IV. — DIVERSES FORMES DE PEUPLEMENTS
Forêt naturelle. Action de la nature. — A l'époque où les familles humaines vivaient à l’état isolé, se nourrissant de fruits sauvages et des produits de la chasse ou de la pêche, le territoire de la France était presque entièrement couvert de forêts; peu à peu les produits de la civilisation, le développement de l’agriculture et de l’industrie ont provoqué la disparition progressive de cet immense domaine forestier qu’une longue suite de siècles a réduit à l’état où nous le trouvons aujourd’hui.
Mais que l’homme abandonne au hasard les terrains qu’il a conquis sur la forêt, qu’il veuille bien ne pas contrarier la nature et la laisser agir seule ! et il ne faudra pas un siècle pour voir se rétablir spontanément de proche en proche toute une végétation ligneuse,'là où la forêt n’existe plus.
La nature poursuit lentement son œuvre, à l’aide des moyens qui lui sont propres, qu’il s’agisse de moraines granitiques, d’éboulis calcaires ou de rochers nus, de terrains de toute nature incultes et abandonnés. L’algue et le lichen
‘culture.
— Syloi
Fro
apparaissent les premiers sur la pierre nue qu’ils attaquent et désorganisent comme le font, d’autre part, les actions atmosphériques ; herbe et les gazons les plus rustiques les suivent, et les débris de ces végétaux se mélangent aux éléments fins provenant de l’usure et constituent la première terre végétale que le vent et les pluies emploient à combler les vides béants entre les blocs de rochers ; la terre envahie par des plantes sauvages devient une jachère, une lande rase, au travers de laquelle pointent bientôt les premiers arbrisseaux qui se sont développés à l’abri du rocher (fig. 17). Dans cette lande armée, déjà améliorée, la vie animale reprend ; oiseaux et rongeurs disséminent çà et là les premières semences d’arbres : noix, glands, faînes, noisettes et graines de toute sorte ; un terreau bienfaisant se forme sous les arbustes et dans cette terre végétale reconstituée naissent un peu partout les arbres, arbustes et arbrisseaux de la région ; la brosse, puis la forêt sont constituées. On peut compter en moyenne, après la première phase plus ou moins longue par les lichens et les végétaux inférieurs, dix ans pour la jachère, vingt-cinq ans pour Ja lande, trente ans pour la brosse ; c’est en tout soixante-cinq ans, à peine un siècle pour arriver à la forêt constituée. Dans cette forêt primitive, constituée par les seules forces de la nature, les arbres atteignent le dernier terme de leur longévité si l’homme n'intervient pas ; ils ne tombent que par vétusté et enrichissent le sol de leurs débris ; partout se trouvent des sujets fertiles dont les graines se disséminent à profusion sur une terre toujours prête à les recevoir, et suivant les conditions de milieu, de sol et de climat les diverses espèces de Ja région se rendent maître de la place au gré de leurs convenances ou des caprices de la nature. Le vieux massif se trouve remplacé, sans que le sol ait cessé d’être complètement couvert, par une nouvelle génération de plants qui s'élèvent en massif serré dans les espaces laissés libres par les arbres de l'étage supérieur ; la lutte pour l’espace s’engage entre les sujets voisins, au fur et à mesure qu’il leur faut plus de place, dans la terre pour développer leurs racines et dans Pair pour étendre leurs branches et participer à l’influence de la lumière ; bientôt tous ne peuvent plus trouver place au soleil; leur
FORÉÈT ET PEUPLEMENT. 9%
nombre diminue peu à peu et les brins les plus faibles, surtout les brins dominés à tempérament peu robuste succombent dans cette lutte, sèchent et disparaissent ; les brins les plus vigoureux, au contraire, forment et allongent leurs fûts en se débarrassant des branches basses, jusqu’à ce qu’ils éprouvent eux-mêmes un ralentissement marqué dans leur accroissement, car les tiges dominées, quoique privées de lumière, sont d’autant plus lentes à disparaître qu’elles ont plus de développement.
Dans toutes les phases successives de cette existence naturelle de la forêt, se retrouve toujours le principe de conservation d’un couvert complet et permanent sur le sol, dont l'effet est de maintenir et d'augmenter constamment la fertilité du sol et par suite d’assurer la perpétuité de la forêt.
Forêt cultivée. Action de l'homme. — La forêt cultivée n’est pas ainsi abandonnée à elle-même ; destinée à l'exploitation, elle doit être disposée de manière que lexploitation puisse se faire régulièrement, et l’homme exerce sur toutes les phases de son développement une action, bonne ou mauvaise, qui modifie le mode selon lequel les peuplements prennent naissance et les conditions même de leur croissance.
Sous cette action, les peuplements prennent une composition et une forme déterminée, correspondant au mode de traitement qu’on impose à la forêt.
En sylvicuture, nous appelons: forme d’un peuplement, la constitution générale de ce peuplement au point de vue de l’origine, de l’âge et des conditions de croissance de ses différentes parties ;
Régime, la méthode générale de culture à laquelle la forêt
- est soumise ; le régime est caractérisé par la façon dont on
opère la régénération ; Mode de traitement, le procédé d'éducation et d’exploitation dans chaque régime ; il correspond à une forme déterminée
de peuplement.
