituantes, qui sont combinées dans des proportions inégales ; que l'élément qui est en plus grande quantité éteint la combustion, et que ce même élément est une partie constituante de l'eau aussi bien que de l'air (?). Près de cinquante ans avant 1783, époque où Priestley et Lavoisier découvrirent en même temps que Teau comme l'air est un composé de deux gaz, l'auteur des Principia disait que l'eau pure est une substance composée de deux éléments, qu'il désigne clairement. Enfin, sa théorie du mouvement en spirale explique beaucoup de phénomènes dans la nature, et pourrait devenir, surtout en physiologie animale et végétale, ce que la théorie de la gravitation est en astronomie.

« On peut aussi, dans ce grand ouvrage de Swedenborg, voir comment il avait pressenti et formulé en partie quelquesunes des découvertes les plus importantes de la science moderne : la théorie des nébuleuses, ou l'hypothèse de la fluidité originelle de notre planète. C'est un système complet sur les changements géologiques de la terre et sur l'apparition successive des diverses espèces de végétaux et d'animaux, système opposé à l'idée d'une création instantanée. Swedenborg chercha à prouver scientifiquement et Tationnellement cette théorie de la perfection progressive et éternelle de la création, se fondant sur ce principe que « ce qui est conforme à la science et h. la raison ne peut être contraire à la révélation bien comprise ». [Notice par un fifni de la Nouvelle Église. Paris, Jung-Treuttel, 12, chaussée d'Antin; Londres, 7, Speirs, Bloomsbury street, 36, 1875).

ation que venait de lui témoigner le tre de l'école leibnitzienne, que Sweibandonna provisoirement le domaine ience pour envisager les problèmes la métaphysique? on ne saurait le jours est-il qu'en 1733 il fil paraître son Argument sur tinfini [Prodromiis >) oix il s'attacha à démontrer, à l'aide es exposées dans les Principia, l'exisl'âme et de Dieu, le lien mystérieux t l'âme au corps et la cause hnale de

Il discute et souvent conteste dans ge les vues et les opinions de Des-

Bacon, de Leibnitz.

[et 1734, il rentra à Stockolm pour

l'assemblée des États et passa à fin de cette même année et la sui- !st en 1835 qu'il eut la douleur de L père.

!, après un an et demi de séjour en

il semble s'être adonné surtout &

la physiologie, il entreprit un nouge. Son but était «de composer et de iclque ouvrage littéraire ». H visita la Hollande, la France et l'Italie. Ses lions paraissant avoir été très dlffé-'

rentes de celles qui l'avaient dominé dans ses voyages précédents : les recherches scientifiques, semble-t-il, Tintéressèrent moins, cette fois, que les menus faits efr les études de mœurs. A Rotterdam il fréquente les théâtres grands et petits, à Paris il admire les danseurs et les danseuses de l'Opéra ; et, regardant les choses à la surface, il trouve, comme beaucoup d'étrangers qui confondent Paris avec certains coins du boulevard, que l'habitude du plaisir et la sensualité sont portées chez nous au plus haut degré on elles puissent être. Il va aussi écouter les prédicateurs « à l'église des Théatins auprès du Pont-Royal et à celle des Augustins auprès des Tuileries » . Il entend Guillaume, prédicateur du roi, et trouve qu'il pérore à la façon d'un acteur sur la scène.

Entre temps il fait des observations judicieuses : « En France, dit-il, l'ordre ecclésiastique possède la cinquième partie du royaume. Si cet état de choses persiste longtemps, ce royaume marchera vite à sa ruine * ».

1. Les détaUs et les observations relatives aux voyages de Swedenborg ont été consignés dans une sorte de journal intime, rédigé par l'auteur pour lui seul et sans grand souci de la forme. Ce journal, dont l'indication figure plus haut, n'a été publié qu'en 1840. (/iinerariwm. Tubingue, 1840, in-8).

