ACTE IV, SCE^E VII
Je protégeais la fuite; et souffrais que la loi,
Inexorable à tous, put s'adoucïî pour toi :
Mais Claudîus dédaigne un bienfait qui l'enchaîne;
Un cœur tel que le tien n'obéit qu'à sa haine.
Trahissant l'amitié qui s'unit h ton sort,
Du père de Faustus tu médites la mort.
A la clarté du jour si du moins ton audace
Eût au milieu du peuple accompli la menace,
Un tel forfait peul-èlre aurait quelque grandeur;
Mais souiller de mon sang l'asile protecteur
Ou l'amitié coupable imprudemment te guide,
Associer mon" fils à ton noir parricide,
Et, pour porter des coups plus lâches et plus sûrs,
Comme un vil assassin se glisser dans ces murs!
Ce crime est digne en tout d'une odieuse race.
Eh bien! que tardes-tu? l'instant sert ton audace;
Frappe, nous sommes seuls : accomplis ton dessein.
Mais peut-être Faustus a désarmé ta main :
Tiens, prends ce fer.
[Il lui montre un glaive attaché aux faisceaux.) claudîus, refusant de le prendre.
Sylla, j'admire ton courage ; Mais si je ne veux pas en tirer avantage, Si j'accorde a mes vœux un funeste retard,
(Lui montrant un poignard caché sous sa robe.) Ce n'est pas, tu le vois, à défaut de poignard. Ton fils, qui me connaît, près de moi plus tranquille, A différé ta mort, en ni'offrant un asile.
Ainsi donc, Claudius, tu ne te défends pas Du complot insensé...
CLAUDIUS
J'ai voulu ton trépas, Oui; je le veux encore.
Eh bien! si ma clémence D'un conseil moins sévère écoutait l'indulgence, Si j'épargnais tes jours!
CLAUDIUS
Tu ferais un ingrat; Je resterais fidèle à ma haine, a l'état. De quoi te servirait celle bonté tardive? Mille bras sont levés, et dans Rome captive Il ne t'est plus permis de vivre sans effroi, Tant qu'un autre mortel voit le jour avec toi. Souviens-toi de Prénesle, et qu'à ta voix dans Rome Un peuple tout entier tombe comme un seul homme! De tes proscriptions l'horrible cruauté A consacré ton nom à l'immortalité; Subis ton avenir, bourreau de ma patrie! Ne trahis pas ta gloire en me laissant la vie!
Tu me rends à moi-même, à mes justes fureurs : Craignez-moi si je vis, et tremblez si je meurs. Lâches Romains! Et toi, héros dont l'insolence Brûle de recevoir sa juste récompense, Tu seras satisfait.
CLAUDIUS
Tu combles tous mes vœux :
Ton trépas ou le mien, c'est tout ce que je veux.
sylla. (// appelle, les licteurs entrent.) Licteurs! veillez partout; qu'on occupe les portes,