‹ Sylviculture. IntrodChapitre 14 sur 94 · C. Arbre n'ayant pas les caractères précédents · texte numérisé non relu

C. Arbre n'ayant pas les caractères précédents

Bourgeons à { Feuilles dentées, blanches en desécailles vertes : sous; fruit rouge pulpeux.... Alisier blanc. bordées brun. | Feuilleslobées;fruit brun charnu. Alisier torminal.

$ ‘ Bourgeons aigus; ra- RO Est {\. meaux dressés....... Merisier.

\ RCA TR Bourgeons presque ob- LE ? tus ; rameaux ordinai- . rement pendants.... Cerisier cultivé.

Écorce peu ou pas Bourgeons allongés,

Bourgeons à écailles bruns.

luisante ne presque appliqués.... Cerisier à grappe. s’enlevant pas en Bourgeons assez courts, travers. non appliqués....... Prunier.

+= Or

Principales essences forestières.

1: Station et sol. — 2 : Caractères pratiques de détermination. — 8 : Enracinement. — 4 : Tempérament, couvert. — 5 : Fructification, modes de propagation. — 6 : Longévité, allures forestières. — 7: Emplois du bois et produits.

Les chiffres gras dans le texte renvoient à l’explication ci-dessus.

Alisier blanc, dit Aillouchier (Sorbus Aria, Crantz). —

1: Petit arbre qu’on trouve à l’état disséminé dans les bois montueux, sauf dans l’ouest, un peu sur tous les sols ni trop

humides, ni trop compacts. — 2: Feuilles simples, entières, blanches tomenteuses en dessous; fruits de la grosseur d’une cerise, rouges, farineux, pulpeux. — 8 : Profond et étendu. —

4: Robuste ; essence de lumière ; couvert assez complet. — 5: Septembre ; les fruits semés tels quels immédiatement après la récolte ne germent qu’en partie au printemps suivant ; repousse vigoureusement de souche et drageonne quelquefois. — 6: Taillis simple et taillis-sous-futaie. — 7 : Ouvrages de tour, outils, pièces de machines...; très bon combustible ; charbon estimé.

Alisier torminal (Sorbus torminalis, Crantz). — 1 : Arbre commun à l’état disséminé dans les bois de plaines ou de montagnes peu élevées, sur les sols frais et légers, calcaires ou sablonneux. — 2: Feuilles simples dicoupées en lobes triangulaires aigus ; fruit comestible (alise ou alose) brun, à chair molle à maturité. — 8: Profond et étendu. — 4: Robuste, essence de lumière ; couvert assez complet. — 5: Automne ; graines conservées dans du sable et semées au printemps germent en trois, quatre semaines ; ‘rejette assez mal de souche. — 6: Taillis simple et taillis-sous-futaie. — 7: Gravure, tour, instruments, pièces de machines. ; bon combustible ; bon charbon.

Aune. — Les aunes sont des arbres ou arbrisseaux qu’on trouve généralement le long des cours d’eau, ou dans les parties humides des bois et des terres ; — ils sont caractérisés par des jeunes pousses triangulaires avec bourgeons latéraux stipités (portés à l'extrémité d’un petit pédicelle), par des feuilles simples, plutôt ovales arrondies, assez coriaces, d’un vert

brillant en dessus, et par des petits cônes ligneux, qui s’entr’ouvrent à maturité sans se désarticuler et persistent assez longtemps sur l'arbre avant de tomber. — Les graines se disséminent en automne ; on cueille à la main les cônes, ou on gaule les arbresavant dissémination, par temps sec et calme, après avoir étendu des toiles sous les arbres ; on sème en pépinière graine en mélange avec sable sur planche préparée et on irrigue en été.

Aune glutineux (Alnus glutinosa, Gaertn.). — 1: Essence sociale (terrains humides) ou disséminée dans bois humides et au bord des eaux de toute la France. — 8: D'autant plus traçant que le terrain est plus humide. — 4: Robuste ; essence de lumière ; couvert assez léger. — 5: Automne (à partir de quinze à vingt ans à l’état isolé et de trente-cinq à quarante ans en massif) ; rejette bien ; drageonne peu. — 6: Dépasse rarement cent ans; taillis et taillis sous futaie ; plantations dans terrains humides (prépare introduction du chêne); essence précieuse pourvu qu’on lui permette d’atteindre la grosseur de belles perches. — 7: Menue charpente, chevrons, conduites d’eau, boisage de puits et de mines (pilotis), meubles communs, ustensiles de ménage, boissellerie, saboterie, perches, voliges. ; brûle rapidement (boulangers, verriers) ; charbon léger (poudre) ; écorce riche en tanin, utilisée dans le Nord.

Aune blanc (A. incana, D. C.). — 1: Régions montagneuses du Jura et des Alpes; sols calcaires, humides ou frais. — 3: Surtout traçant, pivote peu. — 4: Essence de lumière ; couvert assez léger. — 5: Rejette, drageonne, se marcotte avec facilité, peut se propager par boutures. — 6 : Précieux en montagne dans les travaux de reboisement pour fixer les pentes calcaires et les berges des cours d’eau. — 7: Comme l’aune glutineux ; cercles de futailles.

Aune vert (A. viridis). — 1: Arbrisseau des régions élevées des Alpes ; sols siliceux frais ou humides. — 3 : Peu pivotant ; — 5: Semis, rejets, boutures, marcottes. — 6: Utïle dans la région alpine pour fixer les pentes humides (plutôt siliceuses). — 7 : Chauffage (faibles dimensions).

Bouleau verruqueux (Betula verrucosa, Ehrh.). — 1: Arbre

des plaines et montagnes de toute la France, commun plutôt à l’état disséminé ou par bouquets dans les sols frais, légers et sablonneux. — 2: Écorce d’un blanc pur s’exfoliant circulairement en fines lamelles ; jeunes pousses verruqueuses {rudes au toucher) ; rameaux et ramules très grêles et tombants qui lui donnent un port spécial ; cônes fructifères allongés, petits, à écailles minces qui mürissent et se désarticulent en automne et dont les écailles se disséminent en même temps -que les semences. — 3 : Faible et traçant. — 4: Très robuste ; essence de pleine lumière ; couvert très léger — 5 : Automne ; fructifie régulièrement à partir de dix à vingt ans; dans sa station envahissant par semis naturel sur sols nus (terrains incendiés) ; semis en pépinière comme pour aune, aussitôt après récolte graines ; rejette ; drageonne fréquemment. — 6: Dépasse rarement cent à cent vingt ans ; taillis simple et taillis-sous-futaie ; essence de complément en futaie. — 7: Ébénisterie, menuiserie, charronnage, tournerie, échelles sabots, cercles, harts, balais... ; brûle vite (apprécié pour boulangerie) ; charbon estimé ; écorce riche en tanin (cuir de Russie), semelles, tabatières.

Bouleau pubescent (B. pubescens, Ehrh.). — 1 : Nord, nord-ouest et ouest ; sols humides, marécageux et tourbeux. — “8, etc. Comme pour le B. verruqueux. 151

Buis (Buxus sempervirens, Lin.). — 1: Arbuste social à végétation très lente ; coteaux et montagnes sauf dans le nord-ouest ; terrains calcaires arides. — 5: Semis, boutures, marcottes. — 6: Souvent abondant en sous-étage sur sols calcaires (midi); des extractions répétées"appauvrissent sol, et il vaut mieux le faire disparaître par le couvert. — 7: Recherché par les sculpteurs, tourneurs, tabletiers, mais ordinairement trop petites dimensions ; bon combustible. Feuilles employées comme engrais (riches en azote) et pour litière.

Cerisier merisier (Cerasus avium, Mænch.). -— 1: Grand arbre qu’on rencontre à l’état disséminé dans les bois de plaines et de coteaux, sauf dans la région des oliviers, de préférence dans les terrains frais ou humides, plutôt calcaires. — 2: Écorce lisse, gris satiné ou d’un brun rougeâtre, se détachant par lanières circulaires ; rameaux diffèrenciés en

rameaux;longs et rameaux courts couverts de cicatrices serrées ;" feuilles simples, peut consistantes, à pétiole muni vers le sommet de deux glandes rougeâtres ; fleurs blanches longuement pédonculées groupées en faisceaux à l'extrémité des rameaux Courts ; fruits charnus (cerise) doux, sucrés, rouges ou noirâtres. — 8: Puissant, oblique ou traçant. — 4: Très robuste ; essence de lumière ; couvert léger. — 5: Fleurit abondamment tous les ans, mais la fructification n’est pas soutenue ; maturité été ; le noyau du fruit semé en automne germe au printemps suivant ; rejette de souche, drageonne parfois. — 6: Cent ans environ; taillis simple ou taillis-sousfutaie. — 7: Rougeâtre, dur, lourd, tenace ; menues charpentes, ébénisterie (chaises, meubles), cercles, instruments de musique, tabletterie. ; combustible médiocre ; fruits comestibles (kirsch).

