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ARBRES FEUILLUS

Chêne rouge d'Amérique (Quercus rubra, L.). — Grand arbre à croissance assez rapide qui s’est montré très rustique chez nous et résiste bien à la gelée ; se plaît dans les plaines et les vallées, ne semble pas difficile sur la nature du sol et s’accommode très bien des sables de fertilité médiocre, mais il vient mal sur le calcaire. Espèce intéressante

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à planter par places d’essai dans les mêmes situations que nos chênes rouvre et pédonculé.

Chêne des Marais (Quercus palustris, Michx.). — Originaire d’Amérique ; très bel arbre à croissance assez rapide, très rustique chez nous ; recherche les sables frais ou même humides des plaines et des vallées ; le meilleur, peut-être, des chênes américains à utiliser dans notre pays.

Chêne à feuilles d'Yeuse ou de Banister (Quercus ilicifolia, Wangh.). — Arbre de petite taille, originaire d'Amérique, précieux pour le boisement des terrains sablonneux arides et aussi pour la création de tirés pour la chasse.

Frêne blanc d'Amérique (Fraxinus alba, Marsch. vel americana, L.). — Bel arbre plutôt plus rustique et à croissance plus rapide que l frêne commun auquel il n’est pas inférieur ; demande des sols humides ; est intéressant à propager sur les berges des ruisseaux et dans les terrains fréquemment inondés.

Noyer noir d'Amérique (Juglans nigra, L.). — Très bel arbre, à croissance plus rapide que celle de notre noyer indigène et moins exigeant que ce dernier au point de vue du sol ; très rustique ; réussit dans les sables frais, mais préfère les terres un peu riches ; essence susceptible de vivre en massif, donnant un bois de première valeur et intéressante à essayer par places d’essai en forêt ainsi qu’en allées et aux lisières des bois.

Carya blanc (Carya alba, Nutt.) et Carya des pourceaux (Carya porcina, Nutt.). — Arbres originaires d'Amérique, voisins des noyers, qui ont les mêmes mérites et les mêmes exigences que le noyer noir.

Cerisier tardif (Prunus serotina, Ehrh.). — Bel arbre originaire d'Amérique, très rustique sous nos climats, qui préfère les sols meubles, frais et profonds, présentant une certaine fertilité, mais s’accommode toutefois des sables relativement pauvres et ne semble pas redouter le calcaire. Cette essence, bien qu’à croissance assez lente, n’est pas sans intérêt au point de vue forestier.

Zelkowa à feuilles crénelées (Zelkowa crenata, Spach.), originaire de Sibérie et des régions du Caucase, et Zelkowa à feuilles acuminées (Zelkowa acuminata, Planch.), originaire du Japon. Ces deux arbres très voisins des ormes, paraissent rustiques et de croissance assez rapide ; ils résistent bien à la gelée et peuvent être introduits à titre d’essai sur les mêmes terrains et dans les mêmes situations que nos chênes rouvre et pédonculé.

= Tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera, L.). — Arbre intéressant à propager dans les mêmes conditions que les peupliers, spécialement en sols siliceux.

Cedrela de Chine (Cedrela sinensis, A. Juss.). — Qui fournit un bois de grande valeur, mais exige des terrains frais, profonds et meubles.

Bouleau merisier (Betula lenta, L. et Bouleau jaune (Betula lutea, Michx.). — Ces bois sont très recherchés par les ébénistes.

Pterocarya du Caucase (Pterocaria caucasica, C. A. Mey.). — Qui fournit également un bois de valeur, mais veut des terrains profonds et frais, humides même.

Enfin d’autres essences, moins connues ou d'introduction plus récente, méritent aussi d’être plantées dans nos forêts à titre d’essai : pour ces dernières, dont la liste serait trop longue à donner ici, il convient évidemment de n’opérer que par petites surfaces et le plus souvent sous forme de mélange (1).

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Fis. 39. — Pépinière de plants exotiques en forèt, à Eberswalde (Prusse 2 !

Nous avons vu, en Allemagne (à Eberswalde, Prusse), procéder de la façon suivante : dans un emplacement préparé sous un peuplement convenablement éclairci à cet effet, on crée une petite pépinière de quelques ares (5 à 25 ares), et dans chaque planche les lignes sont convenablement espacées (fig. 39). On y fait pendant quelques années des semis et des repiquages (rien n'empêche d'élever en même temps des plants indigènes et des plants exotiques pour utiliser cette pépinière). Puis on repique les plants exotiques à des distances suffisantes, en lignes convenablement espacées ; entre ces lignes, on continue

(1) Consulter à cet égard: L. Pardé : « Les principaux végétaux ligneux exoftques au point de vue forestier ». Congrès international de Sylviculture, Paris, 190 et Bulletin de la Société forestière de Franche-Comté et Belfort, décembre 1900, et L. Pardé, « Arboretum national des Barres », Paris, 1906

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pendant quelques années les semis ou repiquages et on abandonne enfin la pépinière, laissant en place les lignes d’exotiques.

