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ACTE IV. SCÈNE I. l8l

LE PECHEUR

Tell dans un cachot ! Atlinghauss aux portes de la tombe ! O tyrannie! lève maintenant ton front audacieux • rejette loin de toi tout sentiment de honte , la bouche de la vérité devient muette , l'œil clairvoyant est obscurci et le bras libérateur dans les chaînes. . . .

LE JEUNE PÊCHEUR

La grêle tombe avec force , mon père , rentrons dans la cabane ; nous ne pouvons rester ainsi à découvert.

LE PÊCHEUR

Vents, déchaînez votre rage ! foudres, lancez vos feux ! nuages , que vos flancs s'entrouvrent, et du haut des Cieux qu'ils répandent leurs torrens ! inondez ces vallées ! détruisez dans leurs germes les générations à naître ! régnez, élémens en fureur ! Que les féroces habitans des forêts , que l'ours et le vieux loup du désert sortent de leurs sombres repaires ! Le pays leur appartient; qui, sans la liberté, voudrait vivre dans ces tristes vallées ?

LE JEUNE PÊCHEUR

Entendez comme l'abîme mugit , avec quel fracas les tourbillons s'agitent. Jamais un bruit pareil n'avait retenti sur ces rivages.

l8a GUILLAUME TELL.

LE PECHEUR

Viser à la tète (le son propre enfant ! jamais ordre pareil ne fut donne' à un père. Et la nature épouvantée ne se soulèverait pas! — Oli ! si je voyais ces rochers s'engloutir au fond de l'abîme ! ces pics énormes , ces tonrs de glaces, qui subsistent dès le jour de la création , se fondre tout-à-coup et se précipiter en torrens impétueux ; si je voyais ces montagnes s'entrouvrir, ces antiqties cavernes s'abîmer, et un second déluge engloutir les habitations des hommes , certainement mon âme n'en serait point étonnée. (TV 'on entend sonner .)

LE JEUNE PÊCHEUR

Entendez-vous ! ils sonnent sur la montagne, ils auront sûrement aperçu une barque en détresse , et la cloche avertit tout le monde de prier. ( // monte sur la hauteur,)

LE PÊCHEUR

Malheur à la barque en proie en ce moment à la fureur des flots ! Le pilote et le gouvernail sont également inutiles , la tempête l'emporte ; les vagues et les autans lancent et relancent , comme une balle , les malheureux navigateurs. — Nulle bave où ils puissent se réfugier; de tous cotés s'élèvent des rochers à pic , pas le moindre arbrisseau pour s'y sus-

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