Charme (Carpinus betulus, Lin.). — 1: Arbre de taille moyenne très abondant dans les forêts de plaines et de collines du nord et de l’est de la France,‘rare ou absent dans le midi; se plaît dans les sols argilo-sablonneux, perméables, frais, mais en réalité peu difficile — 2 : Tronc cannelé, gris clair, à écorce lisse, feuilles bourgeons et rameaux distiques (étalés dans un même plan à droite et à gauche du rameau), feuilles simples, doublement et finement dentées, à surface gaufrée ; grappes fructifères allongées et pendantes constituées de graimes entourées de leur involucre herbacé divisé en trois lobes, qui persistent sur l'arbre une partie de l'hiver. —

8: Court pivot avec racines latérales. — 4: Essence intermédiaire entre les essences d’ombre et les essences de lumière ; couvert assez épais. — 5: Fructifie abondamment

à partir de vingt ans; maturité automne ; semis naturel facile et abondant (si on laisse vieillir quelques cépées de taillis); graine semée immédiatement après la récolte, ne germe qu’en faible partie au printemps suivant et le reste germe au deuxième printemps ; rejette très abondamment de souche. — 6: Cent à cent vingt ans en moyenne ; vit bien en massif serré (essence sociale), très apte au régime du taillis; taillissous-futaie ; essence de complément en futaie. — 7: Bois dur et homogène ; outils, pièces de machine, dents d’engre-

nage. Excellent chauffage ; très bon charbon. La feuille donne un bon fourrage.

Châtaignier commun (Castanea oulgaris, Lmk.) — 1: Arbre des régions montagneuses peu élevées (collines et . coteaux, surtout au sud de la Loire); sols meubles, fraiset profonds, dépourvus de calcaire (essence calcifuge). — 3: Pivotant, avec fortes racines latérales. — 4: Robuste; essence de lumière à couvert assez épais, intermédiaire entre le chêne et le hêtre. — 5 : Fructifie annuellement à partir de vingt-cinq à trente ans s’il est isolé, quarante à soixante ans s’il est en massif, maturité en octobre ; on conserve la châtaigne en silo et on la sème au printemps ; rejette abondamment de souche et drageonne. — 6: Très grande longévité, mais le bois s’altère rapidement au cœur chez les vieux arbres ; taillis simples, taillis-sous-futaie et plantations par pieds isolés; il ne forme nulle part de vrais massifs forestiers en futaie. — 7 : Lourd et dur ; merrains, échalas, cercles de tonneaux... ; combustible médiocre ; écorce et surtout bois assez riche en tanin ; fruit comestible (châtaigne et par sélection, marron).

Chêne. — 1: Le chêne (rouvre et pédonculé) est en France une essence sociale très importante par les qualités de son bois et par la surface qu’elle occupe. Dominant sur presque toute Pétendue du pays, le chêne (rouvre et pédonculé) n’est subordonné, rare ou très rare que dans l’extrême midi, sur le littoral méditerranéen, dans la région calcaire du pin d’Alep et sur le littoral de l'Océan, dans une partie de la région sablonneuse du pin maritime ; il décroît en importance avec altitude dans les Vosges, les Alpes, le plateau central et les Pyrénées; il manque même entièrement dans les régions élevées des trois premières de ces contrées montagneuses. Mélangés sur beaucoup de points, le chêne pédonculé et le chêne rouvre s’isolent sur beaucoup d’autres. Le premier (chêne pédonculé) devient dominant et même se rencontre à peu près seul dans les grandes plaines, basses et humides ; il forme ces haies plantées d'arbres de haute tige qui bordent les herbages du centre et de l’ouest. Le second (chêne rouvre) apparaît dès que le sol se relève et s’assainit ; il produit alors les belles futaies de l'Allier, du Cher, du Loir-et-Cher, d’Indre-et-Loire,

de la Sarthe, de l'Orne, etc.; s’accommodant mieux de la chaleur et de la sécheresse que son congénère, le rouvre s’avance plus que lui vers le sud-est et préfère alors l'exposition nord ; on le rencontre dans les montagnes de l'Ardèche, du Gard, etc., situées au-dessous de la latitude de Valence ; il devient très pubescent (chêne blanc) dans le midi; il s'élève aussi plus haut dans la montagne, en raison de ses moindres exigences en humidité ; il se plaît jusqu’à la région du sapin et se rencontre jusqu’à l'altitude de 1 000 mètres. — Ces deux chênesatteignent leur maximum d’expansion dans la zone tempérée où ils caractérisent par leur abondance une région se confondant avec celle de la vigne et à laquelle succède la région froide du sapin. La limite supérieure varie comme il suit avec les latitudes et l'espèce :

Alpes. Plateau Vosges. Jura. del'Isère. Central. Pyrénées. Corse. m. m. m. m. m. m.

Chêne pédonculé. 800 850 1.200 900 1.200 »

—) Nrouvre.:..401.:000" 900 .01:500 1 50) OT SOS NN

— 2: Les chênes (rouvre et pédonculé) sont des arbres faciles à reconnaître à leur écorce lisse et gris argenté dans le jeune âge, puis épaisse et plus ou moins fortement crevassée longitudinalement ; à leurs bourgeons plus ou moins pentagonaux dont les supérieurs sont agglomérés à l’extrémité des rameaux, à leurs feuilles sinuées lobées caractéristiques, à leurs glands portés à la base dans une cupule écailleuse (caractères du genre). — 8: Pivotant, avec fortes racines latérales plus ou moins obliques. — 4: Robuste (les jeunes chênes réclament laction de la lumière directe dès leur jeune âge); essence de lumière; couvert léger ou assez léger. — 5: Le chêne (rouvre ou pédonculé) fructifie d’une façon régulière et abondante vers soixante à cent ans, suivant qu’il est isolé ou en massif ; les glandées abondantes sont plus ou moins nombreuses selon les climats ; elles peuvent se produire à deux ans d'intervalle dans les climats doux, et à dix ans ou plus dans les climats moins favorables ; les rejets fructifient dès vingt ans, Le gland tombe dès qu’il est mûr (automne) ; les premiers glands qui tombent naturellement de l'arbre sont véreux et mauvais, ceux qui tombent tardivement sont mal formés,

LES ESSENCES FORESTIÈRES. o1

et c’est dans la période intermédiaire qu’on recueille les meilleures semences; on sème à l’automne ou, pour éviter les dégâts des rongeurs, on conserve les glands en silos ou en stratification dans du sakle et on sème au printemps. Is rejettent bien de souche, surtout le rouvre. — 6: Essences sociales : très grande longévité ; ces deux chênes (rouvre et pédonculé) se prêtent au traitement en taillis (taillis à écorce), en taillissous-futaie (très belles réserves) et en futaie. — 7: Bois lourd et dur ; charpente, merrain, charronnage, menuiserie, ébénisterie, échalas (bois parfait), lattes, traverses...; combustible et charbon moyens, diversement appréciés; écorce à tan recherché.

Chêne rouvre (Quercus sessiliflora, Smith.). — 1: Arbre des terrains meubles, graveleux, frais, parfois secs des collines, plateaux et contreforts des montagnes. — 2 : Tronc à écorce finement et régulièrement fendillée, relativement peu épaisse ; cime régulièrement ramifiée, à feuillage abondant, bien fourni, assez régulièrement réparti, axe principal ne se prolongeant pas directement jusqu’au sommet de la cime ; bourgeons terminaux et ramules légèrement pubescents (poilus) ; feuilles longuement pétiolées, régulièrement sinuées lobées (la plus grande largeur au milieu du limbe) ; glands sessiles, souvent agglomérés, assez gros, terminés en pointe courte, piquante. — 7: Bois inférieur pour la construction à celui du pédonculé, mais supérieur pour la fente et le travail (ces qualités varient toutefois suivant la végétation).

Chéne pédonculé (Quercus pedunculata, Ehrh.) — 1: Arbre des sols humides ou au moins frais et suffisamment profonds des'basses vallées, des plaines et des coteaux.— 2 : Tronc à écorce épaisse, largement et irrégulièrement fissurée (souvent couvert de branches gourmandes) ; cime relativement grêle, irrégulière (branches peu nombreuses, grêles, irrégulièrement insérées), à!feuillage groupé par paquets laissant de nombreux vides, axe principal se prolongeant assez directement jusqu’au sommet de la cime ; bourgeons glabres (non poilus), ainsi que les ramules; feuilles sessiles (sans pétiole), irrégulièrement et plus profondément sinuées lobées (la plus grande largeur aux deux tiers supérieurs du limbe); glands pédonculés,

isolés ou insérés en très petit nombre sur un long pédoncule,

relativement petits, arrondis au sommet. — 6: Entre plus tardivement en végétation que le rouvre et par suite craint moins les gelées printanières. — 7: Bois plus nerveux que

celui du rouvre et très employé dans les constructions ; son tan est le moins estimé de celui des chênes (ces qualités varient avec les stations et la végétation).

Chêne tauzin (Q. tozza, Bosc). — 1: Sud-ouest de la France ; plaines et collines du littoral, plutôt calcifuge, sols siliceux purs ou mélangés d'argile. — 2 : Ramules et bourgeons velus ; jeunes pousses purpurines ; feuille très découpée, à sinus profonds, veloutée en dessous. — 3: Pivot avec racines latérales traçcantes. — 4: Robuste, essence de lumière, couvert léger. — 5: Rejette bien de souche et émet de nombreux dra-

geons. — 6: Taillis à écorce du sud-ouest. — 7: Petites charpentes, cercles de futaille ; excellent combustible, charbon estimé, tan de bonne qualité ; glands parfois doux.

Chéne zéen (Q. Mirbeckii, Durieu). — 1: Très grand arbre des régions montagneuses d'Algérie (jusqu'à 1 400 mètres), rappelant beaucoup le chêne rouvre ; terrains assez fertiles, profonds et frais. — 8 : Pivotant. — 4 : Essence de lumière. — 5: Repousse très vigoureusement de souche. — 6: Taillis et futaies. — 7: Bois très lourd, compact, propre aux constructions ; bon combustible, bon charbon ; tan excellent.

