I. EICESTER
Certes , si de ces murs je la sauve une fois ,
Je puis au trône anglais faire valoir ses droits.
Elisabeth en vain me dédaigne et m'offense;
J'ai du pouvoir peut-être, et plus que Ion ne pense.
Mais quels que soient enfin mon espoir et mes vœux,
Vers Marie en effet j'ai reporté les yeux.
Si j'ai pu la trahir dans les temps de sa gloire,
Du fond de sa prison , trop chère à ma mémoire
L'image de Marie avec tous ses attraits
Vint se montrer à moi plus belle que jamais.
La pitié l'entourait encor de plus doux charmes;
Je plaignis ses beaux jours écoulés dans les larmes ;
Et, par son malheur même à mon amour rendu,
Je sentis quel trésor mon cœur avait perdu.
D'un œil épouvanté je mesurai l'abyme
Où tombait sans secours cette tendre victime.
Alors s éveille en moi l'espoir de la sauver.
Au trépas qui l'attend je saurai l'enlever.
J'ai su déjà, j'ai su par une main fidèle
Lui transmettre l'espoir que je fonde sur elle;
Et Marie , acceptant mes secours et ma foi ,