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DE LA NUTATION

Le mot nutation figure dans la terminologie médicale pour désigner ce symptôme bizarre qui consiste en mouvements oscillatoires continuels de flexion ou de rotation de la tête (1). Il correspond à YEclampsia nutans des médecins latinistes , au Spasme salaam des Anglais, au Nickkrampf des Allemands.

Les deux formes de flexion et de rotation, d’affirmation et de négation, ne se rencontrent guère que chez l’enfant depuis les premiers mois de la naissance jusqu’à l’approche de la puberté. D’après notre expérience personnelle, elles ne sont nullement aussi rares que les auteurs le croient généralement. On les rencontre assez souvent, comme accident transitoire du moins, à l’époque de la dentition, dans le cours des fièvres et dans les divers états voisins de la méningite.

Dans la première forme, dite de flexion , la tête exécute des mouvements, indéfiniment réitérés, de flexion en avant, comme pour saluer ou affirmer. Ces mouvements, tantôt lents et réguliers comme ceux d’un pendule, tantôt très-rapides et irrésistibles, ont été comparés à ceux qu’exécutent ces petites figures à tête mobile qu’on appelle pagodes.

Dans la forme rotatoire , la tête tourne continuellement autour de son axe, comme si l’enfant s’obstinait à refuser par geste ce qui lui est demandé, ou comme s’il voulait frotter son occiput contre l’oreiller sur lequel il repose.

(1) Voyez, entre autres, Shirley Palmer, Pentciglot Dictionary. London, 1845.

Le mal survient par accès dont la durée varie depuis quelques minutes jusqu’à un quart d’heure. Vingt, cinquante, cent nutations se succèdent ainsi plus ou moins rapidement, et reprennent une ou plusieurs fois pendant les vingt-quatre heures. Exceptionnellement on a vu des accès durer pendant trois heures sans interruption, et Charles Bell a décrit un cas où la tête tournait jour et nuit, 22 fois par minute.

Dans la première forme, le corps s’incline parfois en même temps que la tête, ce qui fait que les mouvements ressemblent davantage à des salamalecs. Ils s’accompagnent aussi de grimacement, de clignement des paupières, de roulement des yeux, de strabisme, quelquefois de tiraillements des bras et des jambes, ou alternent avec des convulsions générales.

Tel enfant reste calme et souriant; les mouvements cessent dès que son attention est fixée sur quelque chose; tel autre, au contraire, semble souffrir; un troisième est privé de connaissance et reprend néanmoins sa gaîté immédiatement après. Mais les accès très-longs sont suivis d’assoupissement, et à la fin la santé générale s’afTecte, l’intelligence s’affaiblit, ou le mal dégénère en épilepsie ou paralysie.

Causes. — La nutation est tantôt passagère et de peu d’importance; d’autres fois elle dénote la présence de lésions graves des centres nerveux.

La dentition est le plus souvent en jeu ; du moins voit-on le mal cesser avec l’éruption des dents (1).

Leubuscher (2) a observé un cas qui semblait avoir été occasionné par des vers intestinaux.

La pluparj, des pathologistes modernes placent la cause prochaine dans le nerf spinal ou dans les nerfs cervicaux, en considérant le symptôme comme un trachélospasme bilatéral ( spasme bilatéral clonique du nerf accessoire de W illis). Il nous semble cependant que les mots spasme et convulsion ne conviennent guère. L’affection doit être classée plutôt parmi les troubles oscillatoires , à côté du ballisme et du martellement. Le muscle slerno-mastoïdien est certainement atteint plus que les autres, mais, à ce que nous croyons, par cessation de l’action empêchante plutôt que par surexcilation positive. Cependant,

(1) Voyez Henoch dans son édition de West, Kinder krankheiten. Berlin, 18G5, p. 121, note.

(2) Handbuch der medicin. Klinikj Berlin, t. II. p. 95.

il nous serait impossible, actuellement, de faire connaître le siégé du centre empêchant spécial des muscles du cou.

Souvent la nutation fait partie des accidents éclamptiques et épileptiques, ou constitue à elle seule des attaques incomplètes ou avortées de ces maladies ; d’autres fois elle est symptomatique de l’hypérémie des méninges ou des épanchements séreux à la base de l’encéphale. Enfin, elle se rattache aux accidents variables et morbides qui sont communément considérés comme choréiques.

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