Le nombre des formes de peuplement est très considérable, et nous devons nous contenter de définir les formes principales, qui satisfont dans une mesure suffisante, tant aux lois de la nature qu'aux conditions de l'exploitation.
Nous avons à distinguer trois régimes :
19 RÉGIME DE LA FUTAIE. — Une forêt est soumise au régime de la futaie, lorsque la régénération est effectuée par brins de semence ; k peuplement est renouvelé par des sujets issus chacun directement d’une graine. On dit, dans ce cas, que le peuplement est une futaie.
20 RÉGIME Du TAILLIS. — Une forêt est soumise au régime du taillis, lorsque la régénération a lieu par rejets ou drageons ; en fait, le peuplement est plutôt rajeuni par l’évolution des rejets et des drageons qui proviennent des souches récemment exploitées. On dit, dans ce cas, que le peuplement est un taullis.
30 RÉGIME DU TAILLIS COMPOSÉ. — Une forêt est soumise au régime du taillis composé (ou taillis-sous-futaie), lorsque la régénération a lieu par rejets, drageons et brins de semence ; un tel peuplement participe des deux états précédents et présente un caractère mixte ; on dit dans ce cas indistinctement que le peuplement est un taillis composé oùu un taillis-sousfutaie. :
A chacun de ces régimes correspondent divers modes de traitement, et par suite de formes de peuplements que nous allons examiner successivement, tant au point de vue de leur origine, qu’à celui de leur constitution, des dangers extérieurs qui les menacent, de leur production et de leur influence sur la fertilité de la station (1).
Un peuplement est dit uniforme ou d’un seul âge quand les différences d’âge de chacun des éléments qui le constituent ne dépassent généralement pas un petit nombre d’années ; ces différences d’âge cessent d’être appréciables dès la période de
(1) La série des vues de projections, avec livret explicalif : La Forét, principaux massifs forestiers, du Musée pédagogique, 41, rue Gay-Lussac, à Paris, est adressée franco à tous les fonctionnaires du Ministère de l'Instruction publique qui en font la demande pour une conférence.
Autres séries : Le bois, les produits de la Forét, industries forestières ; Conservation des terres en montagne el sur les pentes, eic.
perchis ; la futaie adulte est composée de tiges ayant sensiblement le même âge, et par suite les mêmes dimensions.
Il en est autrement quand la période de régénération dure un grand nombre d’années (plus de vingt à trente ans) sur la même surface ; les différences d’âge des éléments qui constituent le peuplement ne s’effacent pluscomplètement,etrestent encore appréciables lorsque la futaie est parvenue à l’état adulte ; le peuplement est formé de tiges de différents âges et conséquemment de hauteurs et de grosseurs différentes ; il ne présente plus une apparence uniforme et il est dit inégal ou d’âges multiples.
Nous avons donc à distinguer : les peuplements uniformes ou d’un seul âge et les peuplements inégaux ou d’âges multiples.
Fig. 18, — Coupe à blanc étoc replantée en épicéa dans une forèt de montagne.
ZA
{. — Peuplements uniformes ou d’un seul âge.
Premier type. — Futaie régulière obtenue par coupe unique. — 1° ORIGINE ET CARACTÈRES. — SOUS Ce premier mode de traitement, la création du peuplement se fait par voie de semis ou de plantation directs sur une surface nue, et exceptionnellement par ensemencement latéral des porte-graines voisins. Dans de bonnes conditions, la croissance peut être
vigoureuse dès le début ; néanmoins, l’état de fourré ne se forme généralement qu’au bout d’un certain nombre d’années qui dépend du mode de repeuplement et des essences employées ainsi que de la fertilité du sol et des influences météoriques (fig. 18).
Souvent, pendant cette période de début, notamment dans les coupes blanches (1) effectuées à côté d’autres peuplements fertiles, Ja surface du terrain reboisé est envahie spontanément par une foule encombrante de morts-bois à graines ailées ou légères qui proviennent des sujets voisins. Ces semis naturels sont plus ou moins envahissants, suivant les stations, suivant la première croissance des essences plantées ; parfois ils forment en peu de temps un couvert qui peut être utile pour le développement ultérieur du jeune peuplement artificiel.
Dès la formation du fourré, l'accroissement en hauteur devient rapide, les branches et le feuillage se joignent, et forment dès lors sur le sol un couvert ininterrompu et très bas, qui s’élève peu à peu pendant la période de gaulis sous l'influence de l’élagage naturel. À ce moment commence l’élimination active du peuplement accessoire, et la prépondérance du peuplement principal; c’est la période du perchis, qui dure plus ou moins longtemps suivant l’essence et la station ; elle correspond à la formation complète du massif et à un notable accroissement en hauteur ; le couvert ininterrompu s'élève de plus en plus en vieillissant et finit par laisser entre lui et le sol un espace considérable qu’occupent seuls les fûts dégarnis de feuillage, et déjà desserrés. C’est généralement à la fin de cette période de perchis que correspond le maximum d’énergie du peuplement (fig. 7). Alors commence l’état de futaie à partir duquel les arbres s’espacent de plus en plus; le couvert diminue progressivement d’épaisseur suivant l’essence et les œualités de [a station.
