‹ SyllaChapitre 72 sur 286 · ANNA, PAULET · texte numérisé non relu

ANNA, PAULET

( Deux domestiques de Paulet, traversant le fond du théâtre , emportent une cassette et des papiers).

ANNA

Liessez, au nom du ciel, et daignez m'écoutei A son malheur encor pourriez-vous ajouter ! Quand j'ai vu sans effroi ma reine infortunée Du château de Talbot dans le vôtre amenée , Mon espoir vainement nous avait- il promis Une prison plus douce et des cœurs plus amis? Est-ce enfin pour servir une implacable haine

Que vous avez reçu la garde de ma reine ? Sa fidèle nourrice embrasse vos genoux ; Ne nous ravissez pas...

p a u l e t , la relevant.

Madame !

ANNA

Rendez-nous Ces lettres , ces écrits , ces secrets caractères, De ses longs déplaisirs tristes dépositaires ; Et ce bandeau royal de fleurs de lys orné , Dont son front fut jadis en France couronné. Hélas ! de ses beaux jours, de son ancienne gloire Il lui vient quelquefois rappeler la mémoire; C'est le seul souvenir quelle en ait conservé : Faut-il que par vos mains il lui soit enlevé !

PAULET

Mon devoir est sur moi plus fort que vos prières. J'ai des ordres, madame.

ANNA

O comble de misères !

O crime ! à voir ces murs à peine ouverts au jour, Qui croirait qu'une reine y fasse son séjour ! A tant de maux, grand dieu! l'aviez-vous destinée, Cette belle Marie, au berceau couronnée, Qui vit de son enfance adorer les désirs, Qu'éleva Médicis au milieu des plaisirs , Et qui, de trois états la joie et l'espérance, Fut reine d'Angleterre et d'Ecosse et de France.

PAULET

D'Angleterre!.,

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