MATHILDE
Voilà le Gouverneur suspendu là-haut ; allons , enfans ! du respect.
ELISABETH
Plût-à-Dieu s'en allât-il et ne nous laissâtil que son chapeau ; le pays n'en serait pas plus misérable.
rRisHARDT les chasse.
Voulez-vous vous éloigner de là , maudite race de femmes ! qui est-ce qui vous appelle ici?. . . envoyez-nous vos maris, s'ils ont l'audace de braver l'ordonnance. [Les femmes s'en vont. Tell s'ai>anc,e armé de son arc et conduisant son fils par la main. Ils passent
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devant le chapeau sans y faire attention et
viennent sur le devant de la scène.)
WALTER montrant le Bannberg.
Est-il vrai , mon père, que là-haut, sur cette montagne , les arbres que frappe la hache laisseut couler du sang.
Qui t'a dit cela, mon enfant?. . .
WALTER
C'est le maîire-berger qui le raconte. — Ii assure que ces arbres sont enchantés, et que la main de celui qui les abat sortira hors de sa fosse lorsqu'il sera dan:, la tombe.
TELL
Il y a quelque chose de merveilleux dam. ces arbres, cela est vrai. — Yois-lu là-haut ces montagnes de glace , ces pics couverts de neige et qui se perdent dans les Cieux.
WALTER
Ce sont les glaciers qui tonnent, pendant la nuit (1) et du haut desquels tombent les avalanches.
TELL
C'est cela même , mon fds , et depuis long-
(i) Ceux qui ont passé la nuit auprès ries Olnciers connaissent ces civiqucinens prolongés, qui ressemblent au bruit du tonnerre.