‹ SyllaChapitre 226 sur 286 · ACTE III. SCENE IIT · texte numérisé non relu

ACTE III. SCENE IIT

temps ces avalanches auraient englouti Altorf sous leur pesante masse , si , tels qu'un puissant boulevard , ces arbres que tu vois là-haut ne les arrêtaient dans leur course.

WAJLTEB., après quelques momens de réflexion.

Mon père, y a-t-il un pays où il ne se trouve pas de montagnes?. . .

TELL

Lorsqu'en suivant le cours des rivières, l'on descend de nos hauteurs , l'on arrive dans de vastes plaines. Là on ne voit plus de torrens qui précipitent en mugissant leurs ondes ecumantes, mais de tranquilles rivières y roulent en paix leurs flots transparens; les regards, que rien n'arrête, embrassent l'immensité de l'espace; le froment y croît sur une riche et vaste étendue, et la contrée offre l'aspect du jardin le plus beau.

WALTER

Pourquoi donc, mon père , ne descendonsnous pas bien vite dans ce beau pays , au lieu de rester ici dans la peine et dans le tourment ?

TELL

Cette terre dont je te parle est fertile et riante comme le Ciel lui même , mais ceux qui la

l56 GUILLAUME TELL.

cultivent ne recueillent point les richesses qu'ils y déposent.

WALTER

Quoi! ne demeurent-ils pas, comme toi, libres dans leur propre héritage ?

TELL

Non ; les champs y appartiennent à un Évêque ou à un Roi.

WALTER

Ils peuvent cependant chasser en liberté dans les forêts ?

TELL

Les oiseaux , les bêtes fauves , tout appartient au Seigneur.

WALTER

Ils sont libres, du moins, de pêcher dans la rivière ?

TELL

Les rivières, le vaste oce'an , les choses les plus nécessaires à la vie sont la propriété du Roi.

WALTER

Quel est donc ce Roi que tous doivent craindre ? . . .

TELL

C'est celui seul qui les nourrit et les protège.

WALT Eli.

Ne peuvent - ils pas trouver dans leurs propres forces de quoi se proléger ?

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