‹ Sylvandire roman d'Alexandre Dumas mis en quatre chapitresChapitre 1 sur 60 · VILLIERS · texte numérisé non relu

VILLIERS

Au lever 4u rideau, ils "ont ■ une Utile à droite, entourée de valets qui le* servent.

CHOEUR

Ain de* Quatre Fils Aymon. (l«r chieur du arte}.

Quel pUisirl quel repas délectable 1 r nous

En ces lieus, le plaisir I vous sourit 1 I leur

Vins esquis, mots joveul, femme aimable,

- notre

Tour à tour vont charmer votre esprit I ! leur

d'hkrbigny. Je propose tin premier toast à la santé de mademoiselle Poussette , de notre ravissante hôtesse!

de villiers. La plus charmante hayadère de l’Opéra 1

poussette. Point du tout , messieurs ; ce * serait op ne peut plus injuste... le premier » toast , » au brave , au généreux marquis de - **^|*<léj i galant seigneur qui est parti pour • son ambassade , en mettant b ma disposition son brillant hôtel !... en me chargeant d’y recevoir et d’y fêter scs bons amis... vous, surtout, vicomte d’Hcrbigny, son fidèle, et vous, monsieur de Villiers, le plus riche et le plus iionnêtc financier qui ait fleuri dans les fermes et gabelles. . .

TOUS TROIS , le verre à la main. Au marquis de Crctté !

lit viLUERS. Qui nous a chargés de te consoler.

poussette. Qui est-cc qui vous dit doue que je suis triste?

de villiers. Mais il me semble que l’absence de l'objet aimé...

poussette. A votre santé , mes Copidons :

mais il n’y a pas eu jusqu’ici un homme qui puisse se vanter d'avoir empêché Poussette de riic et chanter du matin au soir. Ça vous étonne... Eli bien! ( montrant ton coeur il n’v a encore rien là pour personne , pas plus pour Cretlé que pour un autre... il était riche , il était beau.il m'a fait la cour , c’est vrai , mais , parole d’honneur, foi de Poussette, il n’y a pas autre chose que de la bonne amitié dans notre fait... Tenez , vicomte, je cherche une passion .. un véritable amour. .. quelque chose qui me rende bien niatheii reusc..Trouvez-moi cela, mes enfants, vous nte ferez plaisir.

d’herbigny. En voilà une idée I

DE villiers. Allons, allons, ma chère, vous nous faites des contes en l’air, et, ne fût-ce qu'à l'Opéra, vous avez dû...

poussette. A l’Opéra ! fi donc! Est-cc que vous me prenez pour une duchesse?...

Je ne donne pas dans le colon et dans le clinquant, mon bijon... je n'aime pas les gens , c'est vrai... mais encore faut-il qu’ils me plaisent pour que je leur permeite de m'aimer.

DE viLUERS. Oui , et pour qu'ils. te plaisent , ils doivent avoir au muins cinquante mille livres de rente.

poussette. Eh bien ! voilà encore ce qui vous trompe . gros financier, mon ami... et la preuve, c’est que, l'antre jour, j’ai congédié un prince indien , qui mettait cinq cent mille livres à mes pieds... rien quecela.

. d’HERricny. l’este! voilà un sauvage qui m’avait cependant bien l’air de savoir vivre.

poussette. 11 n'était pas beau , ça c’est vrai... mais il était curieux; jaune comme un citron ; un véritable coing sur des épaules d'homme, et je sais plus d'une de mes bonnes amies qui l'aurait écoulé, ne fût-ce que pour savoir comment on fait une déclaration d’amour au Malabar.

de villiers. Et à quel nont répondait-il, votre Indien ?

poussette. Au nom d’Afgbano.

D’HERBIGNY. I.a peste ! il portait là un nom qui n'est pas commun.

de villiers. Il fallait toujours accepter le demi-million, sotte que tu es.

poussette. Oui , mais , le demi-million et le bonhomme de pain d'épice n’allaient pas l'un sans l'autre.

BASQUE, entrant par le fond. Madame, un garçon assez vieux , assez laid, moitié paysan , moitié domestique , demande instamment à remettre une lettre à M. le marquis de Crettc.

D'HERBIGNY. Quelque fâcheux... qu'il aille au diable !

poussette, lin moment, un moment, messieurs... je commande dans l'hôtel du marquis ., je remplace ici le marquis; il s'agit peut-être de quelque affaire importante pour Orelté. (.1 Jlast/ue). Faites entrer ce garçon (ont de suite, {/lux autres). Si c’était une bonne action à faire, il ne me pardonnerait pas de l’avoir manquée.

Üasqucfail un Mçno au fond, ot l’on voit paraître Tourangeau, en vieille livrée de domestique de province. Il s'essuie tes pied-, puis s'avance en saluant. Basquf est sorti.

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