‹ SyllaChapitre 158 sur 286 · ACTE I. SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I. SCÈNE II

sens profond elonne le voyageur, qui s'arrête pour les lire.

STAUFFA CK.

Oui!... cette maison est bien construite, et une main habile en assembla les matériaux; mais , héla» ! il chancelle le fondement qui la porte !

GERTRUDE

Que veux-tu dire, Werner?

STAUFFACK.

J'étais assis dernièrement sous ce tilleul , comme je le suis à celte heure, et je pensais avec joie à ce bel ouvrage , que ma main venait d'achever. Tout-à-coup arrive de son château de Kusnack le Gouverneur, entouré de tous ses cavaliers. Etonné, il s'arrête devant cette maison; moi, je me lève précipitamment et m'approche, avec la soumission due à celui qui représente parmi nous la puissance judiciaire de l'Empereur. — A qui appartient cette maison ? dit-il (roulant déjà dans son esprit de sinistres pensées, car il ne l'ignorait pas). — Me remettant aussitôt, je lui réponds: Cette maison, Seigneur, appartient à l'Empereur, mon maître et le votre, et c'est mou fief. — C'est moi, ajouta -t-il alors , qui , comme Gouverneur de ces contrées , représente ici l'Empereur , et je ne per-

mettrai pas que Je paysan s'avise de bâlir de son piopre chef et de vivre libre dans ce pays, comme s'il en était lui-même le maître; je saurai mettre des bornes à cette insolence. . . — En disant ces mots , il s'éloigne d'un air arrogant. Pour moi, je reste immobile, et l'âme angoissée , repassant avec inquiétude dans mon esprit toutes les paroles de ce méchant.

GERTRUDE

O toi , mon époux et mon maître ! veux-tu permettre que ta femme te fasse entendre de sincères discours. Je me glorifie d'être fille du noble Iberg, de cet homme dont l'expérience est encore en honneur parmi nos sages. Mes sœurs et moi, nous étions assises, filant la laine de nos troupeaux, lorsque, dans les longues nuits , les chefs du peuple se rassemblaient chez mon père pour lire les chartes des anciens Empereurs , et méditer dans leurs sages entretiens la félicite de ces contrées. J'écoutais avec attention ces paroles pleines de sens , qui sont les fruits de la méditation du sage et l'espoir de l'homme de bien, et je les serrais toutes au fond de mon cœur. Ecoutemoi donc à ton tour. Depuis long-temps je connais ce qui attriste ton âme. ■ — Le Gouverneur te hait; il voudrait te nuire, parce

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