Chéne chevelu (Q. Cerris, Lin.). — 1 : Disséminé en France (Doubs, Jura, Vienne, Maine-et-Loire, Loire-Inférieure, Provence, etc..), peu difficile sur la nature du sol, est exposé aux gélivures. — 2: Bourgeons à écailles prolongées en lanières ; cupule du gland hérissée de longues lanières molles et pubescentes (chevelure). — 3 : Très pivotant. — 4: Essence de lumière, couvert léger. — 5: Maturation bisannuelle ; fructification assez régulière. — 6 : Essence à peu propager, sauf pour l’ornementation (croissance rapide). — 7: Bois très dur, très nerveux : menue charpente, échalas ; très bon combustible, tan de bonne qualité.

Chéne yeuse ou chêne vert (Q. Ilex, Lin.). — 1: Buisson ou arbre des lieux arides et découverts de la France méridionale ; sols les plus médiocres, de préférence calcaires. —

2 : Feuilles persistantes, dentées épineuses sur les bords (dans le genre de la feuille de houx), vertes et luisantes en dessus, blanches tomenteuses en dessous. — 8 : Pivotant avec racines latérales. — 4: Très robuste, essence de pleine lumière, couvert épais. — 5: Fructification abondante, régulière dès huit-dix ans; rejette et drageonne. — 6 : Couvre soit seul, soit en mélange avec le chêne pubescent et le pin d'Alep, des étendues considérables de la France méridionale et y forme des taillis généralement exploités à courtes révolutions. En Corse et en Algérie, la variété Ballote constitue des massifs réguliers importants.

Chéne-Liège (Q. Suber, Lin.). — 1: Arbre trapu des coteaux et montagnes de moyenne élévation du littoral méditerranéen (sud-est de la France et Algérie) ; sols granitiques, porphyriques, feldspathiques, schisteux ; il paraît redouter les sols calcaires, ainsi que les sols trop compacts. — 2: Écorce subéreuse très épaisse produisant le liège ; feuilles persistantes, dentées, coriaces, vertes et peu luisantes en dessus, grises ou blanchâtres en dessous; feuillage grêle et rare. — 3: Pivotant ou traçant suivant les sols. — 4: Essence de lumière, couvert épais. — 5: Fructification vers quinze ans, abondante et soutenue vers trente ans ; rejette vigoureusement, drageonne quelque peu. — 6: Croissance assez rapide dans la jeunesse ; il prend bientôt une forme trapue ; l'enlèvement du liège, s’il est bien fait, ne lui est pas nuisible; il vit cent cinquante à deux cents ans et plus ; est essentiellement traité pour son écorce (liège) ; on ne l’élève qu’en futaie claire, le plus souvent plantée. — 7: Bois de petite industrie, menuiserie, pièces de machines ; chauffage et charbon estimé ; mais est surtout exploité pour son écorce fournissant le Ziège du commerce.

Chêne occidental (Q. occidentalis, Gay.). — 1: Est l'arbre à liège du littoral de l’ouest (littoral du golfe de Gascogne) où il s’élève des bords de la mer à 185 mètres d’altitude seulement ; essence calcifuge, sols siliceux et argilo-siliceux ; il présente les mêmes caractères généraux que le chêne-liège, mais est à maturation bisannuelle. — 6: Futaie très claire ; disséminé plutôt qu’en massif ; il s’accommode particulièrement bien du mélange avec le pin maritime, sous lequel il

trouve protection sans qu’il ait à souffrir de son couvert léger.

Coudrier noisetier (Corylus avellana, Lin.). — 1: Arbrisseau commun dans les forêts de plaines et de montagnes de toute la France, de préférence sur les sols frais quelle qu’en soit la nature minéralogique. — 3: Court pivot avec racines latérales. — 4: Robuste, essence de lumière ; couvert assez épais. — 5: Fructifie plus ou moins régulièrement à partir de dix ans; rejette et drageonne très facilement ; son fruit, la noisette, est d’une conservation difficile jusqu’au printemps et on la sème à l’automne.— 6: Aime la lumière et se rencontre plus fréquemment dans les taillis que dans les futaies ; en sol siliceux divisé, il joue en sous-étage dans les forêts de chênes un rôle fertilisant de grande importance ; sur les terrains calcaires dénudés le coudrier se montre un des premiers arbrisseaux et un des plus actifs dans la création de la forêt. — 7: Perches, cercles, tuteurs ; bon chauffage; charbon léger (poudre, dessin); la noisette comestible donne une huile d’un goût agréable.

Cytise faux ébénier (Cytisus laburnum, Lin.). — 1: Petit arbre disséminé dans les forêts des collines et montagnes calcaires de l’est de la France. — 2: Tige reste longtemps lisse et verte ; rameaux et ramules vert blanchâtre et soyeux avec rameaux courts, étalés, noueux ; feuilles composées de 3 folioles portées à l'extrémité d’un long pétiole commun ; fleurs jaunes groupées en longues grappes pendantes; fruit en gousse (les feuilles, les gousses et les graines ont des propriétés purgatives prononcées). — 83: Profond ou traçant suivant les sols. — 4: Essence de lumière. — 5: La graine se conserve facilement ; on la sème au printemps. Le cytise repousse très bien de souche. — 6: Taillis et parcs. Dans sa station il est commode pour boiser les mauvaises pentes calcaires ou crayeuses qu’il fixe bien grâce au développement de ses touffes. — 7: Bois de bonne qualité mais arbre rare, de faibles dimensions et très disséminé.

Érable. — Les érables sont des arbres à feuilles, bourgeons et rameaux opposés, dont les feuilles simples présentent des lobes (saillants) et des sinus (rentrants) caractéristiques, dont le fruit est constitué par 2 samares accolées par la base. Ils se

trouvent à l’état disséminé en forêt, spécialement en montagne et ne constituent jamais à eux seuls des peuplements forestiers. Ils rejettent facilement de souche, fructifient régulièrement ; la maturité des graines se produit en septembreoctobre ; le semis peut être fait à l'automne ou au printemps suivant,

Érable sycomore, dit faux platane ou grand érable de montagne (Acer pseudo-platanus, Lin.). — 1: Grand arbre disséminé, principalement dans bois montagneux ; sols fertiles, riches en principes nutritifs minéraux. — 2: Écorce d’abord lisse et gris jaunâtre qui s’exfolie ensuite par de larges plaques comme celle du platane ; bourgeons latéraux gros, verdâtres, non appliqués contre les rameaux ; feuilles grandes à 5 lobes ovales à peine acuminés séparés par des sinus profonds et aigus (la base du pétiole de la feuille détachée au printemps laisse suinter un suc aqueux) ; fleurs et fruits groupés en belles grappes pendantes caractéristiques ; doubles samares bossues (à coque ou à graine renflée comme un petit pois) à ailes rétré-

cies à la base, et rapprochées en accent circonflexe. — 8 : Pivotant et traçant. — 4: Assez robuste, essence de lumière, couvert épais. — 5: Fructification annuelle abondante à partir

de vingt à trente ans; rejette facilement de souche. — 6 : Grande longévité; taillis simple et taillis-sous-futaie (disséminé). — 7 : Menuiserie, ébénisterie, tour, pièces de machines, instruments de musique, sabots ; chauffage et charbon estimés.

Érable plane (A. platanoides, Lin.) — 1: Grand arbre disséminé, s’élève en montagne moins haut que le sycomore ; — moins exigeant que le sycomore. — 2: Bourgeons latéraux gros, vert rougeâtre, exactement appliqués contre les rameaux ; feuilles de consistance herbacée à lobes et dents acuminés

trèsTaigus séparés par des sinus ouverts, peu profonds, très arrondis (la base du pétiole de la feuille laisse suinter un suc laiteux) ; fleurs groupées en corymbe dressé (portées dans un même plan) ; doubles samares planes à la base (à graine non renflée), à'aile non rapprochées (presque dans le prolongement lune de l’autre) et non rétrécies à la base. — 8 à 6: Gomme pour le sycomore, mais n’a pas une croissance aussi active et aussi

soutenue. — 7: moins estimé comme bois de travail que le sycomore, mais plutôt supérieur comme combustible.

Érable champêtre (A. campestris, Lin.). — 1 : Petit arbre disséminé dans taillis de plaines et de collines; — Sols fertiles de préférence calcaires. — 2: Bourgeons petits, brunâtres ; jeunes rameaux parfois couverts d’un liège cassant développé en côtes saillantes ; feuilles un peu semblables à celles du sycomore, mais beaucoup plus petites; doubles samares petites, à graine très nettement velue, à ailes dans le prolongement l’une de l’autre ou divergentes, non rétrécies à la base. — 3: Pivotant et traçant. — 4: Essence de lumière. — 5: Repousse bien de souche et de racines. — 7: Tenace ; petite industrie (manches de fouets, outils, instruments aratoires et de musique, tour), menuiserie, crosses de fusil... ; très bon combustible.

Érable à feuille d'Obier (A. opulifolium, Vill). — 1: Petit arbre disséminé dans les forêts montagneuses du sud et du sud-est de la France ; se contente de sols plus maigres que le sycomore. — 2 : Feuilles grandes à limbe découpé en sinus et lobes très peu prononcés. — 8 à 6: Comme pour le sycomore. — 7: Bois de couleur rosée, plus dense et plus satiné que le sycomore, recherché pour le tour, la menuiserie et le charronnage ; bon chauffage.

