‹ Sylla; tragédie en cinq actesChapitre 9 sur 66 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ROSGIUS, SYLLA

SYLLA

Roscius, maintenant parle avec assurance.

ROSCIUS

Ordonne-moi plutôt de garder le silence;

Il trahit à tes yeux la profonde douleur

Dont ce cruel moment vient de remplir mon cœur.

Eh quoi ! toujours du sang ! eh quoi ! toujours des larmes !

D'éternelles douleurs , d'éternelles alarmes !

Toi que le ciel créa pour vaincre les héros,

Qui signalas ton nom par d'immortels travaux ,

Dont la terre soumise atteste le génie ;

Quand tu régnes en maître au sein de ta patrie ,

Quand tout y reconnaît tes ordres souverains ,

De quels crimes, Sylla, punis-tu les Romains?

SYLLA

Du crime d'accepter les fers que je leur donne , Et d'oser espérer que Sylla leur pardonne. Tu ne me connais pas , Roscius , je le voi , Et mon ame est encore un mystère pour toi. Toujours la liberté, que mon pouvoir immole, Fut l'objet de mes vœux et ma plus chère idole ; J'ai combattu pour elle au sénat , au forum , Aux champs de Chéronée , aux sables d'Arpinum ;

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