Pendant cette période, on fait tomber progressivement les derniers arbres de l’étage supérieur, on attaque ou l’on met en ensemencement le peuplement qui entoure la pépinière (fig. 40).

La tache d’exotiques prend ainsi une avance de dix à vingt ans sur le peuplement qui l'entoure, puis elle s’élève et croît avec le nouveau peuplement (fig. 41).

Aujourd’hui, les résultats obtenus sur de très nombreuses places d’essai ainsi créées dans les forêts de toute la Prusse et des provinces allemandes, deviennent des plus intéressants. Les plants surabondants produits dans ces pépinières, ainsi que ceux produits dans la pépinière centrale de Chorin (Prusse) sont expédiés dans tous les cantonnements forestiers ou vendus au commerce.

Choix du procédé de boisement. — Le choix de l'essence ou des essences que l’on peut employer étant déterminé, on peut procéder au repeuplement soit par semis, soit par plantation.

Faut-il semer, faut-il planter? C’est une question qui se pose dès le début, et il est impossible d’y répondre a priori.

La nature, a-t-on dit, ne fait que semer; puisqu'on ne peut faire mieux qu’en limitant, il faut donc semer. Mais on oublie trop facilement que les forces naturelles ont pour elles le temps, et qu’elles procèdent toujours lentement et par progression. Quand un terrain est livré à lui-même, il se recouvre de la végétation qu’il peut nourrir ; ce sont d’abord des herbes, puis des broussailles, des morts-bois ; puis des essences rustiques qui demandent peu au sol, et ne craignent pas le plein découvert ; puis enfin les espèces plus précieuses arrivent quand le sol est plus riche, plus frais et elles s’installent à l’abri des premières ; labondance des graines assure ensuite le maintien de ces essences précieuses. En pratique, il n’est pas possible d’agir ainsi; ni le temps, ni la quantité de graines dont on dispose ne le permettent.

Toutefois, le semis direct est possible si on dispose d’un terrain suffisamment profond et riche et si, d’un autre côté, l'essence à introduire est rustique et ne demande pas d’abri pendant sa première jeunesse. Malgré cela, il y a toujours cette différence capitale qu’on ne peut pas semer aussi abondamment que le fait la nature, qu’on ne place pas les graines

Fig. 40. — Place d'essai de Quercus rubra, L. sous une futaie de chène et hêtre en coupe d'ensemencement ; (/e bouquet, âgé de quinse ans, est limité par une haie d'épicéas). — Forêt de Freienwalde, Prusse.

Fig. 41. — Place d'essai de Thuya gigantea, Nutt., préparée sous une futaie de chènes, hètres et pins. — Forèt d'Eberswalde (Prusse).

A. FrOoN. — Syloiculture. 11

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dans des conditions aussi favorables à la germination que le fait la dissémination naturelle, enfin que les graines qu’on sème, non seulement peuvent être mal conservées et avoir perdu, au moins partiellement, leur faculté germinative, mais encore qu’elles sont exposées à être détruites par un grand nombre d’animaux.

Une autre question intervient ; c’est celle du prix de revient; longtemps on a pu dire que le semis coûtait moins que la plantation ; actuellement, en règle générale, on considère la plantation comme plus expéditive, plus sûre et même souvent plus économique (en comptant les frais d'entretien) que le semis.

Plus expéditive, dit M. Bagnéris, parce qu’on opère avec des plants déjà d’un certain âge et qu’on s’aperçoit, dès la première année, des insuccès qu’on peut réparer immédiatement ; avec le semis, on ne peut juger de la réussite qu’après plusieurs années ; pour le pin sylvestre notamment, on voit beaucoup de semis et des plus beaux, périr par la défoliation entre la troisième et la sixième année.

Plus sûre, parce que la réussite d’un semis dépend de la qualité des graines ; le plus souvent on est obligé de se les procurer par le commerce, et on est exposé à recevoir des semences vieilles, échauffées ou desséchées, ou recueillies avant la maturité; — parce que, en supposant la graine de bonne qualité, on a à redouter toutes les circonstances défavorables à la germination, à craindre l’envahissement des plantes herbacées, etc.

