‹ SyllaChapitre 14 sur 286 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

SYLLA, seul.

Va, cours; ton zèle ardent ne peut trop se presser :

Catilina plus prompt saura te devancer.

Je connais les agents de mes ordres sinistres :

Catilina ! Balbus!... Voilà donc mes ministres!...

Ces esclaves cruels, vendus à mon courroux,

Romains dégénérés, étaient dignes de vous.

Pour rétablir les lois j'ai voulu la puissance;

J'ai vu la servitude et non l'obéissance;

Et tant de vains efforts m'ont enfin convaincu Que je me suis mépris au siècle où j'ai vécu... Qui pourra m'expliquer cet ascendant suprême, Ce bizarre destin qui m'arrache à moi-même? Né pour les voluptés , je m'enchaîne au devoir : Je veux la liberté; je trouve le pouvoir : J'étouffe mes penchants; sensible, ardent, sincère, Je m'instruis à tromper, je deviens sanguinaire :

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