ACTE I. SCÈNE IV
mes superbes taureaux ; ils mugissaient sourdement, comme s'ils avaient senti cette injure ; ils frappaient de leurs cornes ce misérable.... Alors une juste colère embrasa tout mon sang, et, furieux , hors de moi-même, je frappai ce vil messager.
WALTER FTJRST.
A peine , hélas ! nous-mêmes pouvons-nous subjuguer notre cœur; comment la fougueuse jeunesse pourrait- elle contenir le sien?. . .
MFLCTA I>.
Ah ! ce n'est que sur mon père que je pleure ! . . . — Tant de soins lui sont nécessaires , et son fils est loin de lui. Le Gouverneur le hait , parce qu'il a toujours combattu avec courage pour la justice et la liberté. Ils opprimeront ce malheureux vieillard, et personne n'est là pour le défendre. — Oui ! ... quoi qu'il en arrive, je repasse sur l'autre bord.
WALTER FURST
Prenez seulement patience jusqu'à ce que nous ayons des nouvelles d'Unlerwald. — J'entends frapper, allez : — c'est peut-être un envoyé du Gouverneur ; — rentrez , — vous n'êtes pas en sûreté dans Ury contre le bras de Landerberg ; les tyrans se tendent tous la main.
7^ eUILLAUME TEIiL.
MELCTAL.
Ils nous apprennent ainsi ce que nous avons à faire.
WALTER FURST
Allez !.. — Je vous rappellerai quanti vous pourrez être ici sans danger. (Me le ta l rentre.) Le malheureux ! je n'ose lui découvrir loui ce que j'appréhende. — Qui Trappe ? . . . chaque fois que la porte crie j'attends quelque malheur. La trahison, le soupçon ombrageux, tendent de tous côtés leurs oreilles, et les messagers de la tyrannie se glissent jusque dans l'intérieur de nos maisons. Il nous faudra bientôt armer nos portes de serrures et de verroux ! ( 77 ouvre > et recule étonné en voyant entrer JVerncr Slauffach. ) Que voisje ?. . . vous Werner ! vous ! Ah ! quel hôle cher et précieux ! . . . Non , jamais si brave homme n'avait encore franchi le seuil de celte porte. Soyez le bienvenu chez moi ! Quelle cause vous amène en ces lieux ? que cherchezvous dans Ury ?
stauffacx, lui ten dan t la main.
Les vieux temps et la vieille Suisse.
WALTER FURST
Vous les apportez avec vous. Quel bien me fait votre présence ! A votre aspect, mon