Plus économique, parce que dans l’incertitude où l’on est de la qualité des semences, on sème toujours plus de graines qu’il n’en faut, et si toutes réussissent, le semis trop dru est exposé à languir; — parce que, s’il se produit des vides, il faut les repeupler à l’aide de plantations, qui ne s’exécutant pas d’une manière suivie, coûtent quelquefois autant que le semis primitif.

Malgré cette supériorité incontestable en général de la plantation, il faut recourir au semis quand on veut boiser de grandes surfaces avec les moindres frais, si on dispose d’une grande quantité de semences à bas prix, si la saison favorable

aux repeuplements est de courte durée ; enfin si la main-d'œuvre nécessaire pour une plantation est trop dispendieuse.

Le semis sera préféré en particulier :

19 Pour reboiser en pin maritime ; 2° pour reboiser en pin sylvestre, lorsque le sol, suffisamment meuble et frais, est couvert d’une bruyère courte qui procure un abri aux jeunes plants, les préserve du déchaussement et permet de semer à la volée sans préparation du sol; 3° dans certains terrains pierreux où la plantation serait très difficile ; 4° dans les régions où l’on peut obtenir de la graine en abondance et à très bas prix et quand le terrain, pour être ensemencé, ne demande pas une préparation particulière ; 5° en plaine, pour reboiser en chêne, lorsqu'il y a une glandée abondante dans la région ; on peut alors donner un labour à la charrue et semer les glands en même temps qu'une demi-semaille de seigle ou d'avoine ; la récolte des céréales devra se faire à la faucille ; 69 en pays montagneux pour le chêne, dans les taillis sartés ; le semis de glands se fera la seconde année ; 79 en général pour les essences franchement pivotantes.

La plantation devra être préférée dans les cas ci-après:

49 ,Sz la graine à employer est rare et chère, ou si l’on procède au boisement dans des endroits où les graines sont exposées à être dévorées par les animaux ; 29 si la reprise des plants est facile ; 39 si le semis direct est difficile à réussir (bouleau, acacia); 49 si le sol est compact ou très humide ; 59 si l’on peut avoir à craindre une inondation ; 69 si le sol est envahi par les herbes, par les ajoncs ou par de hautes bruyères, ou s’il est susceptible de s’enherber ; 79 dans le fond des vallées ou encore sur les hauteurs, les plateaux élevés, en un mot, partout où les gelées ou les brouillards sont le plus à craindre ; 8° dans les régions chaudes où les racines doivent être de suite assez profondément enfoncées pour résister à une vive insolation et à des sécheresses prolongées ; 90 sx le sol est crayeux, calcaire, granitique ou léger, parce qu'il est exposé à être soulevé lors des gels et dégels successifs, action à laquelle ne résistent pas les radicelles des jeunes semis ; 109 si les travaux doivent être exécutés sur des pentes rapides ; 119 s’il s’agit de repeupler des vides ou clairières de petite étendue entourées d'un peuplement constitué ; ou si l’on veut introduire une essence nouvelle ou multiplier une essence déjà existante dans un peuple-

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ment ; 129 s’il s’agit de reboiser des terrains exposés à la dent du bétail ou du gibier. Dans ces deux derniers cas, ilest toujours bon d'employer de forts plants, et la plantation devient très coûteuse ; mieux vaut, cependant, dans ces cas particuliers, faire peu et bien que de s’exposer à n’obtenir aucun résultat.

$S {. — Boisement par semis.

Récolte et conservation des graines. — La première condition pour réussir un semis est de se servir d’une bonne semence. Les graines d’essences forestières, comme les graines des plantes agricoles, paraissent susceptibles de transmettre aux sujets auxquels elles donnent naissance de bonnes ou de mauvaises qualités. Si on veut être sûr de la qualité et de la provenance des semences, il faut, autant que possible, les récolter soi-même et choisir convenablement les sujets portegraines ; C’est ainsi qu’on recueillera de préférence les graines sur des arbres vigoureux, à cimes étalées, pleinement fertiles et sains ; les sujets trop jeunes ou trop vieux ne conviennent pas. La récolte se fait, autant que possible, par un temps sec; on gaule généralement les semences lourdes (glands par exemple), au moment de la dissémination naturelle, après avoir ramassé les plus belles parmi celles qui sont déjà tombées et avoir balayé les autres ; on ne doit pas récolter les semences qui tombent de bonne heure ni celles qui tombent tardivement ; on cueille à la main, en montant sur les arbres, les semences qui se disséminent plus lentement ou plus irrégulièrement (cônes de résineux, semences légères de feuillus); on ne doit pas faire la récolte trop hâtivement, parce que l’ensemble des graines paraît avoir une faculté germinative d'autant plus grande que ces graines ont pu mieux mûrir sur l'arbre.

