‹ SyllaChapitre 42 sur 286 · AUFIDIUS · texte numérisé non relu

AUFIDIUS

Claudius vit encor!...

CLAUDIUS

Quand la faveur céleste

Permet que je vous voie eu ce palais funeste, Nos moments sont comptés, nous ne les perdrons pas. Vaillant Aufidius, implacable Lœnas, Vous voyez sous quels maux succombe la patrie- La république expire, et sa gloire est flétrie. Veuve d'un peuple roi, Rome en ces jours de deuil, Voit d'un laurier sanglant ombrager son cercueil : L'Arabe peut errer sur ses brûlants rivages; Les animaux des bois ont leurs antres sauvages; El vous, Romains, et vous, par un destin nouveau, Le monde où vous régnez vous refuse un tombeau! Dans l'univers esclave un seul homme est donc libre!

L/ENAS.

Non, mon cher Claudius; il est aux bords du Tibre Un mortel vertueux, plus libre que Sylla.

VALÉRIE

Celui qui sait mourir.

L^SNAS.

Celui qui le tuera.

CLAUDIUS

C'est moi! si mes amis secondent mon courage, Vous savez mon dessein : demain, suivant l'usage, Le dictateur doit faire un sacrifice aux dieux; Il va, de la Fortune adorateur pieux, Sur les autels nouveaux qu'il ravit à la Grèce, Pour le malheur de Rome invoquer la déesse. Je marche vers le temple à l'ombre de la nuit, Par le pontife même en secret introduit, J'attendrai le tyran au fond du sanctuaire; Je répondrai moi-même à sa voix sanguinaire; Et devenu l'oracle et l'instrument du sort,

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