SCÈNE III
Les mêmes, FAUSTUS, CLAUDUJS.
(Faustus et Claudius s'avancent au milieu des licteurs, qui forcent Lœnas à s'éloigner de Claudius, dont il voudrait s'approcher.)
claudius , à ï alerte.
Oh! fortune inhumaine!
Tout ce qui me fut cher à mon destin s'enchaîne.
VALÉRIE
D'où vient que mon aspect afflige mon époux , Quand sa vue est pour moi le bienfait le plus doux!'
faustus , à Claudius.
Vois cette foule , ami; c'est nous qu'elle contemple; C'est de nous qu'elle attend un mémorable exemple: Nous saurons le donner...
CLAUDIUS
Toi! partager mon sort, Faustus?
FAUSTUS
Ài-je moins fait pour mériter la mort?
\ ictime , ainsi que toi , d'une loi tyrannique , Nous périssons tous deux avec la république. Sûr de le partager, je bénis ton trépas; Au moment de frapper il arrête ton bras, Et me sauve l'horreur, h mon heure dernière , De haïr mon ami , meurtrier de mon père. Dans mon cœur la nature accusait l'amitié; Nous mourrons tous les deux : le crime est expié.
CLAUDIUS
Faustus, tu pouvais vivre encor pour la patrie.
FAUSTUS.'
Je ne puis la sauver; je lui donne ma vie.
CLAUDIUS
Pardonne un souvenir qui mêle ses tourments Au glorieux espoir de mes derniers moments.
[A Paierie.) 0 toi , de mes destins maîtresse souveraine, Valérie ! ô douleur !
VALÉRIE
Valérie est Romaine , Femme de Claudius, digne de ses aïeux : Celle qui sans pâlir a reçu vos adieux , Saura bien, comme vous, d'un front inaltérable, Attendre de la mort le trait inévitable.
CLAUDIUS
Des cris frappent les airs.