Les graines doivent être récoltées par un temps sec, puis on les étend pendant quelques jours sur une surface plane (dans un grenier sec et bien aéré) et on les remue de temps en temps pour assurer leur complète dessiccation.

La semence ainsi préparée doit être conservée avec soin. Si nous exceptons certaines graines petites et légères, telles que celles de saule, de peuplier dont on se sertrarement, celles de

bouleau, d’orme ou les semences analogues qu’on sème immédiatement après la récolte, lesgraines sont, suivant leur nature, conservées :

19 Étendues à l'air par couches de 20 à 30 centimètres au plus d’épaisseur, puis en petits tas dans un localsec, aéré et à l'abri du froid (graines de pins, épicéa, mélèze ; semences légères de feuillus, robinier, aune, tilleul, etc.):

20 En sacs dans les mêmes conditions (semences légères sèches) ;

30 Stratifiées (charme, frêne, érable, noyaux de fruits, châtaignes, glands, faînes, pin cembro, etc.) ;

40 En silos (châtaigne, glands, faîne, etc.).

Enfin la semence ainsi conservée doit être employée en temps utile, généralement au printemps qui suit la récolte, et exceptionnellement pour certaines semences telles que le charme, le frêne, au deuxième printemps qui suit la récolte ; les semences forestières, même si elles sont conservées dans de bonnes conditions, perdent en effet rapidement leur faculté germinative, c’est-à-dire qu’en vieillissant elles deviennent incapables de germer ; exception faite pour le pin maritime qui peut être conservé en magasin sans inconvénient pendant deux ou trois ans, toutes les semences communes de nos arbres résineux et la plupart des semences de nos arbres feuillus ne peuvent être conservées plus de un à deux ans au maximum en magasin sans perdre une grande partie de leur valeur ; les semences de chêne, de hêtre, d’aune peuvent être conservées au plus une demi-année, c’est-à-dire jusqu’au printemps de l’année qui suit la récolte ; la graine de sapin conserve sa faculté germinative encore moins facilement ; enfin les semences d’orme, de bouleau, doivent être semées aussitôt après la récolte.

Les graines conservées à l’air sont étalées en couches de 20 à 30 centimètres au plus d’épaisseur ; toutes celles qui sont susceptibles de fermenter et par suite de s’échauffer doivent être remuées, chaque semaine, surtout au début, à l’aide d’une pelle en bois, en les lançant en l’air; une fois bien desséchées, on les met en petits tas et on les remue moins souvent ; mal soignées, les graines perdent par échauffement leur faculté germinative.

La conservation des graines en sacs n’est possible que pour des

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semences légères très bien desséchées ; elle doit être abandonnée pour toute semence susceptible de s’échauffer facilement, car la graine se gate, surtout si elle est légèrement humide ; les sacs doivent être vidés de temps en temps afin d’aérer les semences. Les semences de résineux (notamment celles du sapin), peuvent être conservées avantageusement pendant un certain temps dans les cônes, à la condition de ne pas superposer les cônes ; la graine paraît ainsi mieux conserver sa faculté germinative.

La stratification des graines est un procédé qui consiste à mélanger par couches alternatives les graines avec du sable très pur légèrement humide, dans une caisse en bois ou dans un pot à fleurs ; le récipient de stratification est laissé à l’air libre, près d’un mur lui offrant une légère protection. Les graines restent ainsi pendant quelques mois, subissant une préparation lente et continue analogue à celle qu’elles ont dans les conditions naturelles; on les visite souvent, et au besoin on entretient une légère humidité par des arrosages prudents. Aussitôt que quelques indices de germination se manif’stent après les premières chaleurs, on exécute le semis, et dès lors la levée se produit régulièrement et rapidement.

La stratification des graines est une pratique excellente qui devrait être d’un usage beaucoup plus répandu ; elle peut servir non seulement à hâter la germination des semences à enveloppe dure ou épaisse (frêne, charme, pin maritime, etc.), mais encore à conserver fraîches, jusqu’à l’époque favorable pour le semis, les graines à enveloppe mince ou riche en essences volatiles (orme, bouleau, sapin, etc.), dont la conservation est toujours difficile. On stratifie dans du sable que l’on maintient sec, si on veut retarder la germination, humide si on veut l'activer.