SWEDENBORIi

e en Italie, où il reste un an, Vérone, , Rome. Là aussi il fréquente les théâïprime sa préférence pour la danse et italien?. 11 songe peu à écrire pendant e; cependant, à Rome, il publie trois T les fièvres {\1Z&).

our en Suède, il y séjourne deux ans, 1740, va à Amsterdam faire imprimer urnes in-i" sur VÊconomie du règne

où il traite du sang et du cœur, des

des mouvements du cerveau avec poumons, des rapports de l'âme et du

Cet ouvrage, qui n'est pas un de eurs, lui valut pourtant d'être nommé

de l'Académie royale de Stockholm In sait qu'il faisait déjà partie depuis . années de celles d'Upsal, de Sainturg et de Paris. Il avait pendant son ^'lorence étudié et admiré la mosaïque ; cte de joyeuse entrée, il communiqua tjet un mémoire h l'Académie, qui le ms ses recueils.

ms après, en 1744, il se rendait à la

nia regni ammalis, ou le règne animal considéré. : vue de l'anatomie, de la pbysique, de la phUosterdaoi, l"40-ni2;en anglais, Loadres, 1843.

Haye d'abord, puis à Londres, pour y faire paraître un nouvel ouvrage sur le Règne animalK Deux volumes, l^un sur les entrailles, Tautre sur les organes pectorauTc, furent publiés à la Haye; le troisième, qui s'imprima à Londres, traitait de la peau, du toucher et du sens du goût.

Il est nécessaire de nous arrêter quelques instants sur ces dernières publications. V Économie du règne animal et le Règne animal marquent en effet une nouvelle étape dans l'évolution mentale de Swedenborg. Jusqu'en 1736, son attention, on l'a vu, a été dirigée exclusivement vers les mathématiques, la mécanique, la physique, la chimie, et surtout vers la minéralogie. De 1736 à 1745, il se consacre à l'étude de l'anatomie et de la physiologie. Ce n'est pas par simple fantaisie et par pur désir de parcourir le vaste champ des connaissances humaines qu'il change ainsi l'objectif de ses travaux et de ses recherches. Déjà son esprit est hanté de préoccupations métaphysiques qu'il

1. Regnum animale^ etc. — Le règae animal considéré au point de vue de Tanatomie, de la physique, de la philosophie. Parties i et ii publiées à la Haye en 1744 ; partie m, à Loudres, en 1745; édit. anglaise, en 1843.

B satisfaire en cherchant à pénétrer de l'économie animale. Il s'en ex- [Ueurs très franchement : « J'ai l'init-il dans le prologue du Regnum, le microcosme que l'âme habite. J'ai Ile ne devait pas être cherchée ailleurs son propre royaume. Puisque l'âme , le principe du corps auquel elle est intérieurement, puisque le corps est l'àme, formé et régi par son influx, eprésentée dans le corps comme dans . J'ai donc résolu d'examiner l'anaoutes les parties du corps, surtout du t, dépliant successivement toutes les s qui nous cachent l'âme, nous finil'aide du ciel, par la contempler elle- ( Non licet scandere ad animam nisi Tiiam. »

is la tendance. 11 est bon de se rap- )oque à laquelle elle commence à avec netteté ; on sera moins surpris ormations ultérieures qu'on verra se îhez Swedenborg et dont l'apparition, apparence, trouvera son explication ', lente et progressive accentuation d'aspirations déjà anciennes.

Dès 1740 (et probablement bien avant), celui qui deviendra plus tard le Voyant, est préoccupé de trouver dans Tanatomie et la physiologie la démonstration de l'existence de l'âme et de son immortalité. On y peut croire sans doute sans une pareille démonstration, et Swedenborg proclame que ceux qui, sans consulter leur intelligence, ajoutent foi aux choses révélées, sont les plus heureux des mortels. Mais il eu est qui ne croient que ce qu'ils perçoivent par l'entendement, et sont portés à nier l'existence des choses superéminentes. « Parce qu'ils ne comprennent pas ces choses, dit-il, ils les rejettent parmi les mots vides de sens, les êtres de raison, les illusions, et alors ils adorent la nature, le monde et eux-mêmes, se comparant aux brutes, et pensant qu'ils mourront de la même manière. C'est pour ces personnes que j'écris; quand j'aurai démontré ces vérités par la méthode analytique, j'espère que j'aplanirai ainsi les voies, avec l'aide de Dieu, et que j'ouvrirai un libre passage pour arriver à la foi. » Le but de l'ouvrage est net et aussi les intentions de l'auteur : il suffit de les énoncer pour en montrer le caractère chimérique. Nous nous dispenserons donc d'exposer les théories

lesquelles Swedenborg prétend jnstrations. Les doctrines qu'il 'é.i, de l'influx, des corresponne sont plus originales qu'évi- . lui sont tellement propres, dit, qu'il est obligé d'inventer ses idées nouvelles'. » Il serait <f attarder.

