TOURANGEAU, D'HERBIGN V , POIS- 1 SKTTK , DE VI 1.1,1 EUS
TOURANGEAU. Bien le bonjour, messieurs et madame... comment que (-a vous va ?
tous, riant. Ha I lia ! lia !... excellent!
POUSSETTE , riant. Mais, assez bien , mon garçon , comme tu vols.
TOURANGEAU. En effet , vous ne me paraissez pas engendrer la mélancolie , et vous cassez la croûte assez geniiment.
DE VILL1ERS. D'où nous tombe cet oli- .
brius ?
tourangeau. D'abord , je ne tombe pas, j'arrive.
DE viLUERS. Eli bien , alors, d'où arrives-tu ?
tourangeau. Ab! mon Dieu ! tout bêtement de « iliinon. (.4 part). Ça m'a l’air d’être des gaillards qui aimeut à rire ; je vas rire avec eux , ça les mettra tout de suite à leur aise avec moi.
d'heubignV. Qu'est-ce c’est que ça Cbinon ?
POUSSETTE, riant, l'ardieu ! c’est la capitale de la Gliine !
TOURANGEAU . te passionnant. Vous ne connaissez pas Chinon!... vous ne connaissez pas Chilien !... Mon gentilhomme, je suis afll gé de vous le dire en public, mais cela fait peu d'honneur à vos études géographiques. Chilien est une ville sur la Vienne, i qui possède un château fort et plusieurs couvents , et où l’on fait d'aussi bons pruneaux qu’à Tours, quoi qu'en puisse dire la jalousie et la malveillance. ( A part.) Je lui glisse ça en passant sans avoir l’air de rien.
Poussette. Tu es patriote, garçon... lu | aimes ton pays... c'est déjà quelque chose...
Eh bien , voyons , qu’est-ce que tu déniait les?
TOURANGEAU, les regardant, üant ! je demande lequel de ces messieurs est le marquis de Crotté T
poussette , sérieusement. C'est moi.
On se lève de table, le* dome^rique* l'enlèvent, avancent
ua guéridon et apportent le café et les liqueurs.
tourangeau. Hein ? ali bah ! vous!...
laissez donc!... c'est une farce... votre sexe s'oppose naturellement à ce «pie vous soyez un homme... vous seriez marquise, tout au ' plus... Après ça , vous me direz : à Paris , on voit tant de choses extraordinaires !...
poussette. Et que iui veux-tu au marquis de Crettéî *
tourangeau. Lui remettre en main propre cette lettre à lui adressée.
Tourangeau, d’Hrrbigny, l’outscU*, Villier*. |
POUSSE! 1E, prenant la lettre. Donne!...
(Elle la parcourt. ) Eli ! eh ! [nosseigneurs . c’est le chevalier Roger d'Augiiilhem , fils d'un ami intime du père de Crelié , qui demande à sc présenter chez le marquis pour une afTaire pressante.
d’herbigny. I n petit gentillàlrequi vient solliciter quelque charge à la cour et qui sent son Blaisois de cinquante lieues.
poussette. Quand cela serait, messieurs, je ne peux l’éconduire. (.4 Tourangeau.) Comment t’appcl!es-!u . grotesque? * tourangeau. Moi , monsieur le marquis, pour mon compte, je m’appelle Olympe- Athénaîs Tourangeau... Quant à monsieur le chevalier, mon maître, c’est une autre paire de manches... il a un nom fameusement antique, et qui date je ne sais d'où. .. il se nomme Roger Tancrède d'Angiiilhem.
poussette. Et , quel homme est-ce?
tourangeau. Oli! un superbe homme...
plus haut que moi de ça... et autretr.ent C... fabriqué que ces messieurs.. . Ce n'csl pas pour m'eu faire honneur , mais si vous le voyiez avec son habit de bonracan vert, que madame sa mère lui a fait faire à Blois , j’oserais dire que ça vous flatterait agréablement la vue.
poussette. Vraiment 1... il a un babiten bonracan vert!
de vil mers. C’est du dernier goût!
d’herbigny. Eh bien , voilà votre affaire.
Poussette , vous qui cherchiez mie passion.
tourangeau. Ali! j'ensuis fâché , vous arriveriez trop tard , la place est prise.
poussette, riant. Ablila une amoureuse î
TOURANGEAU. Je crois bien ! et qui porte un nom qui promet., mademoiselle Constance.
de VII.MERS. Constance de quoi?
toi rangea u. Constance de Beuzcric; c'est ce qu’il y a de mieux dans toute la Touraine. Savez-vous que monsieur le baron de Beuzeric a de grands Ivois qu’il pourrait passer sur la tête de son gendre, sanscomp'.er la grande prairie de la Pintade, qui, seulement en luzerne, mettrai pas mal de foin dans ses bottes.
POUSSETTE. C’est bien , mon ami ; retourne vers le chevalier et dis lui qu'il peut venir , et que nous sommes impatients de faire sa connaissance.
TOURANGtAU. Avec plaisir, madame le marquis... d'autant mieux que nous demeurons en face, à la llerse d’Or... une auberge très-bien composée... tons marchands de laine du Berry et des gros maquignons du Poitou.
* Tour*r»g*>iu, PouwctU, dTIrrbigiiy, Véllifr*.
MAGASIN THEATRAL
d'herrigny. Kl depuis quand êtes-vous arrivés? *
tourangeau. Depuis avant-hier.
d’herrigny. Par le coche ?
tourangeau. Allons donc ! c'est bon pour des nourrices , ce vchicule-là !. .. nous sommes venus avec Christophe , un magnifique limousin, dou l on a encore offert, hier, quinze éens à mon maître.
POUSSETTE. Va , va ! nous avons hite de le voir.
tourangeau. Christophe?
poussette. Non ! ton maître.
d’herrigny. Va donc vite, animal 1...
tourangeau. J'y cours... (A pari ). Quelle politesse eiqoisc à la cour de France 1
Il sort.