ACTE V. SCÈNE I. 5ï4l
TV'ALTER FURST Ut.
(( Elle espère que ce peuple fidèle sera v rempli d'une juste horreur pour les auteurs » exécrables du plus affreux attentat. En cori- » séquence elle attend des Y\ ald>leties qu'ils » ne donneront point asyle aux meurtriers , )) mais qu'ils les livreront dans ses mains venv geresses , en mémoire de l'amour et des » antiques Faveurs de la maison de Rodolphe. » ( Marques de mécontentement parmi les citoyens. )
PLUSIEURS VOIX
L'amour et les faveurs !
STAUFFACK.
Nous avons reçu des faveurs du père , mais où sont celles du fils?. . . A-t-il confirmé nos chartes de liberté, comme l'avaient fait ses prédécesseurs ? A-t-il jugé d'après les lois de la justice, et protégé l'innocence opprimée? A-t ii seulement daigné prêter l'oreille à nos députés, quand nous lui en a\ons envové dans notre jjtolonde misère ? Non ; Albert n'a rien fait pour nous , et si , d'une main courageuse, uous ne nous étions rendu justice à nousmêmes, notre malheur ne l'eût point attendri. — De la reconnaissance ! . . . à lui ! . . . Ah ! ce n'est pas de la reconnaissance qu'il a semé
dans ces vallées. Il occupait une place éminente , il pouvait être le père de ses peuples, mais il ne savait prendre soin que de ses partisans et en accroître le nombre • que ceux-là donc le pleurent !
WALTER FUR S T
Nous ne nous rejouirons point de sa mort , nous ne nous souviendrons point, a cette heure, des maux dont il nous a accablés : loin de nous de telles pensées ! — Mais venger le trépas d'un Roi qui ue nous a jamais fait aucun bien , persécuter ceux qui ne nous ont jamais fait aucun mal , ce n'est point là notre devoir. L'amitié se donne librement, et la mort nous a délivrés d'une obéissance contrainte. — Nous ne lui devons rien de plus.
MELCTAL.
Si la Reine pleure dans son palais et fait monter au Giel sa farouche douleur, vous voyez ici un peuple qui , délivré de toute inquiétude, l'ait monter vers ce même Ciel des cris de reconnaissance. — Allez! il doit semer l'amour, celui qui veut recueillir des larmes. {LS envoyé de V Empire sort. )
S T A U FF À C JE au peup le.
Où est Tell? faut-il donc que le fondateur de notre liberté nous manque seul dans celte