20 DANGERS EXTÉRIEURS. — Dans un grand nombre de circonstances le peuplement, ainsi créé artificiellement en terrain nu, est exposé à des dangers extérieurs dont l’influence varie suivant la résistance de l’essence et les conditions de la sta-
(4) Coupes blanches, coupes à blanc étoc, coupes en bloc, c'est-à-dire surfaces sur lesquelles on exploite en bloc tous les arbres qui garnissent le sol.
tion. Pendant toute la période de jeunesse, il peut avoir à craindre :
a. La gelée, qui peut frapper les jeunes plants, parce qu’ils sont directement exposés à son influence, sans aucun abri; un certain nombre d’essences trop sensibles ne résisteront jamais dans ces conditions.
b. La sécheresse de l'été, due à l’action solaire qui frappe directement le sol sans abri et les jeunes plants.
c. Les variations extrêmes de température qui ne sont pas atténuées en terrain découvert, et sont défavorables à une bonne végétation forestière.
d. L’envahissement de la végétation herbacée, favorisée par un découvert total, qui épuise inutilement le terrain, tend à étouffer les jeunes plants, et trop souvent attire le bétail que le propriétaire ne prend pas le soin d’écarter ; le pâturage toléré dans de jeunes repeuplements est la ruine certaine de Pétat boisé.
e. L’invasion des champignons et surtout des insectes, plus dangereuse dans les peuplements d’un seul âge que dans les autres.
39 PropucTion. — La futaie régulière, en raison même de sa constitution, tend à produire des sujets de même dimension,
- qui n’ont disposé chacun pour se développer que du mini- - mum d'espace nécessaire, tant dans le sol pour le développe- “ ment des racines, que dans l’atmosphère pour le développement des cimes ; elle ne tend pas à favoriser le développement de sujets d’élite ayant des dimensions et des qualités spéciales.
40 INFLUENCE SUR LA FERTILITÉ DE LA STATION. — Nous distinguerons trois phases :
17e phase. — Le sol est complètement mis à découvert par
lexploitation à blanc ; par suite, il est exposé directement à toutes les intempéries, il s’appauvrit, et cet effet est plus ou moins néfaste pour la génération suivante, selon la qualité initiale de la station.
- « 2° phase. — Le couvert se rétablit dès l’état de fourré ; il . commence lentement à exercer son action conservatrice des … qualités du solet à rendre à celui-ci les éléments qu’il a perdus, pendant la mise à découvert ; mais il n’acquiert réellement cette
rh
aptitude qu’à partir de la période de perchis ; c’est à ce moment que règne dans la futaie régulière le massif le plus parfait, et cette situation se traduit par un redoublement de l'activité de la végétation ; mais pour que le sol récupère ses qualités, il faut un bon massif, maintenu aussi longtemps que possible, condition que remplissent bien les essences d’ombre, mais non pas, en général, les essences de lumière.
3€ phase. — Le massif tend à s’éclaircir dès la période de futaie, le couvert diminue, et cela d’autant plus que le feuillage s’élève, surmontant un espace libre qu’occupe seulement le fût des arbres. Par suite, plus le peuplement est ancien, plus le vent peut s’introduire dans le voisinage du sol (surtout dans les situations exposées, sur les lisières, dans les parcelles isolées, etc.) ; Pair humide du sous-bois est entraîné, l’évaporation s’active, la couche de feuilles et d’humus se dessèche et est emportée par le vent, et en fin de compte le sol se durcit, s’amaigrit et se couvre de mauvaises herbes ; aussi, dans la futaie régulière, des périodes de révolution très longues entravent-elles souvent l’action conservatrice des forêts sur les qualités du sol.
Les inconvénients de la méthode par coupe unique, s’accentuent en raison directe de l’étendue du peuplement, et c’est surtout dans les grandes coupes qu’ils se font sentir; ils s’atténuent quand il s’agit de petits peuplements et de bouquets de bois environnés de peuplements d’un caractère différent.
Deuxième type. — Futaie régulière obtenue par coupes successives, avec réserves d'ensemencement et d’abri.— 19 ORIGINE ET CARACTÈRES. — Dans une vieille futaie, parvenue à l’époque de l'exploitation, on peut, au lieu d’enlever en bloc tout le matériel sur pied dans une parcelle donnée, le réaliser par fractions en dirigeant les exploitations de telle sorte que le peuplement nouveau résultera : soit de l’ensemencement naturel fourni par des porte-graines, répartis uniformément en plus ou moins grand nombre sur le terrain à repeupler ; soit du repeuplement artificiel effectué sous l'abri d’arbres réservés lors de l’exploitation du peuplement antérieur.
