PFEIFFER
Je vous remercie, il faut que je sois rendu aujourd'hui à Gersau. — Adieu ! . . . Quelles que soient l'insolence et les exactions de vos Gouverneurs, croyez-moi , supportez tout avec patience. Un nouvel Empereur peut être élevé sur le trône ; mais une fois lié à l'Autriche , il ne vous serait plus possible de vous séparer d'elle. {Il sort y StaujJ'ack , plein d'inquiè-
(1) Il faut bien distinguer tout le long delà pièce, l'Empire, de l'Autriche: ce sont deux puissances entièrement différentes, quoique la couronne impériale se trouvât alors appartenir au Duc d'Autriche. Les Suisses voulaient rester membres d? l'Empire , mais non point être assujettis à l'Autriche en particulier»
tude y s'assied sur un banc placé sous le tilleul. Gertrude , sa femme , le trouve dans celte position ; elle s'avance vers lui ^ et le regarde quelque temps en silence. )
GERTRUDE
Si sérieux, ô mon ami ! . . . . je ne le reconnais plus. Yoilà déjà bien des jours que je m'aperçois, en silence, qu'une sombre mélancolie sillonne ion front ; un chagrin secret pèse sur ton cœur. Confie-le moi ; ne suis-je pas ta fidèle épouse? Ah ! donne-moi la part qui doit me revenir de toutes les douleurs. ( Stauffack lui tend la main et se tait. ) De quelle angoisse ton cœur est-il oppressé ? disle moi .... Le Ciel bénit tes travaux ; ton sort s'embellit tous les jours; tes greniers sont remplis, un bétail nombreux couvre tes prairies; les chevaux brillans et d'une race conservée bien pure, sont revenus heureusement de nos montagnes pour passer l'hiver dans de commodes étables. — Voilà ta maison ; elle s'élève , aussi richement décore'e que la demeure d'un Gentilhomme ; la charpente en est superbe, l'équerre en a disposé toutes les parties, de nombreuses fenêtres y font pénétrer un jour éclatant; sa face est ornée d'écussons de différentes couleurs, et de sages sentences, dont le