‹ SyllaChapitre 285 sur 286 · ACTE V. SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V. SCÈNE II

LE PARRICIDE

Je ne crains point les horreurs de la nature, si je puis apaiser ainsi les affreux lourmens de mon cœur.

TELL

Prosternez-vous devant chacune de ces croix, faiies-y pénitence de votre crime , et versez-y les larmes ardentes du repentir. Si vous e'cnar pez aux horreurs dont cette roule est semée , si la montagne, de son sommet glace', ne lame pas sur vous la tourmente, vous arriverez à ce pont audacieux au-dessous duquel le fleuve se brise et rejaillit en poudre dans les ait s. Si le pont ne s'abîme point sous votre crime , si vous le traversez sans malheur, alors se présentera à vos regards un noir portique de rochers , la plus faible lumière n'y parvint jamais : — vous y entrerez , et il vous conduira bientôt dans une gracieuse et riante vallée. — Traversez-la promptement, car, partout où le repos se trouve , vous ne sauriez arrêter vos pas,

LE PARRICIDE

Rodolphe ! Rodolphe ! ô mon royal aïeul ! c'est ainsi que ton petil-fils erre, jouet du sort, sur le sol de ton Empire !

TELL

Montant toujours à travers les rochers, vous

arriverez sur la cime du Saint-Gothard , où se trouvent des Jacs éternels qu'alimentent les lorrens des Cieux. Là vous saluerez, pour la dernière fois, les conirées germaniques, et, suivant une autre rivière dans son cours , vous atteindrez la terre d'Italie , qui deviendra pour vous une autre terre promise. . . (On entend le ranz- des- vaches que font retentir plusieurs cors des Alpes.) J'entends du bruit. . partez ! hedvig entre précipitamment.

Tell, où es-tu? voici mon père ! Tous les Confédérés, rassemblés en troupes pleines d'allégresse , viennent après lui.

LE parricide se cache.

Malheur à moi ! je ne puis rester dans les lieux où la joie réside.

TELL

Va , mon Hedvig • ranime par quelques alimens les forces abattues de cet homme ; donne -lui des provisions en abondance , car sa route est longue et il ne trouvera nulle part le toit de l'hospitalité. Hâte-toi, ils s'approchent.

HEDVIG.

Quel est-il?

TELL

Ne le demande pas , et , lorsqu'il partira , détourne tes regards, afin de ne point voir la

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