SCÈNE II
AUFIDIUS, L.ENAS, VALÉRIE, peiple.
AlFIDIUS.
Quels sont donc ces apprêts? De Rome consternée \ ieut-on nous annoncer la dernière journée? Les soldats de Pompée entourent le forum ; On court interroger l'oracle d'Antium...
Que craignez-vous , Piomains? Est-il dans sa furie Un fléau dont Sylla n'ait frappé la patrie? Ah ! si vos cœur; au mien veulent se rallier,
C)4 SÎLLA.
Des crimes do Sylla ce jour voit le dernier : Eles-vous las , enfin , de traîner votre chaîne , De dégrader en vous la majesté romaine, De trouver dans la honte un ignoble trépas? Pour punir le tyran je vous offre mon bras : Quand la patrie expire, il faut bien que je meure : Que votre liberté marque ma dernière heure. Ici , dans ce lieu même , où j'attends mon époux , Mes deux frères jadis ont expiré pour vous ; Jalouse de leur sort , je dois à la pairie Le reste généreux du sang de Cornélie : Si vous me secondez, c'est aujourd'hui, c'est la Que je veux le répandre en immolant Sylla.
AtFiDius , à part à Valérie.
Ouel fruit espères-tu d'un si noble courage? Pourras-tu jusqu'à lui te frayer un passage? Parmi tous ces guerriers, esebives conquérants, Ce peuple de licteurs , ces flots de courtisans , La foudre de nos dieux pourrait seule l'atteindre : Attendons sans courroux, haïssons sans nous plaindre.
VALÉRIE
Quel cortège sinistre approche de ces lieux?
C'est lui , c'est mon époux; je rends grâces aux dieux :
Nous voilà réunis.