ACTE III, SCÈNE IV. U
anna, bas.
Sachez vous contenir.
melvil, a part.
Dieu !
ELISABETH
Quelle est cette femme ?
( Il se fait un moment de silence. ) Vous ne répondez pas ?
LEICESTEK.
Ces murs devant vos yeux Parlent au lieu de nous et vous répondent mieux.
ÉLIS AE ETH
Qu'entends-je ?on aurait pu... Quel est le téméraire ?
LEICESTER
Madame, il n'est plus temps de vous montrer sévère ; Et puisqu'enfin le sort amène ici vos pas, Au vœu de votre cœur ne vous dérobez pas.
MELVIL
Oui , Dieu dans ce séjour vous a seul amenée. Tournez, tournez les yeux vers cette infortunée Prête à s'évanouir à votre auguste aspect.
{Marie rassemble ses forces pour marcher -vers Elisabeth; mais elle s'arrête toute tremblante à moitié chemin. Ses traits laissent voir le combat violent de son ame. )
ELISABETH
Eh quoi ! qui me parlait de remords, de respect ? Je ne vois qu'une femme audacieuse et fière Que son abaissement rend encor plus altière.
El) bien ! il faut se rendre, et je veux m'y forcer. A ce dernier opprobre il me faut abaisser. Fuis , impuissant orgueil de mon ame trop vaine ; Allons à ses genoux prosterner une reine ; Allons , sans souvenir des maux que j'ai soufferts , M'incline? devant celle à qui je dois mes fers.
Le ciel a prononcé , ma sœur, et je dois croire Qu'il vous a justement accordé la victoire; Ses décrets à nos yeux cachent leur profondeur, Et j'adore la main qui fit votre grandeur. Mais suivez maintenant votre ame généreuse , Reine, ne laissez pas votre sœur malheureuse, Tremblante à vos genoux vous supplier en vain ; Et, pour la relever, tendez-lui votre main.
ELISABETH
Le ciel, juste entre nous, vous met à votre place. Soustraite à vos fureurs , je dois lui rendre grâce De n'avoir pas permis que, subissant vos lois, On me vît à vos pieds, comme aux miens je vous vois.
MARIE
Songez aux changements des fortunes humaines. Souvent il n'est qu'un pas du trône dans les chaînes. Yous fûtes malheureuse et prisonnière un jour : Craignez du sort vengeur le sévère retour. Un Dieu réside au ciel, qui punit l'arrogance. Redoutez-le ce dieu, dont la toute-puissance Devant ces nobles lords me courbe à vos genoux ; En m'honorant enfin vous-même honorez-vous y