HASE DES VISIONS ET DES EXTASES TIONS AVEC LES ESPRITS ET LES ANGES
fn45-l'772)
ixiëme partie de la vie de Swedenborg ; en réalité une troisième phase de son i, si l'on admet une phase littéraire et se scientifique antérieures. C'est elle i intéresse surtout, car c'est la phase ns, des extases, des relations avec les t les anges. Elle débuta en apparence nent en 1845. Swedenborg résidait à depuis quelque temps, lorsqu'il eut on qui allait orienter son esprit dans iction toute nouvelle, h Je dînais très
tard, raconte-t-il, dans mon auberge accoutumée, où je m'étais réservé une pièce, afin de pouvoir y méditer en toute liberté sur des choses spirituelles. J'avais grand faim et je mangeais avec un vif -appétit. Sur la lin de mon repas, je vis une sorte de brouillard se répandre sur mes yeux et le plancher de ma chambre se couvrir de hideux reptiles. J'en fus d'autant plus saisi que l'obscurité s'épaissit davantage. Toutefois elle s'évanouit bientôt et je vis distinctement un homme assis dans un des angles de l'appartement, au sein d'une vive et radieuse lumière. Les reptiles avaient disparu avec les ténèbres. J'étais seul, et vous pouvez vous figurer l'effroi qui me prit quand fentendis l'homme, d'un ton bien propre h inspirer la frayeur, prononcer ces mots : « Ne mange pas tant. » A ces mots, ma vue s'obscurcit de nouveau. Elle se rétablit toutefois peu à peu et je me vis seul dans ma chambre. Un peu consterné encore de tout ce que j'avais vu, je me rendis chez moi en toute hâte, sans dire un tnot à qui que ce fût de ce qui m'était arrivé. Là, je me livrai à mes réflexions; mais je ne compris ni comment cela pourrait avoir été l'effet du hasard, ni comment cela aurait été
l'effet d'une cause naturelle quelconque. La nuit suivante, l'homme rayonnant de lumière m'apparut une seconde fois et me dit : « Je suis Dieu, le Seigneur, le Créateur et le Rédempteur; je t'ai élu pour interpréter aux hommes le sens intérieur et spirituel des saintes Ecritures; je te dicterai ce que tu devras écrire. » Cette fois, je ne fus pas effrayé du tout, et la lumière dont l'homme était entouré, quoique très vive et très éclatante, ne fît aucune impression douloureuse sur mes yeux.
Il était vêtu de pourpre et la vision dura environ un quart d'heure* ».
Cette vision impressionna vivement Swedenborg. 11 considéra que les yeux « de son homme intérieur » venaient d'être ouverts et « rendus propres à regarder dans les cieux, dans le monde des esprits et dans les enfers » . A partir de ce jour, il renonça, à ce qu'il affirme, à toute occupation profane pour ne
1. Tafel. Recueil de documents concernant la vie et le caractère d'Emm. Swedenborg. Tubingue, 1839-1842, t. I. — Emmanuel Tafel, Tun des disciples les plus enthousiastes de Féglise swedenborgienne, a publié en Allemagne une édition des Arcana cœlesLia^ divers ouvrages sur Swedenborg et sa doctrine, et des traductions en allemand de plusieurs des œuvres de Swedenborg.
plus travailler qu'à des choses spirituelles et se dévouer aux ordres qu'il avait reçus du Seigneur. Il devait lui arriver souvent dans la suite « de voir en plein jour ce qui se passait dans l'autre monde et de converser avec des f anges et des esprits comme avec les hommes ». Profondément convaincu, dès ce moment, qu'il a reçu du ciel une mission providentielle avec des aptitudes spéciales à la remplir, il ne cessera plus d'affirmer cette mission toutes les fois que l'occasion s'en présentera. II la proclamera à chaque passage de ses publications.
« Gomme, d'après la divine miséricorde du Seigneur, écrira-t-il, les intérieurs qui appartiennent à mon esprit m'ont été ouverts, — et par ce moyen il m'a été donné de parler non seulement avec les Esprits et les Anges qui sont près de notre terre, mais aussi avec ceux qui sont auprès des autres, — ayant eu par conséquent le désir de savoir s'il y a, d'autres terres, quelles sont ces terres, et quels en sont l^s habitants, il m'a été donné par le Seigneur de parler et de converser avec les Esprits et les Anges qui proviennent des autres terres, avec les uns pendant une semaine, et avec
idaiit des mois, et d'être instruit tivement aux terres qu'ils avaient près desquelles ils étaient, et à la îurs et au culte des habitants, et à ises dignes d'être rapportées; et a été donné de savoir de cette ( détails, il m'est permis de les 'es ce que j'ai entendu et vu. Il iche que tous les Esprits et tous les ennent du Genre humain; qu'ils leur terre et savent ce qu'il y a là; eux peut être instruit l'homme lérieurs ont été ouverts de telle uisse parler et converser avec eux; ; dans son essence est Esprit, et (sprits quant à ses intérieurs ; celui les intérieurs sont ouverts par le it parler avec eux, comme l'homme ne : cela m'a été accordé Jusqu'à les jours depuis douze ans '. »
il attestera qu'il lui est donné
, dans noire monde solaire, qui ionl appt- Db» Tehhes, dans le Cisl Astbal, de leurs
!irs esprits et de leurs anges, d'après ce qui vu. Traduit du htin par J.-F.-E. Le Boys
•édition princeps, Londres, 1758. Paris, chez
légaud, 1, page i.
