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beaucoup la plus considérable, et dont les produits sont, en général, les plus utiles et les plus recherchés (fig. 81).

Ces deux éléments, sous-bois et réserve, par leur nature même, s’entravent, se contrarient réciproquement ; le sous-bois est gêné dans son développement par le couvert des réserves : les réserves, isolées périodiquement au moment des exploitations successives du sous-bois, se couvrent souvent de branches gourmandes ; elles se développent latéralement au détriment de leur hauteur, et peuvent devenir branchues et noueuses, en restant relativement peu élevées ; cet inconvénient toutefois est atténué dans une certaine mesure par lPaccroissement considérable en diamètre que prennent ces réserves, spécialement pendant les quelques années qui suivent l’exploitation du sous-bois.

Enfin le sol, partiellement découvert à des intervalles assez courts, s'améliore difficilement.

Quoi qu’il en soit, il y a toujours antagonisme entre la réserve et le sous-bois et dès lors, dans un traitement rationnel, il faut chercher le moyen de concilier autant que possible les exigences de ces deux élements. On y arrive en tenant compte des considérations générales suivantes, pour fixer d’une part la révolution du taillis, et d’autre part le choix des essences à réserver, leur répartition, leur nombre et leur âge d'exploitation.

19 Révolution du taillis. — En principe, la révolution du sous-bois doit être plus longue que celle qui aurait convenu à un taillis simple situé dans les mêmes conditions, et cela pour deux raisons : a) plus la révolution du sous-bois est longue, en se tenant bien entendu dans les limites indiquées précédemment pour obtenir la régénération par rejets de souche, plus le sol reste couvert, et par suite en bon état, et moins il a à souffrir du découvert occasionné par les exploitations ; b) plus la révolution du sous-bois est longue, plus la hauteur de fût des baliveaux, et par suite de toutes les réserves, est considérable ; il est en effet démontré par l’expérience que le fût des perches qui ont ainsi crû en massif, n’est plus susceptible de s’allonger d’une façon sensible une fois que l'arbre a été isolé, bien que leur cime continue à s’accroître, ainsi d’ailleurs que le diamètre du tronc.

Comme conséquence de ce deuxième fait (hauteur de fût des réserves), plus les révolutions sont longues, plus le couvert des réserves est élevé au-dessus du taillis naissant, et par suite, moins son effet (bien entendu à nombre égal de réserves) est préjudiciable à la croissance de ce taillis.

Le mode de traitement en taillis-sous-futaie exige, en raison même de sa constitution propre, des révolutions assez longues;

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Fig. 81. — Taillis-sous-futaie. Arbres de réserve et jeune taillis âgé de deux ans. Forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne).

celles de vingt ans et même de vingt-cinq ans, qu’on rencontre pourtant si fréquemment, ne sont généralement pas suffisantes pour atteindre le but proposé. A notre avis, il faut proscrire d’une façon presque absolue la révolution de vingt ans ; on peut adopter celle de vingt-cinq ans quand la végétation, eu égard au sol (sol excellent), au climat ou à lexposition et à l'essence cultivée, offre une vigueur suffisante ; mais lorsque les conditions de végétation sont insuffisantes et mauvaises spécialement dans les mauvais sols, la révolution doit être portée à trente ou trente-six ans.

90 Choit des essences à réserver. —- Avant tout on préférera les essences de lumière, puisque le besoin qu’elles ont d'espace pour étaler leur cime, les dispose tout naturellement à croître à l’état isolé plutôt qu’en massif, et que leur couvert généralement léger exercera une influence moins préjudiciable sur le développement du taillis. |

Parmi elles on choisira tout d’abord le chêne (chêne rouvre et chêne pédonculé), auquel on associera, suivant les stations, des essences disséminées telles que le frêne, l’orme champêtre, les grands érables (érable plane, érable sycomore); le châtaignier (1), Palisier, le sorbier (notamment le cormier) et des fruitiers, tels que les merisiers, dont les fruits sont précieux à tous égards. Là où manqueront les essences précieuses, le propriétaire particulier trouvera intérêt à réserver quelques bois tendres (blancs), tels que le tremble et le bouleau, dont le couvert très léger entrave peu la croissance des cépées qu'ils dominent. Toutes ces essences sont susceptibles de donner d'excellents produits.

