‹ SyllaChapitre 199 sur 286 · ACTE I T. SCÈNE II. Il · texte numérisé non relu

ACTE I T. SCÈNE II. Il

droite 9 et Unterwald à gauche y Jleding reste de bout appuyé sur son épée. ) Quel est donc le sujet qui rassemble les trois peuples de nos montagnes sur celte rive inhospitalière, et à l'heure formidable des esprils ? Quelle doit être la teneur de l'alliance nouvelle dont nous allons poser les bases , ici , sous la voûte étoilée des Cieux ?

stauffack s'avance dans le cercle.

Nous ne formons point une alliance nouvelle, mais nous renouvelions l'alliance antique de nos aïeux. Apprenez -le, Confédérés!

quoique le lac , quoique les montagnes nous séparent , quoique chaque peuple se gouverne souverainement et par lui-même , nous n'en sommes pas moins une même famille , un même sang , les enfans d'une même patrie.

WINXELRIED.

Il est donc vrai que , comme le disent nos antiques chansons , nous sommes venus de loin dans ces vallées. Racontez- nous ce que vous en avez appris, afin que l'alliance de te jour reçoive ainsi de l'ancienne une nouvelle force,

STAUFFACK.

Ecoutez ce que les vieux bergers racontent : Il était jadis derrière nous , dans les pays du Nord, un grand peuple qu'affligeait une disette

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terrible. La nation s'élant assemblée à Poccasion de ce iléau , l'on décréta , pour subvenir au mal , qu'un dixième des habitans désignés parle sort , abandonnerait le pays de ses pères. — Le décret fut mis à exécution. Hommes et femmes sortirent de leur patrie , formant une troupe nombreuse ; ils s'avancèrent vers le Midi, faisant retentir l'air de cris de douleur, et se frayant, avec leurs glaives, une roule pénible à travers la Germanie : — ils arrivèrent enfin près de ces montagnes élevées et couvertes dVpaisses forêts; mais la fatigue n'arrêta lenr marche que lorqu'ils eurent, atteint celte vallée sauvage, où maintenant la Muotta roule doucement ses flots. Là nul Te trace humaine si ce n'est une seule cabane , et près d'elle un homme assis sur le rivage , en attendant le voyageur qu'il passait à l'autre bord. Cependant le lac était violemment agité et la traversée impraticable ; nos pères portèrent alors autour deux des regards plus attentifs , ils remarquèrent de superbes forêts , des sources limpides , et crurent se retouver dans leur chère patrie. — Ils résolurent de fixer en ces lieux leur demeure , ils bâtirent l'antique bourg de Schvvitz, et bien des jours pénibles s'écoulèrent avant qu'ils eussent fait disparaître l'im-

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