ACTE II, SCÈNE VIII
Le passé nous apprend le sorl qu'il nous destine ,
Allons compter nos morts à la porte Colline;
Dans le sacré parvis, aux autels de Vesta,
Courons voir expirer un autre Scaevola.
Ah ! c'est pour vous , Romains, que ma voix vous implore.
Ivre de sang, Sylla veut en verser encore.
Unis par les regrets , unis par le danger,
Qui de vous à mes maux resterait étranger?
Qui de vous, en ce jour de honte et de misère,
Ne tremhle pour un fils, ne gémit sur un père?
Deux femmes, en plongeant un poignard dans leur sein ,
Jadis de la patrie ont changé le destin :
Osez d'un pareil prix me donner l'espérance ,
Tout mon sang va couler... A ces mots, on s'élance,
On désarme son bras... et le peuple à grands cris
Fait serment dans ses mains de sauver les proscrits...
Les Gaulois ont paru , la terreur les escorte ; >
Catilina conduit leur farouche cohorte :
A ce terrible aspect , la foule au loin s'enfuit,
Et ces flots après eux ne laissent qu'un vain bruit.
SYLLA
Tu le vois Roscius , voilà bien leur audace; Devant quelques Gaulois leur courage se glace.
F a us tu s.
Ah ! crains le désespoir de la sœur de Caïus ! Si le peuple, qui l'aime, et qui plaint Claudius...
SYLI. A.
Sans pitié pour les maux qui ne peuvent l'atteindre, C'est quand il craint pour lui que le peuple est à craindre;
34 SYLLA
Toujours prêt à braver la loi <ln dictateur, Toujours prompt à fléchir sous la main du licteui
FAUST us.
Les Romains ont vengé Lucrèce et 'Virginie.
SYLLA
Ces Romains, où sont-ils ?
O ciel ! c'est Valérie.