‹ SyllaChapitre 216 sur 286 · HE D VI G · texte numérisé non relu

HE D VI G

Attends donc son départ ; ne le fais pas souvenir de toi , tu sais assez quelle haine il nous porte.

TELL

Que peut contre moi sa haine ? Je fais ce qui est bien , et je ne crains personne.

HEDVIG.

Eh ! l'homme de bien , n'est-il pas celui qu'il hait de préférence ! . . .

Parce qu'il ne peut l'atteindre. — Ne crains rien , Gessler me laissera en paix.

l4o GUILLAUME TELL.

IIEDVIG.

Et comment le sais-tu?

TELL

II n'y a pas long -temps , je chassais dans les sauvages vallées du Schakenlhal , loin de toute trace humaine ; comme je suivais seul , à travers les rocs , un chemin dont je ne pouvais m'écarier , car au-dessus de moi s'élevaient à pic des roches escarpées , et audessous retentissait le torrent avec un horrible fracas ( Les enfans se sen^ent autour de leur père de droite et de gauche , et fixent avec anxiété sur lui leurs regards.) , le Gouverneur se présente à moi : nous sommes seuls, vis-à-vis l'un de l'autre, homme contre homme, et près de nous l'abîme. Sitôt que Gesskr, qui, peu auparavant , m'avait puni gravement pour une taule légère , me reconnaît et me voit avancer , armé de mon arc redoutable , il pâlit , ses genoux plient , il est près de tomber évanoui sur le roc. — Emu de pitié à celte vue, c'est moi, Seigneur Gouverneur, loi !is-je en m'avançant modestement vers lui. Mais sa bouche ne peut articuler la moindre parole ; seulement il me fait signe, en silence, de continuer mon chemin. Je passe outre, et lui envoie sa suite , qui le cherchait.

Page 1