‹ SyllaChapitre 122 sur 286 · ACTE IV, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VI

Quoi ! le connaissiez-vous ?

LEIC ESTER.

Il révèle un projet Que Stuart dès long-temps nourrissait en effet , Et dont en ce château mon heureuse présence Vient d'attirer à moi toute la confidence.

BUR1EIGR.

Mais, milord, au seul mot que je tous en ai dit ? Comment vous ai-je vu tout-à-1'heure interdit ? Vous saviez ce projet ; eh bien ! pourquoi le taire? Pourquoi l'envelopper d'un si profond mystère ?

EEICESTER.

Vous êtes bien hardi doser m'interroger.

De ce que j'ai dû faire est-ce à vous de juger ?

En dois-je rendre compte à d'autres qu'à la reine ?

ELISABETH

L'orgueil vous défend mal , et la défaite est vaine.

LEICESTER

S'il vous sert en discours, dois-je lui ressembler? J'ai coutume d'agir avant que de parler.

BUREEIGH.

Vous parlez maintenant , forcé par l'évidence.

EEICESTER.

Mais vous, qui vous vantez d'une rare prudence , Qu'avez-vous découvert ? qu'avez-vous su ? Comment Devait-on de Stuart tenter l'enlèvement?

Saviez-vous les moyens , le moment , les complices ? Saviez-vous qu'en secret riant de vos supplices , Le neveu de Paulet, Mortimer, sous vos yeux.

76 MARIE STTJART.

Etait près d'accomplir ce complot odieux ? Qu il était un vengeur de sa nouvelle église ? Un envoyé de Sixte, un instrument de Guise , Un amant de Marie, enfin pour la sauver Un homme audacieux et prêt à tout braver ?

ELISABETH

Burleigh !

LE I CESTER.

Qui de nous deux , milord , le plus fidèle, A d'abord découvert sa trame criminelle ? Qui détourna le coup qu'un traître allait tenter ? Qui surprit ses aveux ? qui l'a fait arrêter ? Moi.

ÉLIS A BETH

Comment !

LEI CESTER.

A l'instant, ici, dans ce lieu même.

Oui, madame, Stuart m'offrait un diadème. Oui, tout-à-1'heure , ici, cherchant à m'éprouver, Son secret émissaire est venu me trouver. Jeune, ardent, fanatique, à travers son langage, A travers l'imprudence ordinaire à son âge , Mes yeux ont entrevu qu un complot apprêté N'attendait qu'un signal pour être exécuté. G race au masque ti ompeur que soudain j'ai su prendre, Au fond de ce complot mes yeux ont pu descendre ; J'en ai pu par degrés saisir tous les détours; Et, du jeune imprudent excitant les discours , Pour mieux encourager sa folle confiance , J'ai feint de lui montrer un cœur sans défiance;

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