Dans ces deux cas, le peuplement en voie de formation
DEXCT EPA
régénér
Vieille futaie de chène en
ainsi que le sol sur lequel il s’installe sont partiellement couverts et par suite protégés par les arbres réservés ; l’enlèvement total de cet abri n’a lieu que quelques années plus tard, quand la reprise du peuplement est assurée.
a. On opère par régénération naturelle ; c’est le cas le plus général (fig. 19).
Nous avons vu précédemment que la fructification des arbres dont la cime est isolée est plus abondante que celle des arbres en massif; qu’en outre, les influences les plus favorables à la germination d’une semence, ainsi qu’au développement des jeunes plantules issues de la graine sont dues à l’action des trois éléments : air calme, chaleur et humidité, agissant simultanément. Quant à la lumière, son action est peu nécessaire pour la germination et pour le premier développement du tout jeune plant ; ce n’est qu’un peu plus tard, quand les racines de ce jeune plant ont percé la terre pour s’y fixer et que ses feuilles commencent à fonctionner, qu’il réclame plus ou moins vite, suivant les essences et les stations, Paction de ‘la lumière ; pour être bienfaisante à ce moment, cette action doit lui être dispensée avec mesure.
Cet ensemble de conditions favorables peut être réalisé dans une mesure aussi variable que l’exigent lessence et la station, par une série de coupes successives.
Les premières exploitations faites dans le vieux peuplement ont pour but d’isoler les cimes des porte-graines, et d'obtenir le semis ; les suivantes ont pour but de faire disparaître l’abri dès qu’il devient inutile au recru.
Un réensemencement naturel complet n’est généralement pas obtenu de suite dès la première année ; on doit alors attendre le produit d’une nouvelle année fertile, ou combler artificiellement les vides par semis ou plantation. Malgré cela, les différences d’âge qui en résultent ne doivent pas dépasser un nombre relativement restreint d’années, assez faible pour que, plus tard, les différences de hauteur et de grosseur des arbres puissent s’atténuer totalement.
Les graines, spécialement les semences lourdes, et par suite leurs jeunes plants, ont une tendance à se répartir par bouquets à proximité des porte-graines ; l’abondance des semis
aaturels est généralement telle que les jeunes plants voisins forment massif dès leur première jeunesse et atteignent rapidement la période de fourré ; les différences d’âge s’accusent de moins en moins au fur et à mesure que les bouquets se rejoignent ; dès le début de la période de gaulis, le massif est continu et le couvert presque sans lacunes ; l'élimination des tiges accessoires et dominées s’effectue dès lors d’une façon très active, en raison de la densité considérable du massif ; la tendance à l’uniformité, aidée des soins de la culture, achève de donner au peuplement les caractères de la futaie régulière.
b. On opère par semis artificiel sur toute l’étendue du terrain à repeupler et sous l’abri des arbres réservés.
Ce cas rentre immédiatement dans le précédent, si les arbres réservés sont suffisamment nombreux au moment où l’on effectue le semis.
Mais le semis peut être fait sous un couvert insuffisant ou même complètement nul, en raison du petit nombre d’arbres formant abri et de la hauteur de leurs cimes. Le jeune peuplement qui provient de ce semis est alors exposé aux mêmes dangers et aux mêmes inconvénients que le repeuplement d’une coupe blanche.
20 DANGERS EXTÉRIEURS. — Les conditions sont ici bien plus favorables que dans le cas précédent. L’abri formé par les arbres réservés comme porte-graines atténue les effets des écarts brusques de température et ceux de la gelée sur les jeunes plants ; il les préserve de la sécheresse et des variations dangereuses de température en conservant au sol un certain couvert et par suite une certaine humidité ; il s’oppose, jusqu'à un certain point, au développement de la végétation herbacée et à l’envahissement des morts-bois.
30 PRODUCTION. — Les conditions de production sont à peu de chose près identiques à celles des futaies régulières du premier type.
40 [INFLUENCE SUR LA FERTILITÉ DE LA STATION. — Dans la futaie traitée par coupes successives, le repeuplementse fait sur une surface toujours protégée par un couvert plus ou moins
- interrompu ; le jeune plant naît et se développe à l'abri des
porte-graines et le sol reste toujours partiellement couvert ; lorsque ces réserves d’abri viennent à disparaître, le repeuplement est à l’état de fourré, et sa densité étant considérable, la protection du sol est suffisamment assurée. Les peuplements, ainsi obtenus, sont incontestablement préférables à ceux qui sont créés en terrain dénudé, au point de vue de la conservation des qualités du sol. |
Toutefois les conditions dans lesquelles s’opère cette régénération ne suffisent pas toujours à prévenir l’influence pernicieuse de la dénudation du sol. Il arrive parfois, qu'après les exploitations qui ont pour but d’isoler les cimes des portegraines, la fructification se fait longtemps attendre, ou que le recru est détruit ; le sol, alors est envahi par les mauvaises herbes ; l’abri des porte-graines étant en somme incomplet, le vent et le soleil font leur œuvre. Dans ce cas, quelques bouquets de semis préexistants, même isolés, peuvent devenir fort utiles en maintenant entre eux des couches d’air relativement tranquilles.