Quant aux essences d'ombre, leur emploi ne vient qu’en deuxième ligne, en raison de leur couvert épais ; parmi elles on réservera le hêtre et le charme, spécialement à titre de portegraines ; le hêtre s’accommode assez mal de l’état isolé; :ïl rejette mal de souche ; aussi, dans les bons sols, tend-il à disparaître ; dans les sols médiocres, au contraire, il persiste plus longtemps, et souvent, n’ayant pas mieux à obtenir à sa place, on devra chercher à le maintenir dans le taillis, à l’aide de brins de semences donnés par les porte-graines. Le charme rejette abondamment et est par excellence une essence précieuse dans le sous-étage ; il présente l'avantage de donner une semence légère, qui réussit presque chaque année; à ce titre, quelques réserves de charme sont souvent précieuses pour combler les vides du taillis. Ces deux essences ne doivent en principe être réservées qu’en nombre restreint ; leur couvert bas et épais tue le plus grand nombre des cépées qu’ils recouvrent, aussi ne leur laisse-t-on généralement parcourir qu’un nombre

restreint de révolutions (le hêtre à peine trois à quatre révo-

(1) Les réserves de châtaignier se carient rapidement au cœur, et on ne peut guère es conserver ufilement au delà de soixante ans.

it

jutions, et le charme deux); en général on est conduit à les exploiter dès qu’ils sont devenus franchement fertiles.

Enfin, dans des conditions spéciales, la conservation de l’aune et du tilleul, dont le couvert est assez épais, peut être utile ; pour l’aune, sur les bords des ruisseaux, dans les parties mouilleuses et franchement humides ; pour le tilleul, dans les pierrailles amoncelées, les débris de carrières, où aucune autre essence ne prospère souvent aussi bien que lui.

Le choix des baliveaux, dont dépend la constitution de la réserve future, doit se baser, non seulement sur les considérations d’origine que nous avons exposées à propos du repeuplement, mais encore sur leur forme ; on ne doit en principa accepter que des baliveaux de bonne forme, c’est-à-dire ceux qui joignent à une hauteur de fût suffisante, un diamètre proportionné et une cime bien développée ; le développement de la cime, pour les baliveaux de l’âge qui se choisissent en plein massif, peut toujours s’apprécier par l’inspection du pied ; un arbre dont le pied s’évase bien, et en tous sens, à l’endroit où il pénètre dans le sol, est un arbre vigoureux. Ajoutons enfin que les baliveaux de l’âge doivent être pris exclusivement dans les tiges droites, et qu’on doit écarter ceux dont la tige se partage, à peu de hauteur, en deux ou trois branches s’élevant à peu près parallèlement,

30 Répartition des réserves. — La répartition des réserves, comme nous lavons déjà exposé précédemment, dépend essentiellement de limportance qu’on donne à cette réserve et nous distinguerons plusieurs cas :

ef Cas. — La futaie est claire. Le taillis composé se rapproche alors beaucoup du taillis simple ; la futaie y est peu nombreuse et disséminée et elle n’occasionne au taillis aucun dommage sensible.

2e Cas. — La futaie est en proportion normale; c’est-à-dire qu’on se propose d'obtenir une croissance satisfaisante, uniforme et soutenue du taillis, sans négliger la production de la futaie. Dès lors, les réserves de toutes catégories, choisies au moins en grande partie parmi les essences de lumière, doivent en général être régulièrement distribuées, afin de répartir l’ombrage et le couvert sur toute la surface de la coupe ; toute-

fois, si cette uniformité est utile en principe, elle ne doit pas être acquise au détriment de considérations culturales de premier ordre, qui imposent : 19 de tenir compte des différences qui peuvent exister dans la nature du sol et de exposition ; 20 de prendre l'arbre bon à réserver là où il se trouve, et non de lui préférer un sujet médiocre susceptible d’être réservé précisément à l’endroit où on le désirerait ; c’est ainsi que dans les parties les plus fertiles on pourra serrer davantage la futaie ; qu'aux expositions chaudes on tendra, autant que possible, à rendre la réserve plus nombreuse, en Ja composant principalement de baliveaux et de modernes ; toutefois, autant que le permettent la qualité du sol et les ressources présentées par les peuplements, les différentes classes de réserve doivent se succéder et se mélanger sur les différentes parties de la coupe, dans la proportion déterminée par le nombre total des arbres à conserver pour chaque catégorie, et il y a lieu, en principe, de s’abstenir d’accumuler les arbres âgés sur l: même point.