;WEDENBOHG 37
anges et aussi de parler i l'Enfer, « parfois conmatin jusqu'au soir, au sujet du Ciel et de L que la chose lui a été lomme de l'Eglise ne 'i erronée sur la Résurugement, sur l'état de jque, sur les Anges et
lir énuméré un certain ;ue se posent ceux qui foi du faux, il écrira :
usent ainsi (comme ont aucoup d'hommes qui, !S mondaines qu'ils posérudits et savants) ne uisentplus les simples introduisent plus d'Inujet de Dieu, au sujet emelle et des autres dent, le Seigneur a ouappartiennent h mon ainsi donné de parler tous ceux que j'avais )rps,avec quelques-uns
pendant des jours, avec quelques autres pendant des mois, avec d'autres pendant une année, et, enfin, avec un si grand nombre d'autres que je dirais peu si je l'évaluais à cent mille^ parmi lesquels plusieurs étaient dans les cieux et plusieurs dans les enfers; j'ai parlé aussi avec quelques-uns deux jours après leur décès, et je leur racontais qu'à l'instant même on préparait leurs funérailles et leurs obsèques pour les enterrer ; à cela ils répondaient qu'on faisait bien de rejeter ce qui leur avait servi dans le monde pour le corps et pour ses fonctions, et ils voulaient que je disse qu'ils n'étaient pas morts, mais qu'ils vivaient hommes maintenant tout comme auparavant ; qu'ils étaient passés seulement d'un monde dans un autre et qu'ils ne savaient pas avoir rien perdu, puisqu'ils étaient dans un corps et dans les sensuels du corps comme auparavant, et aussi dans l'entendement et la volonté comme auparavant, et puisqu'ils avaient des pensées et des affections, des sensations et des désirs semblables à ceux qu'ils avaient eus dans le monde *. »
1. Du Ciel et de ses merveilles et de I'Enper, d*après ce qui a été entendu et vu. Traduit de l'original latin (Londres
Bien qu'il doive se complaire en lui-même, dans son commerce intime avec les esprits et les anges, et qu'il semble décidé à se faire une sorte de règle de dédaigner la polémique, Swedenborg admettra difficilement qu'on puisse douter de sa mission. S'il sort de sa réserve habituelle et prête accidentellement attention aux opinions que, de par le monde, on émettra à son sujet, ce ne sera pas pour discuter, ce sera pour affirmer son rôle ici-bas. Le 23 septembre 1766, il écrira à son ami, le prélat Q']tinger, qui lui aura posé, dans une de ses lettres, des questions qu'il jugera indiscrètes : « Je puis affirmer, par les choses les plus saintes, que le Seigneur s'est manifesté à moi et qu'il m'a envoyé pour faire ce que je fais; qu'il a ouvert l'intérieur de mon intelligence qui est mon véritable esprit, afin que je voie les choses du monde spirituel et que j'entende ceux qui s'y trouvent. Pour que cela soit cru, il n'est plus besoin désormais de s'en rapporter à une affirmation; quiconque a de l'intelligence peut s'en assurer par la lecture de mes écrits et surtout
1158, sans nom d'auteur), par J.-F.-E. Le Boys des Guays avec la collaboration de A. H., 2eédit., revue par A. H. Paris, ^872, chez E. Jung-Treuttel, 19, rue de Lille.
40 SWEDEXBORG
do V Apocalypse révélée. Voilà mes témoins.
Qui a su avant cola quoique chose sur le sens spirituel de la parolp sainte? Qui, du monde spirituel ? Qui, du ciel et de l'enfer, de la vie après la mort? Ces choses et plusieurs autres seront-elles toujours cachées aux hommes ? Si ollos sont dévoilées maintenant quelque part, c'est dans le sein de la nouvelle Église, qui est la nouvelle Jérusalem. Ceux qui en sont les savent; les autres les sauront un jour; mais tarit qu'ils ne croiront pas, ils ne sauront pas'. »
En 1771, dans une lettre datée d'Amsterdam et adressée au landgrave de Hesse-Darmsladt, il sera plus explicite encore : « Le Seigneur notre sauveur avait prédit qu'il viendrait de nouveau dans le monde, et qu'il y établirait une nouvelle Église. Il a fait cette prédiction dans l'Apocalypse, chapitres xxi et xxii, ainsi qu'en divers endroits des Évangélistes. Mais comme il ne peut venir de nouveau dans le monde en personne, il a été nécessaire qu'il le Ût par le moyen d'un homme qui pût, non seulenirnl recevoir dans son entendement la