‹ SyllaChapitre 81 sur 286 · ACTE l, SCENE VI. i · texte numérisé non relu

ACTE l, SCENE VI. i

Qu'essayant le dessein que vous m'avez soumis , Vous perdiez sans succès vos imprudents amis. Jeune homme, oubliez-moi; fuyez, déjà peut-être Burleigh a parmi vous envoyé quelque traître ; Fuyez, s'il en est temps, ce royaume odieux: Tous ceux qui m'ont servie ont été malheureux.

MORTIMER

Ah madame! en servant une cause si belle, Ils ont acquis du moins une gloire immortelle. D'un semblable destin tout mon cœur est jaloux. N est-ce point un bonheur que de mourir pour vous!

MARIE

Non, de mes ennemis je connais la puissance. Qui pourrait de leurs yeux tromper la vigilance-?

MORTIME R.

Qui ? moi-même , madame , et j'ose l'espérer.

Un seul mortel encor pourrait me délivrer.

MORTIMER

Un seul ? Nommez-le-moi.

MARIE

Leicester.

MORT IMER.

Lui, madame!

Lui , qui de vos malheurs seul a tissu la trame ! Lui , l'ami de la reine , et qui toujours...

MARIE

C'est lui Qui seul peut de ce lieu me tirer aujourd'hui. Allez, cher Mortimer, si toujours votre zèle Marie Stuart. 2e édit. i

i8 MARIE S TU ART.

A mon malheureux sort ose rester fidèle , Au comte Leicester livrez votre dessein ; Répandez hardiment vos projets dans son sein ; Et, de peur que de vous il prenne quelque ombrage, De vos pouvoirs secrets présentez-lui ce gage. [Elle lui donne sa bague.)

MORTIMER

O reine... expliquez-moi... je ne puis concevoir...

MARIE

De lui-même bientôt vous pourrez tout savoir.

Qui vient ?

anna, accourant.

Milord Burleigh.

MORTIMER

Armez-vous d assurance.

MARIE

Oui , de la dignité qui sied à l'innocence.

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