Dans la pratique, disent MM. Boppe et Jolyet, nous engaseons les opérateurs à se pénétrer de cette vérité que sur chaque point, l'arbre le meilleur à conserver, est toujours celut qui, eu égard à l’espèce à laquelle il appartient, à sa vigueur, à son élat sain, à ses dimensions, à sa valeur actuelle, travaille plus utilement dans l'intérêt du propriétaire ; ici nous réserverons un chêne ancien, là un hêtre moderne, ailleurs autre chose, et par suite notre attention se porte tout d’abord sur la grosse réserve.

Nous ajouterons à ce conseil, celui de M. Broilliard : avec le mérite de l’essence et l’absence de tares, toutes choses à constater en examinant chaque sujet, la végétation donne le critérium essentiel des arbres à réserver dans les taillis composés ; aussi peut-on résumer en deux mots les conditions du balivage des arbres de réserve : enlever les mauvais, garder les bons. C’est pourquoi, au lieu de chercher d’abord les sujets à réserver, est-il bien préférable de prendre pour point de départ la recherche des arbres à réformer. Quels sont-ils? premièrement, les arbres dépérissants, Couronnés, dégradés ou affectés d’une tare grave ; en même temps il y a lieu d'abandonner les arbres

exploitables par suite de leurs dimensions ; enfin il convient de disposer des arbres surabondants qui entravent le développement d’autres sujets plus précieux ; on procure, par cela même,aux arbres et aux sous-bois, une place suffisante. Tout en procédant ainsi, on marque en réserve les arbres non réformés.

C’est seulement quand le choix de cette réserve est bien arrêté qu’on s’occupe des baliveaux, en les répartissant dans les espaces où les arbres manquent, en évitant surtout de les marquer trop près des modernes et des anciens ou, comme cela se fait trop souvent, sous leur projection. Ce serait d’ailleurs se faire illusion que d’en exagérer le nombre pour masquer l’indigence d’une réserve trop pauvre en arbres constitués. Il ne faut pas non plus, sous prétexte d’éviter de grands trous et de répartir également l’ombrage, réserver un grand nombre de baliveaux de l’âge d’essence charme, ou d’une autre essence inutile comme bois d'œuvre ; de tels baliveaux ne donneront toujours que du chauffage quand ils seront devenus modernes, et en les réservant on se sera privé de cépées au moins aussi productives qu'eux, et qui auraient mieux assuré Pétat complet du sous-bois.

3° Cas. — La futaie est prépondérante; la direction de la culture tend à donner à la futaie une place prépondérante, et dès lors il est impossible d’éviter l’action préjudiciable du couvert sur le sous-bois. Dans ce cas il peut être bon de chercher à répartir la futaie d’une manière irrégulière ; cette disposition de la futaie, tantôt par groupes (spécialement pour les classes jeunes et d'âge intermédiaire), tantôt par sujets isolés, paraît non seulement imposée par les circonstances, mais encore elle semble de nature à favoriser le but de l'exploitation, qui est dans ce cas de faire surtout du bois d’œuvre ; elle présente la faculté de profiter des conditions du terrain pour donner aux sujets d’élite tout l’espace nécessaire à leur développement, et de stimuler, par le groupement, la croissance en hauteur des arbres choisis à cet effet. Sous le couvert de chênes ainsi réservés, on a des chances de trouver des semis qui assureront en temps utile les besoins du balivage.

Cette distribution inégale amène la même inégalité dans la

répartition et le développement du taillis, qui d’ailleurs, au point de vue de la production totale, demeure relégué à larrière-plan. Là où la futaie se groupe en bouquets plus ou moins formés en massif, le taillis végète, on lui cède complètement le terrain ; il forme dans l’ensemble un peuplement très irrégulier, interrompu par places, et prend plutôt le caractère d’un peuplement de protection.

Si la futaie est constituée essentiellement d’essences de

lumière, et si les brins de semence disséminés au travers du taillis sont assez nombreux pour assurer le recrutement futur des baliveaux, la forêt peut continuer à se perpétuer dans cet état ; mais si, en raison du couvert des réserves, le taillis vient à dépérir presque totalement, si son état d’appauvrissement rend impossible le recrutement ultérieur de la future réserve, la forêt ainsi traitée perd son caractère de taillis-sous-futaie, et elle conduit infailliblement à une impasse dont il peut devenir difficile de sortir.