$S 2. — Peuplements inégaux ou d’âges multiples.
Troisième type. — Futaie traitée par coupes successives, ayant un caractère jardinatoire. — 19 ORIGINE ET CARACTÈRES.— Sidans un peuplement de futaie, les éléments ont des âges variant entre eux, non plus dans les limites relative- | ment faibles indiquées précédemment, mais dans des limites | supérieures, autrement dit, si la période de régénération d’une | surface donnée dure assez longtemps, les diverses parties de ce peuplement ne se raccordent plus aussi facilement ; les différences d’âge et par suite de diamètre et de hauteur, restent apparentes, non seulement pendant la période de | jeunesse, mais pendant longtemps. Le peuplement est com- | posé de groupes et bouquets dont l’ensemble forme un groupe ! d’arbres d’âges multiples dans lequel le dôme de verdure formé par les cimes ne se tient plus à un niveau uniforme ; l’ensemble des cimes présente des ondulations correspondant à l’âge des | pivers bouquets sans pour cela présenter de lacunes. Enfin : c’est seulement à un âge avancé que le niveau s’établit plus,
ou moins, en même temps que le couvert se desserre de luimême.
Sous un tel massif parvenu à l’âge d’exploitation, peuvent se trouver des semis, disséminés par taches, partout où le couvert s’est déjà accidentellement interrompu.
Lors de la régénération, pour maintenir l’état inégal du peuplement, on est conduit à obtenir cette régénération par placeaux, en coupant des arbres de place en place, spécialement là où se trouvent déjà des semis ; sous les trouées ainsi faites dans le couvert, viennent s’installer de nouveaux semis qui constituent un groupe ou bouquet de semis ; dans les exploitations suivantes, on a soin de venir élargir peu à peu ces places, et pour cela on fait tomber progressivement les arbres du pourtour qui dominent ces groupes ou bouquets de semis. En opérant ainsi, on obtient pendant la période de régénération, un nouveau peuplement quise compose de nombreux bouquets d’âges différents, entre lesquels se trouvent des cordons irréguliers du massif originaire.
A mesure que les jeunes bouquets se développent et qu'il
s’en forme de nouveaux dans les parties non encore ensemencées, le peuplement ancien disparaît, au fur et à mesure des exploitations. Supposons la période de régénération fixée à trente ans ; les derniers arbres de l’ancien peuplement tombent à la fin de cette période, et les divers bouquets, âgés de un à trente ans, sont à ce moment presque partout formés en massif ; le peuplement ainsi créé, est prêt alors à passer par les périodes du perchis et de la futaie, pour arriver finalement à sa maturité (fig. 20).
Ace moment on recommence une nouvelle période de régénération ; l'exploitation se porte sur les bouquets les plus avancés en âge, et les coupes successives se continuent comme nous venons de l’indiquer.
Les tendances de la sylviculture moderne se portent de nos jours vers des peuplements ainsi constitués.
La durée de la période de régénération influe sur la forme du peuplement ; elle a pour conséquence de provoquer des différences d'âge dans le jeune peuplement, différences d’autant plus appréciables que cette période de régénération est
A. FRON. -- Sylviculture.
plus longue. Avec une période de régénération courte, inférieure à vingt ans par exemple, on se rapproche du peuplement uniforme de deuxième type (futaie régulière obtenue par coupes successives) ; avec une période de régénération longue, supérieure à quarante ou cinquante ans, par exemple, on tend vers la futaie jardinée.
Le concours du repeuplement artificiel n’est pas exclu de cette méthode ; dans certaines circonstances même il peut être très utile et il intervient alors sous forme de bouquets artificiellement plantés, là où devraient exister des semis naturels. Cette plantation doit être effectuée assez longtemps avant les premières coupes de régénération, en plusieurs opérations plus ou moins espacées ; remarquons qu’on peut agir ainsi artificiellement pour introduire, par places, des essences qui font défaut ou ne sont guère représentées dans le peuplement originaire, et que la manière de conduire les coupes audessus et autour de chaque bouquet laisse une grande latitude à cet égard.
20 DANGERS EXTÉRIEURS. — Cette forme de peuplement tend à se rapprocher beaucoup de la forêt naturelle ; les jeunes bouquets de régénération abrités par le peuplement qui les domine ou les entoure, se trouvent assez longtemps protégés contre la gelée et la sécheresse ; la même cause agit pour les abriter contre les variations extrêmes de température et, dans une certaine mesure, contre l’invasion de la végétation herbacée ; enfin l’action des vents sur les arbres porte-graines est moins à redouter en raison de leur isolement progressif et de l'abri que leur donnent les cordons du vieux peuplement conservé au moins pendant un certain temps autour des bouquets.