Érable de Montpellier (A. monspessulanum, Lin.) — 1: Petit arbre disséminé, coteaux secs et pierreux”du midi de la France, s’accommode des terrains les plus arides, surtout calcaires. — 2: Feuilles petites, à pétiole grêle, coriaces, d’un vert luisant en dessus, à limbe divisé en 3 lobes égaux séparés par des sinus ouverts presque à angle droit. — 8: Pivotant et traçant. — 4: Robuste, essence de lumière. —"5: Fructification régulière, abondante; repousse de souche. — 6 : Petites dimensions, accroissement lent ; précieux sur sols les plus secs où il croît jusque dans les fissures des rochers. — 7: Bois de couleur rougeâtre, très apprécié pour menuiserie et tour ; excellent combustible. |

Épicéa commun (Picea excelsa, Link.). — 1: Grand arbre résineux qui ne se rencontre à l’état spontané que dans la région montagneuse où il occupe une zone supérieure à celle

du sapin, mais beaucoup plus restreinte ; forme sur la frontière orientale et du nord au sud, une longue bande qui couvre les hautes Vosges centrales (500 à 1250 m.), les plateaux et les crêtes élevées du Jura (700 à 1 550 m.), les régions moyennes des Alpes (900 à 2 400 m.) ; disséminé, rare ou très rare dans le plateau central (Cantal, Haute-Loire, Aveyron, Hérault) et dans les Pyrénées (Pyrénées orientales et Ariège) où il a été introduit par la culture ; manque en Corse. En mélange avec le sapin, dans la zone moyenne de ce dernier, il devient plus abondant à mesure que s’accroît l’altitude et finit au-dessus de cette zone par former des peuplements purs. Contrairement au sapin, l’épicéa devient buissonnant aux altitudes supérieurs à sa Zone normale de végétation et disparaît graduellement. Il est introduit artificiellement à des altitudes inférieures, mais son bois perd de ses qualités. — Comme sol il est indifférent à la nature minéralogique du terrain ; il croît aussi bien sur les grès et les granites des Vosges que sur les calcaires du Jura et des Alpes ; il demande des sols frais et humides ; ce qu’il lui faut surtout c’est une atmosphère humide, des pluies fréquentes, de fortes rosées et une grande fraîcheur à la surface du sol. — 2: Arbre à fût droit, à écorce devenant rapidement écailleuse (écailles petites qui se détachent facilement), à tronc brun rougeâtre, à branches verticillées, grêles, dressées au début puis plus ou moins arquées ; à rameaux et ramules fins, plus ou moins pendants à droite et à gauche des branches, à ramules dont l'écorce est rugueuse, comme striée, Aiguilles persistantes isolées, étalées tout autour du rameau ; non planes (à section quadrangulaire), d’un vert foncé sur toutes les faces, pointues et piquantes. Cônes allongés, pendants, à écailles minces, ne se désarticulant pas à maturité. — 3: Faible et traçant. — 4: Assez robuste, toutefois le jeune plant a besoin d’abri dans son extrême jeunesse car ilcraint beaucoup la sécheresse ; essence de lumière, mais qui toutefois est susceptible de former des massifs très serrés; couvert épais; lépicéa a la faculté de développer en dehors de ses bourgeons normaux, d’autres bourgeons de nature axillaire disposés sans ordre, dont la présence masque la régularité de la ramification et accentue beaucoup l'intensité du couvert ;

cette faculté rend lépicéa propre à la taille (haies). — 5: Fructifie vers cinquante ans, mais moins régulièrement que le sapin pectiné ; les cônes mürissent en septembre, les écailles s’ouvrent en octobre et novembre, et les graines se disséminent ; on récolte les cônes à la main aussitôt après la maturité ; on les place en couches minces (0m,20 d’épaisseur) sur un plancher et on les remue de temps à autre ; les cônes s'ouvrent et les graines s’en échappent jusqu’au printemps. La conservation des graines est facile, en tas qu’on remue de temps en temps pour éviter l’échauffement. On sème au printemps suivant. — 6: L’épicéa ne peut se traiter qu’en futaie ; il aime à être en massif serré et se conduit bien en peuplements de même âge ; il donne de très bons mélanges, notamment avec le sapin et le hêtre ; il se montre envahissant dans les pâturages et les coupes de taillis voisins où les graines sont transportées par le vent. C’est une des essences les plus précieuses que nous possédions pour effectuer des travaux de repeuplement et de reboisement, en raison de la facilité avec laquelle il s'élève en pépinière et de la sûreté de sa reprise sur un sol découvert. — 7: Bois résineux : construction, travail, fente, planches, mâture, boissellerie, bardeaux, bois de résonance (hautes altitudes), allumettes, pâte à papier... ; combustible de qualité moyenne ; résmage assez productif, préjudiciable à l'arbre, peu pratiqué.

Frêne commun (Fraxinus excelsior, Lin.). — 1: Grand arbre des plaines, collines et montagnes peu élevées où il croît à l’état disséminé dans les bois et les haïes de préférence sur les sols frais, fertiles et meubles. — 2 : Feuilles, bourgeons et rameaux opposés ; écorce d’abord lisse et gris verdâtre, qui devient avec l’âge épaisse et rugueuse, semblable à celle du chêne ; bourgeons noirs caractéristiques ; feuilles composées terminées par une foliole impaire ; samares allongées, caractéristiques, groupées en inflorescences qui persistent sur arbre une partie de l'hiver. — 8: Pivotant et traçant. — 4: Supporte assez bien’ la lumière ; couvert peu épais. — 5: Fructification annuelle régulière, au moins dans les pays de plaines et de collines ; les semences, müûüres en octobre, se disséminent en hiver ou au printemps; si on les récolte en automne et sion

les sème immédiatement, une partie germe au premier printemps et le reste ne germe qu’au deuxième printemps; le mieux est de les stratifier dans du sable et de les semer au deuxième printemps après la récolte ; on a alors une levée complète et rapide. Rejette bien de souche, drageonne quelquefois. — 6: croissance active et soutenue; taillis et taillissous-futaie (bonne réserve). — 7: Service et industrie : carrosserie, rames, avirons, cercles de tonneaux, merrain, menuiserie, ébénisterie, construction... bon combustible, bon charbon ; feuille peut servir de fourrage.

Genévrier commun (Juniperus communis, Lin.). — 1: Buisson ou petit arbre résineux à croissance lente susceptible de croître dans toute la France sur les sols les plus pauvres, sablonneux, pierreux et rocheux, siliceux, mais surtout calcaires. — 2 : Aiguilles courtes, pointues, verticillées par trois ; fruit en petite baie noire bleuâtre à maturité. — 3: Faïble., — 4: Rustique. — 6: Essence utile qui envahit les friches et terres. incultes (surtout calcaires) où elle sert, avec les coudriers et autres morts-bois, d’excellent abri pour favoriser l'introduction d’essences plus précieuses. — 7: Dur, tenace, compact: échalas ; bon chauffage ; fruits donnent liqueur alcoolique.

Hippophae (H. rhamnoides, Lin.). — 1: Arbrisseau rameux. épineux qu’on trouve dans le midi et l’ouest ; bord des eaux ; sables frais. — 8: Traçant. — 4: Essence de lumière. — 5: Semis, rejets, drageons. — 6: Précieux à cause de sa puissance drageonnante pour fixer les atterrissements des cours d’eau, les déjections et les berges mobiles des torrents.

Hêtre commun (Fagus sylvatica, Lin.). — 1: Le hêtre est un grand arbre de nos forêts qu’on rencontre dans toute . la France sauf dans les hautes régions des Alpes, sur le littoral méditerranéen de Nice à Perpignan, et sur celui de Océan Atlantique de Bayonne aux Sables-d'Olonne ; il fait également défaut sur la pointe méridionale de la Corse ; sur la vaste étendue qu’il occupe le hêtre est dominant dans les régions de collines et dans les régions montagneuses de moyenne élévation, telles que les Vosges, les collines jurassiques de Lorraine et de Franche-Comté, les collines de l'Oise et du Bocage, le Jura, une grande partie du plateau central, des Alpes, des Pyré-

