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PLAN DU DOMAINE. — LIMITES

Tout propriétaire d’un domaine boisé doit en connaître exactement la situation, la contenance et les limites.

A cet effet, il peut employer le relevé cadastral ou Parpentage direct sur le terrain.

Relevé cadastral. — A titre d'indication, relever sur Je plan cadastral des communes sur le territoire desquelles se trouve le domaine boisé, un calque des parcelles cadastrales constituant le domaine, et les parcelles limitrophes.

Ce plan, souvent incomplet, peut être facilement rectifié à vue, et il est facile d’y mentionner l’état des limites existantes, la nature des propriétés riveraines, ainsi que le nom de leurs propriétaires, d’y indiquer les principaux chemins portés au cadastre et les voies naturelles de vidange, l’orientation générale, etc.

Ce plan, généralement fait à l’échelle de 1 à 2 500 ou de 1 à 5 000, peut donner, à l’aide de la matrice cadastrale, une indication approchée de la contenance de la propriété, et sa disposition générale.

Plans d’arpentage. — Juxtaposer les plans d’arpentage des anciennes coupes exploitées, que le propriétaire peut posséder, plans souvent faits à la même échelle que le cadastre ; ces plans, rapportés approximativement sur le calque cadastral, servent à indiquer la répartition des anciennes exploitations et par suite celle du matériel sur pied.

Plan exact. — Notions succinctes d’arpentage (1). — La méthode suivante permet de faire dans la petite et moyenne propriété un plan du domaine boisé avec une exactitude suffisante.

(1) Voy. Murer, Arpentage et nivellement (Encyclopédie agricole).

Pour être à même de dresser un plan, il faut piqueter à l’aide de jalons les différents sommets de la figure qu'on veut reproduire (pourtour du périmètre, chemins intérieurs, etc.), mesurer les longueurs de toutes les lignes ainsi établies, et déterminer leurs directions.

Pour mesurer une ligne, on se sert de la chaîne d’arpenteur (10 mètres en général) ; au début de la mesure de chaque alignement les chaïineurs doivent s’assurer que l’homme qui marche en avant a bien les dix fiches réglementaires ; si le terrain est incliné, le chaïînage doit être fait en descendant, et la chaîne doit être toujours tendue horizontalement. L’opérateur inscrit au fur et à mesure les résultats du chaînage sur le croquis qu'il tient comme l'indique la figure 72.

Pour déterminer la direction d'une ligne, on se sert de la boussole (1) que l’on place à son origine ; à l’aide de la lunette on vise le jalon placé verticalement à son autre extrémité ; on lit sur le limbe divisé le numéro de la graduation où s’arrête la pointe bleue de l'aiguille, et on note cette lecture sur le croquis.

Opérations sur le terrain. — Soit À B C D E, une portion de polygone à lever ; on place la boussole au point A, on vise B, on fait la lecture sur la boussole, on chaîne AB : on transporte la boussole en B, on vise C et ainsi de suite, en ayant soin de viser et de cheminer de proche en proche et toujours dans le même sens, c’est-à-dire en laissant par exemple toujours l'intérieur de la forêt à sa droite (ou à sa gauche), ce qui facilite le rapport du plan. On opère ainsi jusqu’à ce qu'ayant fait tout le tour du polygone, on soit revenu exactement au point de départ A. On opère de même pour les lignes intérieures (chemins; cours d’eau, lignes de crête, etc.).

Si une partie EA du périmètre se trouve très sinueuse, il est avantageux de la remplacer par quelques grandes directions rectilignes qui seront généralement prises en dehors du périmètre de la forêt, par exemple EM et MA. On lève ces lignes absolument comme le reste du périmètre. Il suffit ensuite de rattacher le périmètre sinueux à ces directrices par des perpendiculaires menées à l’équerre d’arpenteur ; pour cela, on chaîne et on note sur le croquis les longueurs Ep ; pq: qM, etc., et pp’, qq’. etc., dont le rapport sur le plan se fait d’une façon très simple.

Rapport du plan. — La lecture faite à la pointe bleue de l'aiguille indique l’angle que fait la ligne de visée avec la direction nord-sud de l'aiguille aimantée ; cet angle s’appelle un ortentement ; il s’agit donc tout simplement de tracer sur le papier une ligne faisant avec cette direction nord-sud, et dans le sens convenable, un angle correspondant à l’angle lu.

Pour tracer cette ligne, on se sert d’un rapporteur, demi-cercle en corne, gradué comme le limbe de la boussole ; on commence par tracer sur le papier une ligne droite représentant la direction fixe nord-sud

(1) Boussole forestière, composée essentiellement d'un limbe gradué sur lequel est mobile une aiguille aimantée, et d’une lunette servant à faire les visées.

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