ROGER, SYLVANDIRE
ROGER, entrant par la gauche , premier plan. Tous les ordres sont donnés... et demain, après le déjeûner, nous partirons...
Eb bien ! qu’avez-vous, chère amie ?
sylvanoire. Je vous regarde.
ROGER. Vous me...
sylvandire. Savez-vous, monsieur, que vous avez fort bonne tournure?
roger. Oh! quand j'aurai seulement passé trois ou quatre ans à Paris , je ne serai pas plus ridicule qu'on autre.
sylvandire. Comme vous seriez bien avec, un uniforme de colonel !
ROGER. Moi?
* S> lvandira, Picard.
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sylvandire. Oui , vous.... N 'avez -vous donc jamais songé à avoir on régiment?
BOGER. Si fait, quelquefois... mais ce n'est pas chose facile, chère Sylvandire... Peste!
un régiment, comme vous y aller!
sylvandire. lib bien! voulez-vous que je vous en donne un, moi?
ROGER, riant. Vous? et comment cela?...
Permettez- moi de vous dire, ma chère Sylvandire, que vous faites de charmants rêves, mais ce ne sont que des rêves malheureusement...
sylvandire. Dont nous ferons des réalités quand vous voudrez.
ROGER. Est-ce que vous êtes ambitieuse, Sylvandire ?
sylvandire. Oh ! pour vous seul... je Tondrais vous voir il la cour... Ksi ce que nous n 'avez jamais songé à aller h la cour?
roger. Si fait... Mais, moi, gentilhomme de province, comment voulez-vous?...
sylvandire. N'êlcs-vou» pas d’une des premières familles de la Touraine?
ROGER. Oui.
sylvandire. N’avez -vous pas soixante mille livres de rente ?
ROGER. Oui.
sylvandire. N’avez-vous pas un des plus magnifiques hôtels de Paris?
ROGER. Oui.
sylvandire. Ah ! je comprends... vous seriez honteux de moi.
roger. De vous, chère Sylvandire?
sylvandire , baissant Ut yeux. Vous craignez ma naïveté...
ROGER. Vous êtes spirituelle^ comme un démon !
SYLVANDIRE. Ma gaucherie...
roger. Vous êtes gracieuse comme une sylphide 1
"sylvandire. Ma laideur...
roger. Vous êtes belle comme une étoilel sylvandire. Eh bien, mon ami, puisque vous êtes jeune, brave et riche... et que vous avez la bonté de ne pas me trouver trop niai... pourquoi donc aller si vite en province?.. . pourquoi ne pas paraître à la cour?
roger. Ma foi, vous pourriez bien avoir raison.
sylvandire. Vos parents vous aiment, je n'en doute pas... ils désirent vous voir, j’en suis bien certaine; mais croyez- vous qu'ils ne vous pardonneront pas ce petit relard, quand vous leur arriverez avec les épaulettes de colonel et uue femme présentée?
roger. C'est-à-dire qu'ils seraient enchantés!
sylvandire. Voyez-vous... voyez-vous...
F.h bien ! il faut vous occuper de cela aujourd’hui même.
roger. Que faut-il que je fasse?
sylvandire. Rien au monde... Ne vous ai-je pas dit que cela me regardait?
roger , riant . Mais, en vérité, chère amie, je ne puis croire... vous seriez donc une fée?...
sylvandire. Peut-être... une bouae fée pour vous... Allons, monsieur, laissez-vous mener à la baguette. (A Finette qui entre.) Que roulez-vous, KinetteT *
finette. Je demande pardon à madamede venir ainsi., .si ce n'était pas pour une bonne action, je ue me serais pas permis. ..
roger. Pour une bonne action, ebire
finette. C’est une dame de charité qui quête pour les orphelins.
sylvandire. Ah! vous avez bien fait, i Finette. .. El où est-elle cette dame de charité?
finette. Je l'ai fait entrer dans la chambre ; de madame.
Elle sort à gauche, 3* plat».
sylvandire. Voulez-vous me permettre, mon ami ?
roger. Comment donc !
SYLYAXDIHI.
Air : fragment de don PohjhoU.
Pardon, ai je *ous quitte.
Quand le malheur m'invite,
On n'invoque jamais en vain,
Jamais en vain,
Ma charité pour le prochain.
ROGF.R.
En vous, ma fout’’ belle.
S’unissent les vertus,
Chaque instant me révèle Quelque charme de plus.
ENSEMBLE
A regret je vous quitte.
Mais revenez bien vite,
On n’invoque jamais en vain.
Votre intérêt pour le prochain.
RYLVARDIRC.
Pardon, si je vous quitte, etc.
Elle sort à gauche.
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