nées ; il est subordonné, rare et très rare dans les grandes plaines de la Flandre, de la Champagne, de la Brie, de la Beauce, dans la Bresse et le long de la vallée du Rhône ; il descend au niveau de la mer dans le nord, à 350 mètres dans les Alpes, à 70 mètres dans les Pyrénées, à 700 mètres seulement en Corse ; les altitudes supérieures auxquelles il s’élève sont : 1250 mètres dans les Vosges ; 1 540 mètres dans le Plateau central ; 1 550 mètres dans le Jura, 2 000 mètres dans les Alpes, 2 100 dans les Pyrénées et 1 800 en Corse. Indifférent à la composition minérale du sol, le hêtre se contente de toute espèce de terrain pourvu que ce terrain soit divisé; il n’exige qu’une profondeur médiocre, à la condition toutefois que épaisse couche de feuilles mortes qu’il produit chaque année soit respectée ; il prospère sur les terrains profonds et frais. — 2: Tronc à écorce lisse, gris clair, à section toujours régulièrement circulaire ; bourgeons brun clair très allongés, fusiformes, distiques ; feuilles entières minces et coriaces, ciliées sur les bords, à limbe absolument plan, d’un vert brillant en dessus ; fruits ligneux presque épineux qui s’ouvrent à la maturité en 4 valves et renferment 1 à 2 semences (faînes) assez grosses, brunes, luisantes, à 3 faces. — 8: Surtout traçant peu profond. — 4: Délicat, essence d’ombre, couvert très épais. — 5: Fructifie entre soixante et quatre-vingts ans en massif, entre quarante et cinquante ans à l’état isolé ; les faînées sont abondantes tous les cinq à six ans, parfois beaucoup plus rares ; la faîne se conserve difficilement jusqu’au printemps suivant et on préfère la semer de suite, sinon on la conserve en silos ow stratifiée dans du sable; rejette mal de souche, sauf dans certaines régions (Pyrénées). — 6: Pousse lentement pendant les six à dix premières années, puis sa végétation s'accélère et devient rapide jusqu’à l’âge de cent vingt ans environ; il peut vivre jusqu’à deux cents et deux cent cinquante ans, exceptionnellement trois cents ans. Essence sociale ; le hêtre ne forme pas de beaux taillis ; en taillis sous-futaie, spécialerent en sol calcaire, il donne de belles réserves utiles ; l'état de futaie est celui qui lui convient le mieux; en futaie il se régénère très bien et peut constituer des peuplements purs. En mélange, il est souvent envahissant ; avec le chêne et le

sapin il donne de belles futaies. — 7: Charronnage, boissellerie, menuiserie, saboterie, tournerie (articles de Paris), socles de charrue, pièces de machine, traverses de chemin de fer (injecté à la créosote}...; excellent combustible, bon charbon; la faîne donne une huile alimentaire d’un goût très fin.

If commun (Taxus baccata, Lin.). — 1: Buisson ou petit arbre résineux de croissance très lente, disséminé en France dans les bois montagneux, sur sols calcaires et les éboulis de

rochers. — 2: Aiguilles persistantes aplaties et pointues ; rameaux non verticillés, graine ovoïde entourée dans une enveloppe charnue, rouge à maturité. — 4: Supporte assez

bien la lumière, couvert très épais. — 5: Fructification annuelle, régulière ; peut rejeter de souche. — 6: Croissance très lente, très grande longévité ; aucune importance forestière. — 7: Très recherché par les tourneurs, sculpteurs, fabricants d’instruments et de jouets; les jeunes pousses renferment un principe narcotique très actif.

Mélèze d'Europe (Larix europæa, D. C.). — 1: Arbre résineux de premier ordre par ses dimensions et ses qualités qui n'apparaît à l’état spontané que dans les régions élevées des Alpes, où il forme de très belles futaies pures ou en mélange. Introduit en tous lieux par la culture (800 à 2 500 m.), du département du Nord aux Pyrénées, des Vosges et du Jura à la pointe du Finistère, sans présenter sous cette forme une importance forestière réelle ; semble ne manifester aucune préférence pour la nature minéralogique du sol, mais pour atteindre ses dimensions normales il demande des terrains meubles, légers, profonds ; les sols argileux compacts lui sont contraires ; il recherche les stations abritées contre les vents âpres et secs des hautes régions et préfère d’autre part les expositions froides (expositions nord et est). — 2: Arbre à fût droit, à écorce rapidement épaisse et gerçurée profondément ; à branches généralement irrégulières, étalées, grêles ; à rameaux gris jaunâtre lisses, longs, minces, pendants, garnis de rameaux courts tuberculeux qui en été portent les feuilles; aiguilles caduques, de consistance herbacée, vert clair, groupées en faisceaux sur les rameaux courts ; cônes petits, gris brunâtre, à écailles minces ne se désarti-

A. FRON. — Syloiculture. x

culant pas à maturité, persistant plusieurs années sur les rameaux. — 8: Pivotant et traçant. — 4: Robuste ; le jeune plant est susceptible de résister aux froids comme aux ardeurs du soleil, mais dans les climats doux on fera bien de l’ombrager ; essence de lumière, couvert léger. — 5 : Fructification précoce mais régulière seulement à l’âge moyen ; les cônes sont murs à l’automne et les graines s> disséminent naturellement en hiver et au printemps ; la récolte des graines peut s’effectuer sur la neige glacée après gaulage des arbres, ou en cueillant à la main les cônes qu’on fait ouvrir à la chaleur ou qu’on broie. Le mélèze est difficile à élever en pépinière pendant les premières semaines qui suivent la germination ; la petite tige est délicate, et un coup de soleil peut la détruire ; on doit prendre beaucoup de soins pour l’abriter, sauf à la découvrir ensuite car le mélèze est une essence à laquelle ïl faut beaucoup de découvert ; c’est dans sa station une bonne essence de premier boisement. — 6: Dans les Alpes il croît très lentement et peut vivre trois à quatre siècles ; introduit à des altitudes plus basses il a une végétation remarquablement prompte, mais ses dimensions, sa longévité diminuent, et son bois devient de qualité très inférieure. — Le mélèze est traité en futaie claire, soit seul, soit associé au sapin, à l’épicéa ou au pin cembro ; il convient bien pour les pâturages boisés (présbois des Alpes). — 7: Construction, mâture, bordeaux, merrains, tonneaux, échalas, tuyaux de conduite, etc. ; combustible de moyenne qualité, bon charbon.

Micocoulier (Celtis australis, Lin.). — 1 : Arbre de la région méditerranéenne souvent cultivé en taillis dans le midi en raison des usages spéciaux de son bois (petit bois d’industrie) ; tous terrains, ni trop légers, ni trop humides. — 3: Puissant, pivotant et traçant. — 4: Essence de lumière à couvert léger. — 5: Fructification annuelle abondante ; rejette, drageonne. — 6 : Taillis simple dans la région du midi (Provence). — 7 : Avirons, chevilles, cercles, échalas, gaules, cannes, manches de fouets, d’outils ; très bon combustible, charbon estimé.

Orme. — Les O’mes sont des arbres à branches étalées, à rameaux allongés et grêles, à bourgeons petits (bourgeons et rameaux distiques), à feuilles généralement rudes au tou-

cher, inéquilatérales à la base, à fleurs petites paraissant avant les feuilles, à fruits en samares planes, orbiculaires à aile foliacée caractéristique. — Les ormes fructifient de bonne heure et abondamment ; les samares sont mûres au mois de juin ; le vent les dissémine en quelques jours et elles germent aussitôt ; aussi doit-on les semer immédiatement après la récolte.

Orme champêtre (Ulmus campestris, Smith). — 1: Grand arbre disséminé un peu partout, surtout dans les stations basses ; sols ni trop argileux, ni trop marécageux, ni arides. — 92: Ramification serrée avec nombreux rameaux grêles, régulièrement distiques ; écorce des jeunes rameaux dont le liège est souvent développé.en côtes saillantes et cassantes (O. subéreux) ; feuilles du genre, relativement petites ; samare dont laile obovale de consistance membraneuse est fortement échancrée au sommet et renferme une graine placée au-dessus du milieu de la samare et touchant à l’échancrure.—3 : Pivotant et surtout traçant. — 4: Essence de lumière, couvert assez épais. — 5: Rejette et drageonne. — 6 : Grande longévité, essence disséminée ; taillis simple et taillis-sous-futaie. — 7: Charronnage (moyeux), construction (affûts de canon), ébénisterie (broussins très recherchés) ; excellent combustible : l'écorce fournit des nattes et des cordages ; les feuilles donnent un bon fourrage.

Orme de montagne (Ulmus montana, Smith). — 1: Arbre venant partout, mais surtout disséminé parmi les chênes, les hêtres et même les sapins dans les forêts de coteaux ou de montagnes sur des sols variables, de préférence légers et frais ; croit même assez bien sur sols secs du calcaire jurassique et jusque dans les crevasses des rochers.— 2 : Ramification moins dense que celle du champêtre et rameaux plus robustes ; feuilles relativement grandes, très rudes au toucher, nettement inéquilatérales à la base ; samare plus grande que celle du champêtre, à aile ovale, de consistance semi-herbacée, renfermant une graine au centre de la samare, ne touchant pas l’échancrure. — 7: Mêmes usages que celui de l’orme champêtre, mais de moins bonne qualité ; charbon léger.

Orme diffus (Ulmus effusa, Wild). — 1 : Arbre disséminé

dans les plaines et grandes vallées, spécialement dans l’est ; sols frais et même humides. — 2: Cime irrégulière, diffuse, tige relevée au pied de côtes saillantes, feuilles molles finement pubescentes, samare petite, longuement pédicellée, dont l’aile est garnie sur les bords de poils denses. — 3: Pivotant et traçant. — 5: Rejette et drageonne abondamment. — 7: Rangé dans la catégorie des bois mous (orme blanc), n’est apprécié ni comme bois d'œuvre ni comme combustible.

Peuplier tremble (Populus tremula, Lin.) — 1: Arbre disséminé dans les bois des plaines et montagnes des régions tempérées en sol frais ou humide pas trop compact (rarement en sol calcaire). — 2: Tronc longtemps lisse, gris verdâtre clair souvent ponctué de lenticelles (taches noirâtres) qui devient plus tard, surtout dans sa partie bass? noirâtre, crevassé, à gerçures profondes ; bourgeons aigus, bruns, visqueux ; feuilles à pétiole long, grêle, aplati et presque toujours en mouvement ; feuilles des rejets ou drageons plus grandes, grises veloutées en dessous. — 8 : Superficiel. — 4 : Essence de pleine lumière, couvert très léger. — 5 : rejette mal, drageonne abondamment, se bouture moins facilement que les autres peupliers. — 6 : Dépasse rarement soixante-dix à quatrevingts ans ; taillis et taillis-sous-futaie ordinairement à l’état disséminé.— 7 : Allumettes, pâte à papier, planches, voliges.… ; écorce renferme du tanin.