39 PRODUCTION TOTALE. — Les ondulations qu'offre le niveau des cimes de ce peuplement d’âges multiples permettent aux sujets les plus vigoureux de prendre peu à peu le dessus pendant la période du perchis et de la futaie ; dans les bouquets les plus anciens, formés en massifs quasi réguliers, les sujets d'élite s’espacent avec l’âge, en même temps que le feuillage des cimes s'élève ; le couvert diminue ; il permet l'installation des premiers semis et par suite le commencement des coupes
> JQu0 ‘uides 9p SI] SALINOH — ‘OZ ‘à
de régénération. Plus on approche de la fin de la période de régénération, plus les sujets aptes à prendre un grand développement s’espacent et sont mis en lumière parmi les bouquets de repeuplement. Cette transition graduelle de l’état de massif à l’état dégagé permet aux arbres de s’adapter facilement aux nouvelles conditions d’existence qui leur sont faites ; l’augmentation de l’afflux de lumière et la bonne conservation de . l'humidité du sol permettent enfin au peuplement de conserver sa vitalité jusqu’à un âge plus avancé.
Le traitement par coupes jardinatoires est favorable au développement de sujets d'élite, et il permet de mettre à profit leur valeur individuelle.
40 INFLUENCE SUR LA FERTILITÉ DE LA STATION. — L'action conservatrice des qualités du sol est très nette,et il n’est pas besoin d’insister ; elle est due simultanément aux causes qui agissent dans les futaies du second type, et à ce fait qu’on n’opère la régénération que sur de petites surfaces, autour desquelles persistent les restes du vieux peuplement.
Quatrième type. Futaie jardinée. — 19 CARACTÈRE ET ORIGINE. — Si dans un peuplement de futaie, les éléments ont des âges variant entre eux,non plus dans deslimites relativement restreintes, comme dans les deux cas précédents, mais dans des limites très étendues, atteignant le nombre d’années des tiges exploitables, autrement dit, si la régénération se fait par points ou par petites places, en tout temps, sur toute la surface de la forêt, comme dans la forêt naturelle, les diverses parties du peuplement ne peuvent plus jamais se raccorder ; les différences d’âges des arbres deviennent très marquées, jusqu’à atteindre le temps nécessaire aux arbres pour passer de la jeunesse extrême à l’âge exploitable. La futaie jardinée, considérée dans son ensemble, présente un mélange d’arbres de tout âge et de toutes grosseurs, confusément mélangés ; le dôme de verdure formé par les cimes de tous les arbres présente des ondulations très marquées, sans toutefois avoir de lacunes, et cet état persiste indéfiniment. Dans une futaie jardinée, les exploitations annuelles portent, non plus sur des peuplements recouvrant des espaces continus qu’on se propose de régénérer en un temps donné, mais sur des arbres considérés indivi-
duellement (choisis uniquement parmi ceux que leur dimension ou leur mauvais état de végétation rendent exploitables),
Fig. 21, — Une futaie jardinée dans le Jura.
répartis au hasard dans toute l'étendue de la'forêt et la régénération se fait uniquement par points, dans les endroits ainsi découverts, entourés de toutes parts par des arbres en Crois-
sance de dimensions variables, dont quelques-uns sont fer. tiles (fig. 21).
La futaie jardinée se rapproche beaucoup de la forêt naturelle dont elle présente les pr'acipaux caractères ; lorsqu'un arbre vient à tomber, la trouée produite permet à l’air et à la lumière de pénétrer jusqu’au sol, en quantité suffisante pour y créer des conditions favorables à l'installation d’un semis et de jeunes plants ne tardent pas à s’y développer ; mais si l’on n’a fait tomber qu’un arbre à la fois, la trouée se referme assez vite et les jeunes plants qui occupent la place de l'arbre enlevé se trouvent gênés dans leur croissance ; s’il s’agit d’essences de lumière, ils disparaissent rapidement ; s’il s’agit d’essences d’ombre, ils se maintiennent, presque sans se développer, attendant pour repartir la disparition d'arbres voisins ; leur végétation repart alors franchement jusqu’à ce qu’ils soient de nouveau recouverts par le peuplement supérieur dont les branches viennent à nouveau fermer la trouée, et ainsi de suite ; pendant un certain temps, ils vivent par à-coups, ainsi que d’autres semis venus plus tard dans les mêmes conditions qu'eux.
Si au lieu de considérer une aussi petite trouée, nous supposons qu’on agisse par plus grandes trouées, en prenant, lors de l'exploitation, plus d’un arbre en chaque point, le couvert se referme moins facilement ; les essences de lumière nées en bouquets dans la trouée peuvent subsister jusqu’à ce que l’enlèvement de quelques arbres voisins vienne les sauver définitivement ; les petits groupes et bouquets croissent à l’état de massif et dans chacun d’eux lestiges se dépouillent des branches basses et se développent en hauteur, jusqu’à ce que les sujets bien doués persistent seuls pour former des arbres de fortes dimensions.
Ainsi dans la conduite d’une futaie jardinée, le forestier, tout en imitant la nature, peut chercher à maintenir ou à faire naître les conditions de végétation propres d’une part à assurer la régénération de la forêt au moment voulu et d’autre part à améliorer la croissance.
