RU DE N S
e voici , mon oncle. — Que de'sirez-vous ?
ATTJNGHAUSS.
Permets d'abord que je partage avec mes gens la boisson du matin , selon l'ancien usage de notre famille. ( // boit dans une coupe que les valets se transmettent ensuite l'un à l'autre. ) Je les accompagnais autrefois moi-même dans les champs el dans les forêts.
QO GUILLAUME TELL,
et là mes regards dirigeaient leurs travaux, de même que dans les combats ma bannière dirigeait leur vaillance. Maintenant je ne puis plus surveiller que l'intérieur de ma maison ; et si le soleil n'envoie pas jusqu'à moi sa chaleur bienfaisante , je ne puis , gravissant nos montagnes, l'aller chercher sur la hauteur. C'est ainsi que mes pas parcourent un cercle qui devient toujours plus étroit , et que je m'approche lentement du plus étroit de tous , de celui où disparaît toute vie. Je ne suis plus qu'une ombre, et bientôt, je ne serai plus que mou nom.
kuoni à Rudens , en lui tendant la coupe.
Je vous la transmets, jeune Gentilhomme, [Rudens hésite à la prendre. ) buvez hardiment ! Nous n'avons qu'une seule coupe , comme nous n'avons qu'un seul cœur.
ATTINGHAUSS.
Allez, mes enfans, et quand la journée sera finie , non* nous entretiendrons ensemble des affaires du pays. ( Les valets sortent.)
ATTINGHAUSS et RUDENS.
ATTINGHAUSS.
Te voilà ceint de ton épée et revêtu de