‹ Sylla; tragédie en cinq actesChapitre 59 sur 66 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

Un fléau dont Sylla n'ait frappé la patrie? Ah ! si vus cœurs au mien veulent se rallier, Des crimes de Sylla ce jour voit le dernier: Etes-vous las, enfin, de traîner votre chaîne, De dégrader en vous la majesté romaine, De trouver dans la honte un ignoble trépas? Pour punir le tyran je vous offre mon bras : Quand la patrie expire, il faut bien que je meure : Que votre liberté marque ma dernière heure. Ici, dans ce lieu même, où j'attends mon époux, Mes deux frères jadis ont expiré pour vous; Jalouse de leur sort, je dois à la patrie Le reste généreux du sang de Cornélie : Si vous me secondez, c'est aujourd hni , c'est là, Que je veux le répandre en immolant Sylla.

a u F 1 d 1 u s , a part a Valérie. Quel fruit espères-tu d'un si noble courage? Pourras-tu jusqu'à lui te frayer un passage? Parmi tous ces guerriers, esclaves conquérants, Ce peuple de licteurs, ces flots de courtisans, La foudre de nos dieux pourrait seule l'atteindre : Attendons sans courroux, haïssons sans nous plaindre.

VALÉRIE

Quel cortège sinistre approche de ces lieux?...

C'est lui, c'est mon époux; je rends grâces aux dieux.

Nous voilà réunis.

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