ACTE TV. SCÈNE II
même de consolation. Toutes les douleurs s'accumulent sur ma tête.
hedvig, s* avançant. Où est mon enfant? ne me retenez pas , il faut que je \oie mon enfant. . . .
STAUFFACX.
Contenez-vous ; pensez que vous êtes dans ]a maison de la mort.
hedvig se précipite vers son enfant.
O mon Walter ! tu vis encore , tu vis pour ta mère ! . . .
WALTER TELL se suspend au cou d'Hedvig.
Pauvre mère !
HEDVIG.
Est-il bien vrai?., es-tu Lien sans blessures?.. (Elle l'examine avec une tendre sollicitude . ) Est-il possible ? a-t-il pu te prendre pour son but?. . . Comment l'a-t-il pu faire?. . . Ah ! il n'a pas un cœur ; — lancer une flèche contre son propre enfant ! . . .
WA LTER FURST.
Il l'a fait dans l'angoisse du désespoir et lame déchirée par la douleur; il l'a fait, entraîné par une contrainte inévitable , car il £ allait de la vie.
ig4 GUILLAUME TELL.
HEDVIG.
Ah ! s'il eût eu le cœur d'un père , il fut mort mille fois auparavant ! . . .
STAUFFACK.
Vous devriez plutôt adorer la sagesse des décrets de Dieu , qui s'est si bien manifestée.
HEDVIG.
Puis- je ne pas penser à ce qui pouvait arriver ? — Grand Dieu ! quand ma vie atteindrait la durée d'un siècle, .. je verrais sans cesse cet enfant charge' d'indignes liens , son père dirigeant contre lui ses traits et la flèche meurtrière s'enfoncerait toujours dans mon cœur. MELCTAL.
Si vous saviez de quelle manière Gessler l'excitait !
HEDVIG.
Voilà le cœur farouche des hommes ! . . . Sitôt que leur orgueil est offensé , ils ne pensent plus a rien , et ils exposeraient, dans leur aveugle fureur, et la tête de leur enfant, et le cœur de leur mère.
BAUMGART.
Quoi ! votre époux n'a-t-il pas un sort assez horrible sans que vous profériez à son sujet des paroles aussi dures? Ne prenez-vous aucune part à ses malheurs?...