‹ SyllaChapitre 62 sur 286 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les mêmes, FAUSTUS, CLAUDUJS.

(Faustus et Claudius s'avancent au milieu des licteurs, qui forcent Lœnas à s'éloigner de Claudius, dont il voudrait s'approcher.)

claudius , à ï alerte.

Oh! fortune inhumaine!

Tout ce qui me fut cher à mon destin s'enchaîne.

VALÉRIE

D'où vient que mon aspect afflige mon époux , Quand sa vue est pour moi le bienfait le plus doux!'

faustus , à Claudius.

Vois cette foule , ami; c'est nous qu'elle contemple; C'est de nous qu'elle attend un mémorable exemple: Nous saurons le donner...

CLAUDIUS

Toi! partager mon sort, Faustus?

FAUSTUS

Ài-je moins fait pour mériter la mort?

\ ictime , ainsi que toi , d'une loi tyrannique , Nous périssons tous deux avec la république. Sûr de le partager, je bénis ton trépas; Au moment de frapper il arrête ton bras, Et me sauve l'horreur, h mon heure dernière , De haïr mon ami , meurtrier de mon père. Dans mon cœur la nature accusait l'amitié; Nous mourrons tous les deux : le crime est expié.

CLAUDIUS

Faustus, tu pouvais vivre encor pour la patrie.

FAUSTUS.'

Je ne puis la sauver; je lui donne ma vie.

CLAUDIUS

Pardonne un souvenir qui mêle ses tourments Au glorieux espoir de mes derniers moments.

[A Paierie.) 0 toi , de mes destins maîtresse souveraine, Valérie ! ô douleur !

VALÉRIE

Valérie est Romaine , Femme de Claudius, digne de ses aïeux : Celle qui sans pâlir a reçu vos adieux , Saura bien, comme vous, d'un front inaltérable, Attendre de la mort le trait inévitable.

CLAUDIUS

Des cris frappent les airs.

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