‹ SyllaChapitre 106 sur 286 · ACTE III, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III

Mais elle va paraître, et tout est oublié. Je ne retrouve en moi que haine, que vengeance, Que souvenirs amers de ma longue souffrance. Tous mes doux sentiments m'échappent à-la-fois.

MELVIL

Grand Dieu ! que dites-vous ?

M A lt I E.

Melvil , je l'aperçois ; Vainement aujourdhui ma prison s est rouverte. Avec cet entretien j'ai demandé rna perte. Non, jamais, en effet, nous ne devions nous voir; Et d'unir nos deux cœurs rien n'aura le pouvoir. Non , trop profondément cette ame fut blessée ;. J'ai trop souffert.

Quittez cette dure pensée.

Oubliez tous les maux que vous avez soufferts ; Ne songez qu'à 1 instant qui peut briser vos ïers. Aux mains d'Elisabeth est la toute-puissance. N'invoquez pas vos droits , invoquez sa clémence ; Votre sort , votre vie en dépend désormais. Madame , abaissons-nous.

MARIE

Devant elle! jamais.

MELVIL

En entrant dans ce lieu son ame s'est émue ; De véritables pleurs obscurcissaient sa vue.

MARIE

Elle vient , et Burleigh sans doute vient aussi !

MELVIL

Le comte Leicester seul l'accompagne ici.

MARIE

Leicester raccompagne !

MELVIL

Ou plutôt il l'amène,

MA RIE

Ah ! je le savais bien !

MELVIL

Comment !

V A ULET.

Voici la reine.

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