Le peuplier blanc, caractérisé par ses feuilles blanches argentées en dessous, le peuplier noir à cime très ample et inégale, le peuplier pyramidal ou peuplier d'Italie à ramification dressée le long du tronc, à cime resserrée et allongée en hauteur, croissent dans les terres fraîches, humides, et le long des cours d’eau ; ils rejettent et drageonnent abondamment et se bouturent facilement. Le peuplier du Canada originaire de l'Amérique du Nord, très estimé pour les plantations sur le bord des routes et dans les prés, drageonne moins, mais se bouture avec une grande facilité.

Pin.— Les pins sont des arbres résineux caractérisés par leurs feuilles persistantes en aiguilles réunies à leur base par deux, par trois ou par cinq dans une gaine écailleuse ; par leurs cônes à écailles persistantes, généralement épaisses, ligneuses, pré-

sentant à leur extrémité un écusson saillant ; par leur ramification verticillée toujours nette dans le jeune âge (on peut déterminer l’âge d’un jeune pin en comptant sur l’axe principal, à partir du sol, le nombre de verticilles successifs) ; tous nos pins indigènes sont à deux feuilles (deux aiguilles dans la gaine écailleuse), sauf le pin cembro qui est à cinq feuilles.

Pin sylvestre (Pinus syleestris, Lin.}. — 1 : Régions montagneuses, mais très introduit en plaine pour le boisement, sauf au sud-ouest dans la région du pin maritime et sur le littoral de la Méditerranée dans la région du pin d’Alep; s'élève à 1 100 mètres dans les Vosges, 1 550 mètres dans le Plateau central, 1 700 mètres dans les Alpes, 2 000 mètres dans les Pyrénées; préfère les sols profonds, légers et frais, mais vient un peu partout ; sans refuser de croître sur les sols calcaires, il préfère de beaucoup ceux qui ne le sont pas. — 2: Pin à fût en général tortueux, présentant à partir d’une certaine hauteur sur le tronc ainsi que les rameaux (spécialement chez les arbres vigoureux) une coloration brun rougeâtre caractéristique ; aiguilles assez courtes, de couleur vert clair non brillant ; cônes assez petits, gris mats. — 8 : Généralement pivotant et développé. — 4 : Très robuste, essence de lumière, couvert assez léger, puis léger avec l’âge. — 5 : Fructification précoce surtout à l’état isolé et abondante tous les trois à cinq ans; la récolte des cônes se fait en décembre, janvier, avant la dissémination des graines; on les fait s’ouvrir à la chaleur (au soleil ou à l’étuve) et on brosse les cônes pour faire tomber les graines ; la graine est facile à conserver jusqu’au printemps qui suit la récolte ; les jeunes plants sont faciles à élever en pépinière, très robustes, mais il faut protéger les semis contre les oiseaux pendant la germination. — 6: Croissance rapide dès la deuxième ou troisième année, qui varie beaucoup avec conditions de sol, de climat et d’altitude ; peut vivre deux à trois siècles dans sa station, beaucoup moins en plaine, — En montagne et dans ses limites naturelles, il est traité seul ou mélangé en futaie aux révolutions de cent cinquante à deux cents ans; en plaine et hors de sa station naturelle, il constitue des plantations qu’on exploite vers trente-cinq à soixante ans et qu’on

régénère artificiellement, — Le pin sylvestre est l'essence la plus employée pour effectuer en terrain un premier boisement (généralement par plantation). — 7 : Mâtures, construction, madriers, planches, poteaux télégraphiques, étais de mines ; combustible moyen (boulangers, région de Paris) ; bon charbon ; résine peu exploitée, les souches et les racines donnent du goudron.

Pin sylvestre de Riga (Pinus sylvestris Rigensis, Hort). — De tous les pins sylvestres le pin de Riga est celui qui mérite incontestablement la préférence à cause de sa beauté : sa tige, parfaitement verticale, s'élève à une grande hauteur en conservant toujours une forme presque cylindrique. — 11 serait à désirer que la graine de ÆRiga se substituât partout pour les repeuplements, surtout en montagne, aux graines de pin sylvestre qui proviennent d'arbres de toutes sortes dont la forme est plus ou moins défectueuse.

Les repeuplements en Pin de Riga doivent se faire par plantations, à cause de la cherté de la graine ; cette graine germe bien en pépinière et donne des plants très vigoureux qui se repiquent avec facilité et dont la transplantation présente de grandes chances de succès.

Pin de montagne (Pinus montana, Mill). — 1: Arbre ou arbuste des hautes régions montagneuses ; tous les sols, de préférence légers et frais et même sols tourbeux (pin à crochets). — 83: Surtout traçant. — 4: Essence de lumière, résiste au couvert. — 5: Fructification très précoce, vers dix ans, abondante, continue. — 6: Croissance lente, grande longévité; forme à elle seule dans les hautes régions des Alpes et des Pyrénées (jusqu’à 2500 mètres) des forêts étendues. Elle peut être utilement employée dans les reboisements aux grandes altitudes pour relever le niveau de la végétation forestière, créer des rideaux d’abri, etc. — 7: Construction, ustensiles de ménage ; chauffage estimé.

Pin noir d'Autriche (Pinus Laricio austriaca, Endl.). — 1 : Originaire des montagnes de la basse Autriche, le pin noir a été introduit en France un peu partout par le boisement, car il est peu exigeant et se contente des sols les plus secs, surtout calcaires. — 2 : Arbre élevé, trapu, à fût relativement

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court, à écorce écailleuse uniformément gris argenté ; aiguilles serrées, assez longues, droites, rigides, d’un vert foncé ; cônes assez gros, jaune clair, luisants. — 3: Traçant mais puissant. — 4: Essence de lumière, supporte le couvert ; couvert épais. — 5: Fructification vers trente ans, abondante tous les deuxtrois ans ; semis en pépinière faciles à obtenir, jeunes plants robustes. — 6: Plantations qu’on régénère artificiellement comme celles du pin sylvestre, spécialement sur sols calcaires secs (Champagne pouilleuse) où il est très utile. — 7: Menue charpente, travail; chauffage et charbon assez bons ; térébenthine exploitée en Autriche, analogue à celle du pin maritime mais moins abondante.

Pin Laricio de Corse (P. L. Corsica, Hort.). — 1: Régions montagneuses de la Corse, sables granitiques, gras, moyennement frais. — 2: Arbre plus élevé que le précédent, à fût très droit, à branches et à feuillage plus grêle. — 3: Faible, d’abord pivotant, puis traçant. — 4: Essence de lumière, couvert léger (moins léger que celui du pin sylvestre). — 5: Fructification assez précoce mais irrégulière. — 6: Belles futaies en Corse ; introduit hors de sa station il redoute les orands froids; apprécié pour boisements en certains sols siliceux légers. — 7 : Construction, travail, madriers, planches; bon chauffage; le résinage, peu productif, semble préjudiciable à larbre (fig. 7).

Pin Laricio de Calabre (P. L. Calabrica, Delam.). — 1: Originaire des montagnes de la Calabre; terrains siliceux un peu frais. —2 : Arbre très élevé, à tige très droite, très soutenue. — 6 : Introduit un peu partout en France pour le boisement ; espèce rustique intéressante à propager parfois en lieu et place du pin sylvestre. — 7 : Bois, mêmes usages que le pin sylvestre auquel il serait plutôt supérieur.

Pin d'Alep (Pinus Halepensis, Mill). — 1: Plaines et collines calcaires de la région méditerranéenne, s’élève du littoral jusqu’à 1 000 mètres environ ; sols légers, surtout calcaires. — 2 : Taille faible ou moyenne, cime arrondie souvent écrasée au sommet, aiguilles longues, très étroites, molles, d’un vert clair, souvent groupées en pinceaux à l’extrémité des rameaux. — 3: Développé, en général pivotant, parfois

superficiel. — 4: Très robuste ; essence de lumière, couvert léger : — 5: Fructification précoce, régulière, abondante. — 6: Sobre, rustique, très robuste, est très précieux dans sa station pour boisement des versants arides, pi?rreux, rocheux et presque dépourvus de terre végétale des calcaires jurassiques ou crétacés, à toutes expositions, même en plein midi. — 7: Menues charpentes, pilotis, traverses, menuiserie commune, caisses, tonneaux, etc.; combustible recherché dans les usines ; moins résineux que le pin maritime.