L'aspect d’une forêt jardinée change d’ailleurs avec le calibre choisi pour rendre l'arbre exploitable. Plus celui-ci
est faible, moins il y a de tiges ayant dépassé l’âge de leur plus grand accroissement en hauteur ; le nombre de celles qui ont des longueurs différentes sera maximum et le profil du massif se dessinera suivant une ligne irrégulièrement brisée, Plus, au contraire, la grosseur sera forte, plus disparaîtra cette forme sinueuse ; les arbres qui, ayant dépassé le terme de leur accroissement en longueur, étalent leurs cimes dans une même zone de hauteur, seront alors plus abondants ; ces sujets, grâce à leur nombre et à leurs grandes dimensions, forment la partie principale du peuplement et la catégorie la plus importante ; comme arbres constitués, ils sont les seuls qui frappent la vue, et cela au point que certains massifs jardinés présentent l’aspect de vieilles futaies régulières à l’état plus ou moins clair, mais dont toutefois le calibre des arbres de même hauteur est essentiellement variable.
20 DANGERS EXTÉRIEURS. — Par l'effet deson couvertcontinu, la futaie jardinée tend à empêcher les effets désastreux de la gelée et de la sécheresse ; elle s’oppose à l’envahissement de la végétation herbacée ; par le caractère de constance et d’uniformité inhérent à tous les phénomènes de son existence, elle modère dans une large mesure les écarts extrêmes de température et d'humidité de l’atmosphère et du sol; enfin, mieux que les peuplements uniformes, elle résiste aux effets désastreux des ouragans et des invasions d’insectes. C’est donc justement aux causes de destruction les plus actives que la futaie jardinée oppose la plus grande force de résistance.
39 PRODUCTION TOTALE. — La qualité des produits peut être inférieure dans les futaies jardinées où les conditions très diverses de croissance d’un même arbre, pendant son existence, occasionnent des accroissements variables et irréguliers ; mais, en revanche, les sujets d’élite y sont mieux dégagés que dans les peuplements uniformes, par suite, particulièrement développés, et.la forêt jardinée est la forme la plus apte à produire des gros bois d'œuvre.
C’est enfin la variété des produits qui caractérise cette forme, car tous, depuis le plus menu bois de chauffage jusqu’au plus gros bois d’œuvre, y sont constamment disponibles.
40 INFLUENCE SUR LA FERTILITÉ DE LA STATION. — La futaie
jardinée est essentiellement conservatrice des qualités du sol’; le peuplement conserve toujours le même caractère, car toutes les classes d’âge y sont constamment représentées ; l’espace libre entre le sol et les couronnes des arbres n’y existe pas ; il est occupé par le feuillage des jeunes sujets de tout âge, sinon d’une manière absolument continue, du moins en bouquets . nombreux ; cette circonstance fait que, même dans les situations très exposées, le vent est arrêté et n’exerce pas d’action néfaste sur le sol et surfla litière qui le recouvre ; enfin*les bouquets de fourré disséminés dans le peuplement concourent puissamment, quand le terrain esten pente, à retenir les eaux pluviales, et ils forment avec la couche de litière qui recouvre d’une façon permanente le sol, obstacle le plus efficace contre le ruissellement, les glissements des terres et des neiges, et les érosions ou ravinements du sol.
S 8. — Réserve sur coupe définitive. — Sous-étage.
Réserve sur coupe définitive. — Nous avons vu dans les formes précédentes de peuplements, qu’à un moment donné, la jeune génération destinée à perpétuer la forêt a besoin, pour se développer, d’air et de lumière ; la coupe définitive est l'exploitation qui a pour résultat de faire tomber, au moment voulu, tout ce qui se trouve au-dessus de cette jeunesse.
En opérant cette coupe définitive, on peut être conduit à soustraire à l’exploitation certains éléments du peuplement supérieur, soit sujets isolés, soit bouquets, et à les laisser subsister pendant une durée déterminée ; on se propose de bénéficier du surcroît de production qu'est susceptible de donner, à ces arbres conservés, l’isolement en pleine lumière. Pour que cette réserve donne de bons résultats, il faut en général que les sujets réservés soient particulièrement vigoureux, que le sol soit fertile et conserve sa fertilité, que le dégagement des arbres qu’on se propose d’isoler ainsi soit graduel, et souvent enfin, que ces réserves soient réunies en groupes ou bouquets.
Le mode de traitement par coupes jardinatoires permet de réaliser facilement toutes ces conditions essentielles ; pour
cela, il suffit, dans les exploitations successives de chaque groupe ou bouquet, de faire sortir peu à peu du massif les sujets de la réserve future, et de ne les dégager complètement qu'à une époque où la jeune génération est suffisamment
Fig. 22. — Essence d'ombre (sapin) se constituant à elle-mème un sous-étage (forêt des Elieux, Meurthe-et-Moselle).
développée autour d’eux pour exercer elle-même son action conservatrice du sol.
