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ACTE ITI. SCÈNE III. l

WALTER TEIiL.

Et cela est vrai , Seigneur , mon père abat à plus de cent pas vme pomme de dessus un arbre.

GESSLER

Est-ce là ton enfant , Tell ?

TELL

Oui, Seigneur.

GESSLER

En as-tu d'autres ? . . .

TELL

J'ai deux fils.

GESSLER

Et lequel préfères-tu?. . .

Ils sont tous deux mes enfans chéris.

GESSLER

Eh bien ! Tell , puisqu'à la distance de cent pas, tu abats une pomme de dessus un arbre, il faut que tu me prouves ton habileté. — Prends ton arc. — Le voilà justement dans tes mains , dispose- toi à abattre une pomme de dessus la tête de ton fils. — Mais je te conseille , vise juste , afin d'abattre la pomme du premier coup , car si tu la manques , il t'en coûtera la tête. ( Tous laissent échapper des signes de terreur.)

l64 GUILLAUME TELL.

Seigneur !. . . quelle action monstrueuse inventez-vous-là pour me punir?. . . — J'abattrais de dessus la tête de mon enfant. . . Non, non , Seigneur , une telle pensée n'a pu naître dans votre esprit. — Dieu vous en préserve ! — Non , vous ne pouvez sérieusement exiger cela d'un père. . .

GESSLER

Tu abattras une pomme de dessus la tête de ton enfant. — Je le veux, je l'ordonne.

TELL

Je dirigerais une flèche sur la tête chérie démon propre fils. — Plutôt mourir!...

GESSLER

Tu le feras, ou tu mourras toi et ton fils.

Je serais le meurtrier de mon enfant! Ah! Seigneur ! vous n'avez point d'enfans ! — Vous ne savez pas ce que c'est que les entrailles d'un père.

GESSLER

Comment , Tell , tu deviens tout - à - coup d'une prudence extrême ! L'on m'avait dit que tu étais un enthousiaste , t'éloignant toujours de la voie ordinaire , et chérissant par-dessus tout l'originalité. — Eh bien ! j'ai inventé pour toi

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