. Mieux vaut alors, spécialement dans les régions du nordest de la France où le chêne a une très belle venue, recourir franchement au traitement en futaie claire que nous avons défini précédemment (page 137).

Dans les taillis-sous-futaie une très bonne mesure, quels que soient les cas, consiste à réserver le long des lisières de la forêt ou des coupes, le long des tranchées ou des chemins, des cordons plus. ou moins épais d’arbres de futaie, qui bénéficient de la mise en lumière, et rendent le double avantage de servir de rideaux de protection du plus heureux effet, et d’assurer une riche épargne pour le propriétaire ; ce dernier, le cas échéant, peut toujours en disposer, dût-il, après exploitation, procéder à un repeuplement artificiel des parties exploitées (1).

49 Nombre des réserves. — Ta question du nombre des réserves à maintenir dans un taillis composé, se rattache beaucoup à la question précédente en ce sens qu’on doit encore ici se baser sur la quantité du couvert qui peut être imposé au taillis, sans nuire trop fortement à son développement. Ce

(1) Nombre de propriétaires particuliers enrichissaient ainsi autrefois leurs forêts, tout en les embellissant; aujourd'hui cette coutume semble se perdre, et c'est regrettable.

nombre de baliveaux, modernes et anciens, dépend d’une foule de circonstances ; il ne peut être donné d’une façon absolue, puisqu'il doit varier d’une forêt à l’autre, dans les divers cantons d’une même forêt, souvent sur les différents points d’une même coupe, et enfin suivant les ressources au’offrent les peuplements.

M. Rivet énonce trois lois à cet égard (1):

1° A surface égale, l’intensité du couvert est proportionnelle à l’épaisseur du feuillage des essences de réserve ;

20 A surface égale et pour une même essence, l'intensité du couvert est en raison inverse de la hauteur des fûts ;

39 L’intensité du couvert est proportionnelle à l’épaisseur de la cime, et par conséquent à l’âge des réserves (puisque la cime s’allonge en hauteur avec l’âge, et que la hauteur de fût reste sensiblement stationnaire après la première révolution du taillis).

De ces trois règles découlent les conclusions suivantes énumérées par M. Muel(2): les essences à couvert léger, telles que le chêne, frêne, bouleau, nuisant moins au sous-bois, pourront être réservées en plus grand nombre que celles à couvert épais, comme les hêtres et les charmes ; — dans les forêts et les cantons fertiles, la réserve pourra être plus serrée, parce que les arbres ayant plus de hauteur de fût, donneront un couvert moins dommageable au taillis, et que celui-ci sera, grâce à la bonne qualité du sol, plus à même de résister à l’action du couvert ; — pour la même raison (hauteur des fûts), le nombre des réserves peut augmenter avec la durée de la révolution ; — un taillis formé d’essences supportant bien le couvert, comme les charmes, les hêtres et certains morts-bois, pourra être surmonté avec moins d’inconvénients d’une réserve plus abondante ; — à surface égale, le couvert des arbres âgés est plus nuisible parce que leur feuillage est plus épais ; on se gardera donc d’en réserver une trop forte proportion ; — aux expositions chaudes, le nombre des réserves devra être assez grand pour protéger le recru contre les ardeurs du soleil ; mais on conservera peu d'arbres âgés, parce que leur couvert plus

(1) Extrait du cours professé à l'Institut national agronomique, par M. Rivet. (2) E. Muel, Notions de Sylviculture.

étendu et plus épais serait plus nuisible qu'utile au taillis, et que d’ailleurs leur croissance plus lente, et leur longévité généralement moindre à ces expositions chaudes, rendent leur maintien sur pied peu avantageux. La même recommandation est applicable aux sols secs, peu profonds et de médiocre qualité ; enfin, dansles sols très pauvres et aux expositions très chaudes, c’est-à-dire dans les plus mauvaises conditions, si le propriétaire n’est pas apte à faire de la futaie avec les essences spontanées, il est obligé de préférer le taillis simple au taillis composé ; c’est le conseil que donne M. Bagnéris aux propriétaires de tels terrains.

Le nombre et l'importance des réserves à conserver dans un taillis composé, varie encore dans les mêmes situations, avec intensité que le propriétaire veut donner à sa culture; selon qu’il conserve peu ou beaucoup de réserves, et notamment des arbres âgés, son capital fonctionne à des taux très différents, et cette considération est pour lui une des plus importantes ; nous l’avons signalée précédemment.