Le mode de traitement par coupe unique ne permet de réaliser aucune de ces conditions ; isolement brusque des sujets de réserve, qui passent au moment de la coupe de l’état de massif à l’état isolé ; disparition totale du couvert du sol, qui perd de ce fait une partie de ses qualités ; appauvrissement progressif du sol pendant la période de la vieillesse et, par suite, perte de vitalité des sujets dès que l'âge d’exploitation du peuplement uniforme devient élevé ; tout concourt
à rendre la situation défavorable pour de telles réserves ; elles ne pourront gagner réellement à rester sur pied que s’il s’agit d’essences peu exigeantes et surtout si le terrain est bon, profond, à sous-sol humide.
Dans des conditions moins favorables et souvent lorsqu'il s’agit d'arbres déjà âgés, cette phase critique d’isolement se traduit par un dépérissement de l’arbre réservé qui meurt en cime et devient impropre au but qu’on se proposait en le gardant.
Il résulte de ce qui précède que dans la futaie régulière, ces réserves sont plus à conseiller dans les courtes révolutions que dans les longues : en général, on les maintient alors pendant toute la révolution suivante.
Les arbres ainsi réservés sur coupe définitive sont exposés à être renversés par le vent, spécialement pendant la première période de leur isolement ; à ce point de vue, il est bon de ne pas choisir pour les réserver, en dehors des situations abritées, des arbres à cime trop développée, et d’écarter avec soin de son choix, toutes les essences à enracinement superficiel.
Sous-étage. — En étudiant les phases successives de la vie des peuplements, nous avons montré combien il était utile de conserver sous le peuplement principal les tiges dominées et accessoires ; cet ensemble de tiges constitue, à proprement parler, un sous-étage toujours à respecter (sauf en temps de régénération) dans les peuplements de futaie en raison du rôle important qu’il joue dans la constitution du massif (fig. 22).
Un sous-étage de ce genre peut être créé artificiellement, par exemple sous un peuplement dont le couvert s’est relâché avec l’âge soit spontanément, soit par suite d’opérations raisonnées (éclaircies).
Divers cas sont à examiner, suivant le but qu’on se propose :
a. On se propose simplement de maintenir le couvert sur le sol. — Certains peuplements de futaie, constitués par des essences de lumière (futaie résineuse de pin sylvestre, par exemple) s’éclaircissent peu à peu avec l’âge ; le massif, d’abord serré, devient de plus en plus lâche, le couvert devient irrégulier et interrompu, et le peuplement cesse alors d’exercer une action bienfaisante sur la fertilité de la sta-
ep
5 pr 4
("than À
We: x
Sat à
pee À
es Pins Svylvestres.
ous d
s ixe).
age s
5as introduits en sous-ét
— Epic
Tharandt (Sa
Forèt de
ins
Pi
le
re) sous un peuplement clair
nçais (Allier
+ En D — d © f [5 NT — n D Eu 3 5 = = À D > D 4 — ET un
-éta
Sous
tion ; le sol tend à se couvrir d’une végétation herbacée et parasite plus ou moins envahissante.
Une plantation effectuée sous ce couvert plein de lacunes, si elle est faite en temps utile, permet d’établir en sous-étâge un nouveau peuplement dont le couvert ne tarde pas à protéger le sol et à exercer sur lui une action bienfaisante (fig. 23).
Le sous-étage ainsi introduit constitue pour ainsi dire un peuplement accessoire de protection du sol ; son installation est à recommander sous tous les peuplements qui perdent dans la vieillesse leurs propriétés conservatrices du sol. ‘
Remarquons qu’à fortiori le sous-étage naturel qui s’établit souvent spontanément sous un peuplement de ce genre, est toujours à respecter, au moins tant qu’il n’est pas nuisible aux opérations du réensemencement. Tel est par exemple le sous-étage de feuillus qu’il n’est pas rare de rencontrer sous les plantations résineuses, -dès qu’elles deviennent un peu desserrées (fig. 24).
b. On se propose de favoriser l'accroissement de tiges d'élite du peuplement principal par la mise en lumière.
Dans un peuplement en voie de croissance, l’état de massif peut être desserré ou même interrompu intentionnellement par des opérations culturales ayant pour but de mettre en lumière les cimes des tiges d'élite, afin de favoriser leur accroissement, en diamètre surtout ; de telles opérations se justifient pleinement pendant la période de perchis, alors que les arbres sont en pleine croissance. Un tel dégagement progressif des sujets à croissance vigoureuse, a pour résultat une accélération souvent notable de leur accroissement ; mais c’est à la condition que l’activité des fonctions du sol s’intensifiera dans la même mesure que l'accès de la lumière. Pour que cette dernière condition soit remplie, il peut être utile de provoquer l'établissement d’un sous-étage sous le peuplement principal dont les cimes desserrées n’assurent plus au sol un couvert suffisant (fig. 25).
C. Introduction d’essences de mélange. — La création d’un sousétage faite dans l’une des conditions indiquées précédemment peut avoir pour objet d'introduire ultérieurement dans le peuplement principal une ou plusieurs essences de mélange ; la situation des essences
ainsi introduites s’y prête évidemment et ce n’est qu’une question de culture.