■ouve-t-on dans le Règne anis considérations de métaphyante, des constatations de fait 1 juger par certaines appréciait le penser: Haller est allé jus- Swedenborg comme le prince de son siècle; Vilkinsoji, qui a lis le Regnum animale, se dit • combien l'auteur a devancé ! la science, et exprime l'espoir ogistes de son temps profitent ur étendre leurs idées, Matter, ant point suspect de dénigrede Swedenborg, proclame au ce dernier fut créateur dans la ne le fut ni en anatomie ni en

\iqae et bibliographique, loc, cit., p. 23.

physiologie. Swedenborg, en effet, ne fait qu'emprunter les notions qu'il relate aux anatomistes et aux physiologistes de son temps.

On lui attribue la découverte de la communication des ventricules du cerveau : mais Monro l'avait signalée avant lui. Il a entrevu l'endosmose et Texosmose, indiqué la vitalité propre du sang. 11 a émis sur la structure des poumons et du foie des vues qui sont à retenir : la vésicule pulmonaire, d'après lui, résume en elle tout le poumon et en constitue la partie élémentaire; le foie, de même, est composé d'un nombre considérable de petits foies. Ainsi « les formes les plus petites ou premières sont les modèles des formes plus grandes et comprennent en elles-mêmes toutes les choses qui suivent en ordre jusqu'au dernier effet * ».

Swedenborg a insisté surtout sur les mouvements propres du cerveau. Mais il en tire des conséquences qui sont de pures et inexactes hypothèses : il suppose qu'en s'abaissant, le cerveau chasse le fluide nerveux dans les diverses parties du corps et qu'il l'attire au contraire par son mouvement d'expansion. Il prête

1. Regnum animale^ 1,44 et Notice biographique^ loc. cit., p. 8.

: fluide, ressouvenir des esprits parcours de fantaisie : il le fait ng des nerfs d'abord, puis jusque ;s, où il apporte l'âme et la vie lu sang. De là, le fluide revient t carotides au cerveau, où il se le revivifie.

ux d'anatomie et de physiologie ■g révèlent déjà chez lui une dente des tendances et des idées îupations métaphysiques et reliorientation achève de s'accuser sur le Culte et l'amour de Dieu ', i5. Ce livre, dont on a pu dire tinguait, ni par une grande pror une grande nouveauté dans les , est une sorte de cosmogonie .èredislinctif est de tout ramener, : la nature, au culte et à l'amour créé le monde terrestre uniquerace humaine, et qui a disposé îillesde cette demeure splendide également nos sens et notre esce, en nous faisant pénétrer dans

•more Dei. Londres, niii; ùdit. angLiae,

les secrets de la nature, nous fait entrer ainsi dans la connaissance détaillée des soins que la Providence divine a pris pour le bonheur de l'homme. La religion n'a donc pas de meilleur auxiliaire que la science pour ramener les hommes aux sentiments d'amour et de reconnaissance pour le créateur * ».

Ici se termine la première période de la vie de Swedenborg. En la parcourant, nous l'avons vue se modifier : les préoccupations littéraires ont fait place assez vite aux préoccupations scientifiques qui sur le tard se sont associées à des tendances religieuses et piétistes très accentuées. A l'âge oîi chez d'autres le déclin s'accuse déjà, nous allons voir Swedenborg commencer une existence nouvelle, celle qui doit fixer surtout notre attention; il touche à la vieillesse et cependant nous avons à le suivre encore pendant vingt-sept ans. Nous sommes même à l'époque où, pour nous, commence l'intérêt véritable de cette prodigieuse existence.

Ce qui, jusqu'à présent, a pu faire l'objet de notre étonnement, et dans quelque mesure de notre admiration, c'est l'étonnante activité et

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