Pin maritime (Pinus pinaster, Soland). — 1: Espèce essentiellement littorale à l’état spontané, abondamment répandue dans la région sablonneuse qui borde le golfe de Gascogne (dunes et landes) de Bayonne à La Rochelle ; se retrouvant sur les versants méditerranéens des Pyrénées, puis dans la région granitique et porphyrique des Maures et de l’Esterel ; enfin dans la Corse ; propagée abusivement par semis bien au delà de son aire, jusque dans le centre, et même jusqu’au Nord où il redoute la gelée et les grands froids. Essence calcifuge, très caractéristique des sols exempts de calcaire tels que les sols granitiques, porphyriques, schisteux, sablonneux ; vient de préférence sur les sols meubles, profonds et frais. — 2: Écorce épaisse, foncée, largement écailleuse, profondément gerçurée ; aiguilles longues, épaisses, charnues, d’un vert franc sur les deux faces, luisantes, souvent contournées sur elles-mêmes ; cônes gros, allongés et aigus, d’un roux vif et luisant. — 3: Pivotant et traçcant. — 4: Essence de lumière, couvert faible. — 5: Fructification très précoce, vers quinze ans, abondante et presque continue à lâge moyen ; dissémination en hiver et au printemps ; semis très facile à réussir. — 5: Végétation très prompte, longtemps soutenue : futaies gemmées sur le littoral du golfe de Gascogne ; ne produisant plus suffisamment de gemme au nord de la Gironde et sur le littoral de la Méditerranée pour être résiné ; excellente essence de boisement direct par semis pour toute la région du sud-ouest sur les sols sableux (dunes et landes).

Pin cembro (Pinus cembra, Lin.). — 1: Arbre de végétation extrêmement lente, ordinairement disséminé dans les régions les plus élevées des Alpes, de préférence sur les sols

frais, profonds et humides. — 2: Aiguilles réunies par cinq dans une gaine écailleuse, cônes moyens, d’un brun violacé à écailles peu ligneuses ; graines grosses, comestibles. — 83: Développé, d’abord pivotant puis traçant. — 4: Robuste, essence de lumière, couvert assez épais. — 5: À partir de cinquante ans, abondante tous les quatre à cinq ans. — 7: Peu propice aux constructions; menuiserie, sculpture, jouets, bardeaux.. ; combustible médiocre ; amende du fruit comestible, donne huile assez agréable.

Pin Weymouth (Pinus strobus, Lin.). — 1: Originaire de l’est de l'Amérique du Nord, cet arbre a. en France, une croissance très rapide dans les plaines et régions peu élevées à sol profond, frais ou légèrement humide. — 2: Feuilles longues, très grêles, réunies par cinq dans une gaïne écailleuse, rudes au toucher quand on les passe à rebours entre les doigts. — 8: Très puissant, pivotant et traçant. — 4: Très rustique, essence de lumière, couvert assez complet. — 5: Fructification précoce, régulière, abondante tous les deux ou trois ans. — 6: Croissance active, soutenue ; belles plantations dans les stations qui lui conviennent. — 7: Bois de qualité variable: menuiserie commune, caisses, pâte à papier; combustible médiocre.

Prunier épineux ou épine noire ou prunellier (Prunus spinosa Lin.). — 1: Arbrisseau commun dans les haies et les bois (lisières) sur tous les sols, même les plus secs. — 3: Traçant. — 5: Fructifie abondamment en septembre, octobre et donne un fruit bleu noirâtre charnu (la prunelle), dont le noyau doit être semé au printemps.

Le PRUNIER DE Briançon dont le fruit est jaune, charnu et sans saveur, se rencontre dans les vallées des Alpes jusqu’à 1 500 mètres d’altitude ; il est peu difficile au point de vue du sol et pousse sur les coteaux pierreux.

Robinier faux Acacia (Robinia pseudo-acacia, Lin.). — 1: Arbre de Amérique du Nord introduit en France en plaine, coteau et basse montagne de préférence sur sols légers un peu frais: rustique et vient un peu sur tous les sols. — 2: Tronc à écorce épaisse profondément gerçcurée ; bourgeons très petits, complètement enfermés entre deux fortes épines ligneuses ;

LES ESSENNES FORESTIÈRES. 71

feuilles composées de folioles à consistance herbacée ; fleurs blanches odorantes, groupées en belles grappes pendantes ;

fruits en gousses brunes moyennes, assez longues. — 3: D’abord pivotant, ensuite traçant. — 4 : Très rustique, essence de lumière, couvert léger. — 5: Il fructifie abondamment en

automne ; sa graine, facile à conserver, est semée au printemps et germe au bout de dix à quinze jours ; il rejette et drageonne abondamment. — 6: Taillis et taillis-sous-futaie ; planté en bon sol il devient un très bel arbre et donne de belles plantations claires ; ses branches sont facilement cassées par le vent ; précieux pour fixer les terres meubles en pente à cause de son enracinement solide et étendu, de ses rejets et surtout de ses drageons. — 7: Bois jaunâtre, lourd, dur, élastique, durable, excellent pour rais de voiture, échalas, tuteurs, cercles, chevilles, parquets, meubles, ouvrages de tour... ; bon combustible, charbon médiocre ; ses feuilles peuvent servir de fourrage.

Sapin pectiné (Abies pectinata, D. C.). — 1: Grand arbre résineux n’occupant à l’état spontané que les régions véritablement montagneuses : Vosges, Jura, Plateau central, Alpes, Pyrénées et Corse. Il caractérise une région bien définie, comprise entre celle de la vigne et du chêne d’une part et celle de lépicéa d’autre part; une atmosphère humide (moins humide que pour l’épicéa) lui convient bien. En France, il ne se rencontre qu’à l’est et au sud d’une ligne brisée qui, partant d’Épinal, passe successivement à Bourg, Clermont, Aurillac, Carcassonne et aboutit en suivant les Pyrénées à Bayonne ; à l’ouest de sa limite occidentale on le trouve par taches isolées, notamment aux environs de Bagnoles, dans l'Orne. On le trouve aux altitudes suivantes : 200 à 1 200 mètres dans les Vosges ; 400 à 1 400 mètres dans le Jura ; 500 à 11500 mètres dans le Plateau central ; 600 à 2 000 mètres dans les Alpes ; 700 à 2 100 mètres dans les Pyrénées, 800 à 2 100 mètres en Corse. Indifférent à la composition}minéralogique du sol, il aime les terrains profonds, frais, divisés, fertiles ; toutefois il prospère sur les plateaux calcaires du Jura où les racines pénètrent jusque dans les moindres fissures des rochers ; il craint les sols marécageux, les sables maigres. —

2 : Arbre résineux à fût droit, à écorce blanchâtre, restant longtemps lisse, à branches verticillées sur l'axe principal et à rameaux et ramules étalés dans un seul plan sur les branches, les ramules à écorce toujours lisse, non striée ; aiguilles persistantes, isolées, planes, non pointues au sommet, étalées dans un seul plan à droite et à gauche des rameaux (pectinées), d’un vert foncé luisant au-dessus, munies en dessous de deux raies blanches (stomates) ; cônes dressés, à écailles minces, se désarticulant sur l’arbre à l'automne. — 3: Profond et puissant. — 4: Délicat, essence d'ombre, couvert épais. — 5: Fructification assez régulière et assez abondante à partir de soixante à soixante-dix ans; les cônes mûrissent et se désarticulent sur l'arbre en septembre-octobre; on les récolte à la main avant désarticulation ; on les place par couches minces sur un plancher, on les remue à la pelle et ils se désarticulent ; on ne doit pas séparer les graines des écailles, afin qu’elles fermentent moins facilement ; la conservation des graines de sapin est difficile, et on sème de préférence à l’automne, sinon on les stratifie dans du sable. Le sapin est une essence délicate surtout dans les premières années et le jeune plant a besoin d’abri ; en aucun cas on ne doit employer cette essence pour un premier boisement en terrain nu. — 6: Pousse très lentement jusqu’à dix et quinze ans; entre sept à dix ans il forme des verticilles réguliers, puis sa végétation devient plus rapide ; il vit deux cents à trois cents ans, parfois davantage. Futaies pures et mélangées ; c’est essentiellement l’arbre des peuplements d’âges multiples et du jardinage. En dehors de ses stations naturelles, il ne donne rien de bon.— 7: Bois dépourvu de résine ; charpente, planches, madriers, poutres, bardeaux, menuiserie, ébénisterie, tuyaux... médiocre combustible, renferme ampoules résinifères dans écorce, résinage peu productif.

Saule. — Les saules sont des arbrisseaux ou petits arbres précieux, pour boiser les terres submergées pendant l’hiver ; on les rencontre de préférence sur le bord des fleuves et rivières et dans les terrains humides; — on les reconnaît généralement à leurs rameaux lisses et flexibles (osiers), à leurs bourgeons recouverts d’une seule écaille qui les entoure complè-

tement ; à leurs feuilles le plus souvent à limbe allongé et peu large, à leurs fleurs en chatons soyeux dont la floraison est précoce. Ils rejettent abondamment de souche, drageonnent et se propagent ordinairement assez facilement par boutures et plançons. Un grand nombre d’espèces, variables suivant les régions et les altitudes, sont utilisées dans les terrains humides pour la consolidation des sols en pente et le boisement des berges ou atterrissements des cours d’eau.

Saule Marceau (Salix caprea, Lin.). — Le plus répandu en forêt ; petit arbre très commun sur tous les sols, sauf dans le midi et dans l’ouest ; il appartient au groupe peu nombreux des saules à larges feuilles, à pousses non effilées, noueuses et peu flexibles ; il fructifie abondamment, rejette bien de souche, mais se propage difficilement par boutures.

Saule blanc ($S. alba, Lin.). — Grand et bel arbre, assez rare en forêt, plutôt disséminé dans les plaines et les vallées sur les sols légers, frais ou humides, dans les prés et au bord des ruisseaux ; il est caractérisé par ses feuilles longues et étroites, soyeuses, argentées surtout en dessous, et ses rameaux flexibles ; — il rejette, drageonne, se propage par boutures et par plançonset est par suite d’une introduction très facile.