Malgré ces causes d’incertitude, il peut être bon d’avoir un type moyen de balivage, sauf à s’en écarter plus ou moins dans chaque cas particulier. Si nous tenons compte que dans la pratique, afin de faciliter l'opération et d’arriver à une plus grande régularité, on ne distingue en général que trois catégories de réserves, baliveaux, modernes, anciens, pour chacune des essences principales qui se trouvent dans la coupe, et que l’on établit ces catégories plutôt sur la grosseur des arbres, que sur le nombre exact des révolutions qu’ils comptent; nous pouvons adopter le type de balivage moyen que donne M. Muel} pour la région de l'Est.

Ces chiffres, qui représentent le nombre d’arbres à réserver par hectare répartis par catégories et par essences, constituent ce qu’on appelle le plan de balivage.

Arbres comp-

Catlenoe 0m,45 de tour |

Baliveaux..

; environ et »de 80 à 120 lement moins RE CEE Nombre devk40 ans £.E d’arbres Arbres de 50 à ; à réser- Modernes... { 100 ans en vi- RE de 50 à 90! ver par | Soñ de tour... MR UERE

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De l’examen du plan de balivage, il est facile de déduire le nombre d’arbres de futaie à abandonner en principe à l’exploitation si Von veut conserver le matériel de la forêt dans le même état ; on peut le calculer de la façon suivante :

; Arbres existant Plan de CATEGORIES |immédiatement avant balivage (ou | Arbres à abandonner DE l'exploitation arbres er tr FE (d'après l'ancien à marquer à l'exploitation. RESERVES. balivage). en réserve).

Baliveaux ... » 80 » F Modernes....! 80 50 80 — 50 —,30 Anciens ..... 20 6 90— 6—44

Ce plan de balivage, que nous ne donnons qu’à titre d’indication, n’a rien d’intensif,'car il ne comporte que six anciens réservés, parmi lesquels doivent ou peuvent être représentées plusieurs catégories de réserves (anciens, bisanciens, vieilles écorces); dans bien des cas le propriétaire aura intérêt à adopter un type plus riche en réserves de ces diverses catégories.

Les chiffres précédents n’ont rien d’absolu; ils varient, comme nous l'avons exposé, dans de grandes limites, suivant les circonstances ; lorsqu'une classe de réserves est rare, on doit y suppléer en augmentant le nombre des réserves d’une autre catégorie, à raison de trois ou quatre baliveaux pour un moderne, et de deux ou trois modernes pour un ancien; mais il serait tout aussi puéril de prétendre atteindre le nombre réglementaire à l’aide d’essences quelconques, que de s’arrêter sous prétexte qu’on a le nombre voulu, eu égard à l’étendue totale de la coupe, quand on n’en a parcouru que la moitié ou les trois quarts.

Dans la plupart des cas, à chaque exploitation une coupe change d’état ; riche en vieux arbres avant le dernier passaze de la hache, elle n’offre guère ensuite que de jeunes baliveaux ou inversement ; aussi essayer de maintenir un taillis composé dans un état constant, c’est poursuivre une chimère ; prescrire dans un règlement de jouissance un nombre déterminé de modernes et d’anciens, c’est aller trop loin. On doit tendre, autant que le permettent les circonstances, à se rapprocher d’un balivage moyen, mais on ne peut se fixer une règle absolue, et l’on doit se laisser guider par les circonstances, par les règles culturales et par le but qu’on se propose. Enfin on doit surtout se rendre compte de ses actes.

59 Age des réserves. — En principe on devrait, dans les taillis composés, conserver les arbres de réserve aussi longtemps qu’ils restent sains, vigoureux, et que leur accroissement se maintient en bonne voie ; c’est le moyen d’obtenir les produits les plus utiles et les plus demandés aujourd’hui par le commerce des bois.

En se plaçant au point de vue du plus grand rendement en argent, on arrive à un résultat du même genre ; pour voir si lon a intérêt à ce point de vue, à conserver un arbre de réserve, par exemple un ancien, ou à l’abattre, il suffit de comparer la valeur qu’acquiert cet arbre en restant sur pied une révolution de plus, au prix qu’on pourrait en tirer actuellement augmenté des intérêts composés de cette somme pendant une révolution, et augmenté en outre de la valeur du recru qui se serait produit si l’arbre considéré avait été abattu immédiatement.