La conservation en silos, très employée pour les châtaignes, les glands, les faînes et les semences analogues, consiste à mettre les graines en tas sur un sol plat, non abrité, mais assaini par une rigole, qu’on creuse tout autour du silo, et à recouvrir ce tas d’une couche de paille, puis de terre en ménageant un orifice d’aération à la partie supérieure, comme on le fait pour la conservation des pommes de terre et des betteraves.

Avec tous ces procédés, les semences sont à protéger contre les dégâts des animaux et spécialement des rongeurs.

Achat des graines au commerce ; garanties à exiger du fournisseur. — La récolte directe des graines demande une main-d'œuvre dont on ne dispose pas toujours ; la conservation des semences exige pas mal de soins ; aussi le propriétaire s’adresse-t-il le plus souvent au commerce.

La qualité de la semence qu’on achète au commerce doit être connue, aussi bien en sylviculture qu’en agriculture, tant pour déterminer la valeur réelle de la marchandise, que pour régler la

quantité de semence à utiliser par unité de surface dans un semis. Cette qualité est déterminée dans les stations d’essai de semences par le procédé suivant : un échantillon moyen est prélevé sur l’ensemble de la fourniture ; sur cet échantillon on prélève un nouvel échantillon d’expérience dont on détermine bien exactement le poids ; on opère sur cette partie un triage, mettant d’un côté les graines, de l’autre les impuretés (débris d’écailles, corps étrangers, etc.) ; le poids des graines pures (poids total diminué des impuretés) divisé par le poids total donne le coefficient de pureté. On prend ensuite trois ou quatre lots de 100 graines et on les place sur des germoirs séparés placés dans une étuve chauffée entre 20 et 289 centigrades (étuve Schribaux); on maintient les graines à un degré d'humidité favorable et on les laisse germer ; on compte le nombre de graines qui germent dans chaque lot ; la moyenne des chiffres obtenus donne le coefficient de faculté germinative. Le produit de ces deux coefficients exprime la valeur culturale de l'échantillon, c’est-à-dire le tant p. 100 de graines pures et capables de germer contenues dans la marchandise (1).

La valeur réelle, ou valeur absolue de la marchandise, c’està-dire le prix auquel est payée l'unité de poids des seules graines susceptibles de germer, se détermine en divisant le prix de l'unité de poids de la marchandise vendue (prix du commerce) par la valeur culturale exprimée en fraction décimale.

Exemple : Une semence est achetée à raison de 6 francs le kilogramme ; le fournisseur garantit 0,90 de pureté (c’est-à-dire que sur 100 grammes de fourniture, il y a 90 grammes de graines et 10 grammes d’impuretés) et 70 p. 100 de faculté germinative (c’est-à-dire que sur 100 graines il y a 70 bonnes graines et 30 incapables de germer). La valeur culturale est représentée par le produit de 0,90 par 70, soit 63, ce qui revient à dire que sur un kilogramme de fourniture, il y a seulement 63 p. 100 de cette quantité en graines pures susceptibles de germer. La valeur absolue de cette graine pure, la seule utile, est obtenue dans les conditions du présent marché en divisant 6 francs (prix de la fourniture) par 0,63, ce qui donne 9 fr. 52. Ce calcul est le seul qui permette à l’acheteur de déterminer quelles sont, entre les différentes maisons de commerce, les offres les plus avantageuses,

(1) Voir: « Analyse et contrôle des semences forestières ; Des stations d'analyse et de contrôle, prescriptions techniques, méthodes d'analyse, règlements », par A. Fron, Paris, 1906.

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Presque tous les marchands de semences, tant en France qu’à l’étranger, garantissent sur facture un minimum de valeur culturale et donnent à tout acheteur d’au moins 5 kilogrammes d’une même semence la faculté de faire contrôler gratuitement dans une station d'essai les garanties données.

Personne en France ne cherche à acheter les semences forestières avec garantie, comme on n'hésite plus à le faire pour les semences agricoles, et surtout à contrôler, après réception de la fourniture, la qualité de la livraison. A notre avis c’est un tort, et Les acheteurs de semences forestières ne devraient pas hésiter à grouper leurs commandes par l'intermédiaire des syndicats, des sociétés d'agriculture ou des sociétés forestières, de façon à exiger du fournisseur une garantie de qualité et à pouvoir faire exercer gratuitement par l'intermédiaire de stations d'essai de semences, suffisamment outillées dans ce but, un contrôle des garanties données.

On peut en général exiger que les graines résineuses achetées aujourd’hui en grande quantité au commerce pour les reboisements, répondent aux qualités suivantes :

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