‹ Sylviculture. IntrodChapitre 21 sur 94 · AI · texte numérisé non relu

AI

« Le Nid de

naissance est caractéristique (1); tous ceux qui sont issus d’une même souche forment ce qu’on appelle une cépée (fig. 26) et le peuplement est composé d’un ensemble de cépées.

L'exploitation d’un taillis simple ayant été faite en hiver, les rejets naissent sur les souches coupées dès le printemps qui suit exploitation ; les jeunes pousses émergent d’abord par groupes ou îlots de végétation, franchement isolés les uns des autres, chaque groupe formant une cépée, et les cépées laissant entre elles la plus grande partie du terrain à découvert; ces jeunes pousses naissent en grand nombre autour d’une même souche, mais toutes ne s’élèvent pas verticalement ; il y en a qui poussent obliquement ; d’autres sont même complètement rejetées par les pousses mieux placées et arrivent à pousser presque parallèlement au sol ; il en résulte que la jeune cépée a l’aspect d’un buisson hémisphérique qui s’accroit peu à peu.

Entre chacun de ces buissons, le sol découvert se tapisse de verdure ; aussi, pendant les premières années, malgré la végétation active des rejets, la surface semble produire plus d'herbe que de bois. Avec les années, les rejets se développent, les cépées grandissent rapidement grâce à la vigoureuse végétation des rejets, et par suite les vides laissés entre les cépées diminuent, puis sont complètement recouverts ; le recru parvient à former massif et étouffe la végétation herbacée.

Cette reconstitution de l’état de massif demande un temps plus ou moins long suivant les essences, les condit ons de la végétation et l’espacement des souches mères ; — certaines essences, le charme, par exemple, émettent denombreux rejets, et leurs cépées sont puissamment fournies ; — un bon sol et des conditions favorables de végétation favorisent le développement des cépées; — quant à l’espacement des souches mères, il varie suivant l’âge auquel le taillis a été coupé, devenant d'autant plus grand que la révolution est plus longue.

(1) De jeunes plants recépés une première fois dans un taillis, ne donnent généralement qu'un et rarement deux rejets qu'on peut confondre avec des brins-de semence, ce qui ne présente aucun inconvénient. Toutefois un œil habitué les distingue facilement de brins de semence à leur aspect plus vigoureux, à l'empä-

tement et à la légère courbure de leur base. Les brins de semence, moins vigoureux, n'ont d’ailleurs généralement pas l’âge exact du taillis,

TAILLISe 125

La constitution de l’état de massif demande environ de six à douze ans suivant les cas et il est a noter que la densité d’un taillis, eu égard au nombre de cépées, est fonction de la révolution ; comme chacune de celles-ci se développe avec les années, sa projection occupe d’autant plus d'espace qu’on la laisse vieillir davantage ; par conséquent, le nombre des centres de reproduction est d’autant plus faible, et par suite le fourré véritable (abstraction faite des morts-bois) s’établit d'autant plus tard que les révolutions sont plus longues.

Dans les taillis simples réguliers, à révolutions courtes, souvent inférieures à vingt-cinq ans, tous les sujets ont même avenir, et sont appelés à une même fin prochaine ; les cépées existent aux distances que comporte la révolution ; elles s’étalent sans se gêner l’une l’autre ; dès lors, si la lutte. s'engage, ce n’est pas de cépée à cépée, mais de rejet à rejet dans une même cépée ; cette lutte est toujours de courte durée en raison de la révolution ; le peuplement ne dépasse guère l'état de fourré ou de jeune gaulis. Il n’en est plus de même si les révolutions atteignent ou dépassent trente ans.

Quand le massif est parfait, le feuillage s’élève de plus en plus vers le haut des tiges; il passe peu à peu à l’état de gaulis, puis de bas perchis ; dans chaque cépée, les tiges d’élite se dessinent peu à peu, au détriment des tiges moins vigoureuses qui restent à l’état dominé. Si on laisse vieillir ce peuplement, il prend alors le caractère des futaies régulières obtenues par voie de semis, et ce caractère s’accentue avec l’âge. Il est rare d’ailleurs qu’on conduise le taillis au delà du vieux perchis sur souche. |

20 DANGERS EXTÉRIEURS. — Le peuplement de taillis, dans son jeune âge, est très sensible à l’action de la gelée ; à ce point de vue il y a lieu de distinguer :

a. Les gelées tardives de printemps. — Leur action se manifeste très vivement sur de jeunes pousses pleines de sève, à croissance rapide, et par suite à tissus mous et très sensibles, à tel point qu’il n’est pas rare de voir les jeunes pousses du taillis complètement desséchées par la gelée, ayant l'aspect de tiges grillées par le feu. A cet égard, les rejets sont plus sensibles que les brins de semence. Si l’action des gelées tar-

dives de printemps n’est qu’accidentelle, elle n’est pas désastreuse pour les taillis, car la souche conserve la faculté d’émettre de nouveaux rejets ; mais si ces gelées sévissent fréquemment dans un canton, elles entravent la croissance du taillis qui prend un aspect chétif et rabougri caractéristique ; on dirait qu'il a été abrouti par le bétail.

b. Les gelées hâtives d'automne. — Dans leur première année surtout, les rejets peuvent être arrêtés dans leur lignification par les gelées d'automne, et disparaître victimes de lhiver qui les trouve mal « aoûtés »; c’est alors une année de végétation à peu près perdue, et si l’accident se répète plusieurs années de suite, les souches meurent en grand nombre.

Dans certaines stations basses et humides, les jeunes pousses, spécialement celles qui se trouvent dans la couche d’air voisine du sol, sont exposées d’une façon permanente à l’action des gelées ; cette situation devient souvent désastreuse pour les jeunes taillis.

Enfin les rejets de souche ayant dans leur jeune âge une production totale supérieure à celle des brins de semence, demandent une plus forte somme de chaleur, ou une période de végétation plus longue pour müûrir leur bois ; mais, d’autre part, plus la période de végétation est longue, plus le danger de la gelée est imminent. Ces deux causes expliquent pourquoi le domaine du taillis est beaucoup plus restreint que celui de la futaie et pourquoi son champ d’application est limité aux climats de plaine, où le taillis trouve des écarts de température peu élevés, une grande somme de chaleur et un temps de végétation suffisamment long.

Quant aux autres causes de destruction (dégâts des champignons, insectes, action des vents, etc.), elles sont pour ainsi dire sans action marquée sur les taillis. »

30 PropucTiON. — Le taillis simple régulier produit surtout du bois de chauffage (rondins ou bois à charbon) et des écorces (taillis de chêne) ; comme bois d'œuvre, il ne produit que des gaules et perches ou menus bois d’industrie, mais la quantité de ces derniers est subordonnée à la longueur des révolutions ; en somme, il produit des jeunes bois.

49 INFLUENCE SUR LA FERTILITÉ DE LA STATION. — [/in-

Page 1