Ce calcul est facile à faire, et nous empruntons à M."Muel l'exemple suivant :

Supposons qu’un chêne de cent ans mesure 1,20 de tour (à 1",50 du sol) sur 8 mètres de hauteur, qu’il cube 0me,743 de bois d'œuvre et vaille, à 40 francs le mètre cube, la somme de 30 francs ; à l’âge de cent vingt-cinq ans ses dimensions pourront être de 1",60 de circonférence sur 9 mètres de hauteur propres au service; le volume du bois d’œuvre serait de 1,485 et sa valeur à 50 francs le mètre cube atteindrait 74 francs. (On néglige le bois de feu à tirer du houppier, celui-ci représentant à peu près les frais d’abatage, de facon, de vidange et de vente.) En restant sur pied pendant vingt-cinq ans, cet arbre est passé de la valeur de 30 francs à celle de 74 francs.

Or ces 30 francs placés à intérêts composés à 3 p. 100 pendant vingtcinq ans acquièrent une valeur de 62 fr. 82 (1). Ajoutons à ce chiftre le montant du dommage causé aux cépées qui n’ont pu prendre le même accroissement que si cet arbre avait disparu, soit environ 8 francs, le total deviendra 62 fr. 82 + 8 — 70 fr. 82. Mais pendant ce temps notre ancien a acquis une valeur de 74 francs ; il y a donc profit à conserver ce chêne jusqu’à cent vingt-cinq ans.

Par un calcul analogue, on pourra savoir s’il y a encore avantage à le conserver jusqu’à cent cinquante ans, ce qui se réalise très souvent dans les sols de bonne qualité.

(4) Chiffre obtenu par la formule des intérêts composés ; la valeur à la fin de anpées d’un capital C placé à intérêts composés au taux # est C (1 + 7)#. Le facteur (1Lt)# pour toutes les valeurs de # et de n est donc, dans la pratique per la table 1 de Cotta (Voir Agenda du forestier).

A moins de circonstances exceptionnellement favorables, M. Muel estime qu’en moyenne, lorsqu'on cherche à obtenir la production en argent la plus considérable, on arrive aux résultats suivants (1),

49 Les chênes de 12,50 à 12,80 de circonférence (dont l’âge peut varier de cent vingt à cent cinquante ans) ne doivent plus être réservés, sauf peut-être dans les bas-fonds, où la conservation d’un ou deux de ces arbres par hectare peut achalander une coupe ;

20 Il n’y a pas avantage à conserver, du moins en thèse générale, des frênes, des érables, de plus de 1 mètre à 12,20 de tour (âgés d’environ soixante-quinze à quatre-vingt-dix ans) ;

30 Les bouleaux sont exploitables dès l’âge de cinquante à soixante-dix ans ;

40 Enfin pour les hêtres et les charmes, réservés sur les taillis composés à défaut d’essences plus précieuses, et quine se débitent la plupart du temps qu’en bois de feu, on ne leur laisse guère dépasser 1%,20 de tour pour le hêtre (quatre-vingts à cent ans) et 80 à 90 centimètres pour les charmes (soixantequinze à quatre-vingt-dix ans).

Ajoutons une remarque importante : en ce qui concerne le nombre d’arbres à réserver dans les taillis composés, ainsi que l'âge de ces réserves, le propriétaire fait intervenir la considération du capital engagé dans l’exploitation, capital qui devient de plus en plus considérable avec le nombre et la valeur des réserves engagées dans son exploitation ; dès lors il tient compte du taux de placement de son capital engagé, beaucoup plus que du revenu brut à obtenir, et cette considération vient modifier pour lui, dans une certaine mesure, les considérations précédentes. Un ancien représente un capital engagé considérable, en raison du temps qu'il met à devenir exploitable, et ce capital fonctionne à un taux de placement financier moins

(1) Ces chiffres ne peuvent être que de simples indications, car ils dépendent de l’activité de la végétation. Or, il arrive souvent dans les taillis composés que les chènes ont de 1#,50 à 12,80 de tour avant cent ans, et on peut alors avoir grand intérêt à les conserver. Pour chaque arbre, c'est l'activité de la végétation qui doit guider.

A. FRoN. — Sylviculture. 25

élevé que le même capital représenté par de jeunes réserves ou simplement du taillis.