Sorbier domestique ou Cormier (Sorhus domestica, Lin.). — 1: Bel arbre disséminé dans les bois et les haies de toute la France ; paraît rechercher les sols calcaires. — 2: Écorce brun noirâtre qui devient rapidement rugueuse ; bourgeons assez gros, verdâtres, visqueux ; feuilles composées de folioles incomplètement dentées sur les bords; fleurs blanches assez grandes, groupées en inflorescences, peu fournies ; fruit comestible en forme de petite poire ou de petite pomme (sorbe ou corme). — 83: Surtout pivotant. — 4: Essence de lumière, couvert léger. — 5: Fructification peu constante ; ses graines, semées à l’automne, germent au printemps suivant ; rejette assez abondamment ; drageonne. — 6: Croissance lente, très grande longévité, cinq cents à six cents ans; disséminé en sol calcaire dans taillis et taillis-sous-futaie, — 7: :3ois très dur, très homogène, très compact et apprécié; sculpture, tour, ébénisterie, outils, armes; excellent chauffage ; les fruits comestibles après maturité donnent une sorte de cidre.

A. FRON. — Sylviculture. J

Sorbier des Oiseleurs (Sorbus aucuparia, Lin.). — 1: Arbre disséminé un peu partout, mais surtout en montagne, où}il atteint?de grandes altitudes ; sur tous les sols frais et légers. — 2: Écorce reste grise et lisse jusqu’à un âge avancé ; bourgeons'latéraux appliqués contre les rameaux, noirâtres velus, non visqueux ; feuilles composées de folioles finement dentées ; fleurs blanches, petites, groupées en inflorescences fournies ; fruits sphériques lisses, d’un rouge corail à maturité, pulpeux et non comestibles, groupés en inflorescences fournies. — 8: Pivotant et traçant. — 4: Essence de lumière, couvert léger. — 5:'Fructification annuelle, abondante ; la semence conservée après dessiccation du fruit et semée au printemps, germe en trois et quatre semaines ; rejette et drageonne facilement. — 6: Croissance assez active, longévité moyenne ; essence disséminée. — 7: Mêmes usages que celui de lalisier blanc.

Sureau noir (Sambucus nigra, Lin.). — Arbrisseau ou petit arbre à feuilles, bourgeons et rameaux opposés, qu’on rencontre dans les régions peu élevées, sur les sols riches et frais, souvent calcaires ; il a la propriété de se reproduire par boutures. — Il est caractérisé par ses rameaux gros, à branches tortueuses, à moelle très développée, blanche ; par ses feuilles composées ; ses fleurs blanches groupées sur un même plan en inflorescence fournie; par ses fruits (petites baies globuleuses) groupés de la même façon et noires à maturité.

Sureau rouge ou Sureau à grappes (Sambucus racemosa, Lin.). — Arbrisseau à feuilles, bourgeons et rameaux opposés, très commun dans les forêts de montagne, en sol frais et fertile. — Il est caractérisé par ses nombreux rejets assez gros, fragiles, à moelle assez abondante brun rougeâtre, par ses feuilles composées, ses fleurs jaune verdâtre peu abondantes, disposées en grappes dressées ; par ses fruits (petites baies globuleuses) groupés de la même façon et rouge corail à maturité.

Tilleul. — Les tilleuls sont de beaux arbres qu’on trouve à l’état disséminé dans beaucoup de forêts, de plaines et surtout de collines (en montagne dans le midi) ; ils recherchent

FORÈT ET PEUPLEMENT. 55

les sols frais et humides, et de préférence les sols calcaires ; ils fructifient abondamment à partir de vingt à vingt-cinq ans ; leurs graines sont mûres en automne ou pendant l'hiver ; on les conserve dans du sable et dans un endroit frais; semées au printemps suivant, elles ne germent que partiellement et la presque totalité ne germe qu’une année après ; ils rejettent vigoureusement de souche et drageonnent parfois.

Le tilleul à petites feuilles est caractérisé par un fruit petit, à parois minces et à côtes peu ou point apparentes ; le tilleul à grandes feuilles est caractérisé par un fruit plus gros, à parois ligneuses et à côtes saillantes.

Le bois des tilleuls, Kger, mou et homogène, est employé pour des usages spéciaux : ébénisterie (meubles), sculpture, tour, échelles, perches, sabots, crayons... ; combustible médiocre ; charbon léger (poudre et dessin). L’écorce (tille) sert à faire des nattes, tapis, paniers, chaussons, cordes, liens. Les fleurs servent pour infusions.

La forêt, de prime abord, est un simple assemblage d’arbres qui naissent, grandissent et meurent dans un sol supposé indéfiniment fertile. Mais en fait, si la forêt se développe sous la seule action des forces qui se meuvent à la surface du globe, son état de végétation est fonction des milieux qui la nourrissent ; si les arbres s’associent ou s’excluent, c’est pour obéir à des exigences physiologiques. Aussi de semblables associations ne peuvent-elles être considérées comme une réunion fortuite de sujets indépendants les uns des autres. Dès que les arbres sont groupés en massif, on les voit perdre peu à peu leur individualité, pour concourir à la formation de cet être nouveau, unique qu’on appelle la forêt. Celle-ci, avec des conditions d’existence et des propriétés spéciales, avectdes aptitudes et des besoins qui lui sont particuliers, fonctionne à la façon d’un organisme complexe, dans lequel les végétaux, l'atmosphère et le sol entrent comme facteurs,

En sylviculture on entend : par massif forestier, ou massif boisé, un ensemble de bois et forêts, autrement dit une superficie plus ou

moins étendue de terrain occupée par des arbres, sans aucune distinction d’essences, d’âge, d’origine et de groupement; par peuplement, la réunion d’un grand nombre d’arbres, en un tout limité, de même nature et indépendant, qui fait l’objet d’un traitement ou d’une exploitation forestière. La réunion d’un certain nombre de peuplements forme une forêt.

Si une partie du peuplement se distingue de l’ensemble, par l'essence, l’âge ou la croissance des sujets, mais se trouve en rapport plus fou moins intime avec lui, elle forme ce qu’on appelle un bouquet où un groupe (le groupe a moins d’étendue que le bouquet).

{. — Formation en massif.

Peuplement plein, peuplement clairiéré. "— Un terrain dit boisé est occupé par des arbres, autant que possible à l'exclusion de toute autre végétation; lintervalle qui sépare les arbres peut être très variable, mais l’espace occupé par chaque arbre dans l’atmosphère correspond à un espace semblable occupé par les racines dans le sol. L’ensemble des arbres constitue un peuplement dont la consistance dépend du nombre de tiges ainsi que de la densité du feuillage des cimes.

Si le terrain occupé par les arbres est entièrement couvert par les cimes, le peuplement est dit formé en massif ; il importe peu pour cela que les cimes se superposent ou non en plusieurs étages. Le massif est serré quand les branches des arbres voisins s’entrelacent entre elles ; il n’existe plus dès que les cimes des arbres sont isolées.

La formation en massif comporte donc une infinité de degrés intermédiaires, entre l’état parfait où les cimes se superposent et empiètent largement les unes sur les autres, et l’état opposé où le couvert n’existe que partiellement ; c’est ce degré qu’on exprime dans la pratique en s2 servant des expressions : peuplement plein — massif serré — bon massif, si les cimes de tous les arbres se touchent l’une l’autre et sont entrelacées (fig. 8) ; massif suffisant, ou simplement massif si les cimes des arbres se touchent sans s’entrelacer lorsqu'elles ne sont pas agitées par le vent; peuplement interrompu si les cimes des arbres ne se touchent que par certains points ou lorsqu'elles sont agitées par le vent, et peuplement entrecoupé — clairiéré —

clair-planté, si les arbres ou groupes d’arbres sont séparés par des vides, des clairières. Dans ces derniers cas, le peuplement n’est plus formé en massif, et le sol n’est plus entièrement couvert par un dôme de verdure complet et continu.

On nomme clairières les surfaces de peu d’étendue, à peu près dégarnies de bois, où les arbres sont rares et disséminés, et où, dans l'intervalle des arbres, l’état superficiel du sol est

Fig. 8. — Peuplement plein ou bon massif. Pins sylvestres et bouleaux avec sousétage d’épicéas. Forêt de Tharandt (Saxe).

dégradé par suite d’un couvert insuffisant. Les pides sont des surfaces plus étendues, complètement dégarnies d’arbres, et tout au plus couvertes de morts-bois, c’est-à-dire d’arbustes et d’arbrisseaux. Enfin si les clairières et les vides occupent de grandes étendues, le terrain prend la dénomination de terres vaines OU (agues.

Le degré de perfection d’un massif dépend de trois causes prineipales : la fertilité de la station ; le tempérament et le couvert de l'essence ; l’âge du peuplement.

La fertilité de la station influe sur la qualité du massif ; dans une bonne station, où les sujets vigoureux tendent à prendre une cime forte et bien fournie, c’est moins le nombre des sujets que le développement individuel des cimes qui concourt à la perfection du massif.

Le tempérament et le couvert d’une essence sont en rapport intime avec le massif qu’elle forme ; les essences d’ombre à feuillage épais donnent des peuplements mieux formés en massif que l2s essences de lumière à feuillage clair.

L'âge du peuplement agit sur l’état de massif en ce sens que, dans la jeunesse et l’âge adulte, le massif est généralement plus parfait que dans la vieillesse et dans la vieillesse extrême, époques auxquelles il se fait naturellement du desserrement et des clairières.

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