Dès lors apparaît une difficulté nouvelle : dans les limites imposées par les règles culturales, le propriétaire, suivant l’état de sa fortune, reste maître de faire fonctionner son taillis composé de façons très diverses, soit avec un petit nombre de réserves, soit avec des futaies plus ou moins nom. breuses et plus ou moins âgées, et à chacun de ces états de la forêt correspondront des sortes de placement en argent différentes. Aïnsi le traitement en taillis composé se prête, dans la généralité des cas, à toutes les fortunes, à toutes les exigences, voire même, dans une certaine mesure, à tous les placements et à toutes les épargnes. C’est un de ses plus précieux avantages pour le propriétaire particulier. Disons aussi qu’il se prête à toutes les dilapidations si le propriétaire abuse des exploitations sans se rendre compte de ce qu’il fait.

Opérations culturales. — Les dégagements et éclaircies dont nous avons parlé à propos du taillis, sont des opérations culturales justifiées à fortior: dans les taillis composés, et l’on peut s’y préoccuper spécialement d’assurer la conservation des brins de semence d’essences précieuses. Dirigées dans ce but, ces opérations culturales tendent à assurer un bon recrutement de baliveaux. Dans les éclaircies, dit M. Broilliard, on néglige presque toujours et à tort de dégager les cimes des modernes et des anciens gênées par les perches du taillis qui tendent à les embrasser ; cependant les arbres restent exposés ainsi à perdre quelques-unes de leurs branches principales, ce qui amène la dégradation de leur tige ; bien souvent c’est surtout aux arbres menacés que l’éclaircie est utile, à la réserve donc plutôt qu’au sous-bois, mais à la condition qu’elle soit opérée autour des cimes, mais non pas en dessous d'elles.

Si l’on joint à ces opérations quelques repeuplements artificiels bien conduits, on aura contribué à entretenir le bon état de la forêt, et à la rendre susceptible du plus grand rendement en matière et en argent.

Une excellente pratique consiste à arracher toutes les souches mortes ou impropres à rejeter vigoureusement, pour repiquer sur leur emplacement 3 ou 4 plants ; l'extraction des grosses souches peut être

permise à l’exploitant, ou concédée à des ouvriers à qui l’on donnera le bois comme salaire de leur travail, en leur imposant même l’obligation de reboiser l'emplacement de la souche ; quelquefois même le propriétaire peut retirer de ce travail une redevance de 0 fr. 50 à 1 fr. 50 par stère de bois de souches. Dans tous les cas, on devra toujours choisir avec soin les essences à replanter, en adoptant celles qui sont le mieux appropriées au sol, au climat, et aussi aux produits à obtenir,

Ces repeuplements artificiels s’imposent aussi pour reboiser les vides occasionnés par l’envahissement des épines et morts-bois, ou pour restreindre l’envahissement des bois tendres.

Souvent enfin ils peuvent être effectués dans le but de créer des ressources, ou de venir compléter les éléments du balivage à la prochaine exploitation : il n’est pas rare en effet de rencontrer fort peu de brins de chênes propres à former des baliveaux, même dans certaines coupes où la vieille réserve en chêne est abondante ; ce fait d’ailleurs s’explique facilement par le tempérament de cette essence, qui ne tarde pas à languir ou à succomber sous le couvert.

Dans la pratique, on fait presque toujours la plantation au moment de la coupe du taillis ; ce mode de procéder coûte cher si l’on plante des hautes tiges ; il est incertain si l’on opère avec des basses ou moyennes tiges qu’il est difficile de venir dégager à temps, et qui dès lors sont exposées à être étouffées par le recru.

Il est préférable d’effectuer les repeuplements artificiels quelques années avant l’exploitation, au plus cinq ans et au moins deux ou trois ans avant la coupe principale, à la suite d’une dernière coupe d’éclaircie ; on plante alors de basses tiges qu’on dispose régulièrement sur des places dégarnies, ou sur celles où le couvert est le plus relevé; ces plants, sans se développer beaucoup, prennent possession du terrain, et quand vient l’exploitation du taillis on les recèpe, si leur végétation laisse à désirer; des baguettes fichées en terre à côté des plants permettent de les retrouver et de les dégager au moment du passage des coupes de dégagement.

Enfin une dernière opération utile dans la plupart des taillis composés est l’émondage des réserves, c’est-à-dire la coupe des branches gourmandes qui se développent sur le fût des arbres après leur isolement, et qu’on enlève avant de leur laisser prendre un certain développement.

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