‹ Symptomatologie, ou, Traité des accidents morbidesChapitre 140 sur 149 · DE LA COXALGIE · texte numérisé non relu

DE LA COXALGIE

Le mot coxalgie qui ne devrait être employé que pour désigner la douleur de la hanche, est plus connu des praticiens comme nom de la maladie qui y donne lieu le plus ordinairement, à savoir la tumeur blanche de la hanche, coxite et coxarthrocace. Il va sans dire qu’ici on le prendra exclusivement dans son sens symptomatologique.

Diagnostic. — Il ne saurait jamais y avoir de difficultés quand le mal est aigu ou accompagné de lésions organiques dans l’articulation coxo-fémoraîe. Mais dans les cas contraires une confusion est possible, soit avec la douleur de la psoïte, soit avec la sciatique.

On remarquera d’abord que, dans la psoïte , la cuisse ne peut être mise en extension, puis, que la douleur a son point de départ dans la région lombaire, qu’il y a fièvre, et qu’une tuméfaction finit par s’accuser dans la région inguinale.

Dans la sciatique , le membre prend successivement les positions les plus variées dans le but de soulager la douleur. Celle-ci est spontanée, paroxystique, et s’étend presque toujours jusqu’à la jambe et au talon; la pression fait découvrir les points névralgiques connus. Dans la coxalgie, au contraire, le malade tient le membre en extension, la douleur s’exaspère dans tous les mouvements intéressant l’articulation coxo-fémorale, et il se produit peu à peu l’allongement, plus tard le raccourcissement du membre; le pli de la fesse est dirigé obliquement.

Le raccourcissement du membre, il est vrai, peut s’observer aussi dans la sciatique ; mais en l’examinant avec attention, on constate qu’il est volontaire ou instinctif, commandé uniquement par le désir d’éviter la douleur.

D’autre part, ainsi que Valleix en convient lui-même, il est des cas de coxalgie où la pression fait apparaître des points douloureux à la hanche, au genou et derrière la tête du péroné, et d’autres où la douleur

provoquée par la marche ou par les secousses de la toux retentit jusque dans le pied, sous forme d’élancements, comme dans la sciatique. L’exploration méthodique peut alors seule éclairer le diagnostic. On se rappellera que dans la coxalgie on provoque une douleur vive dans les parties profondes de l’articulation, en exerçant une pression sur le grand trochanter, et que la douleur s’exaspère outre mesure quand on essaie de fléchir ou d étendre la cuisse.

i° Coxalgie rhumatismale .

L’articulation coxo-fémorale est à l’abri du refroidissement. Quand elle devient néanmoins le siège de douleurs rhumatismales , c’est par localisation ou par métastase , dans les cas de dyshémie (rhumatisme articulaire aigu), ou de dyscrasie (rhumatisme chronique) du même nom.

L’articulation est tuméfiée et l’engorgement rhumatismal, ainsi que la douleur, s’étendent à une distance plus ou moins grande autour d’elle. Plusieurs muscles participent presque toujours à l’affection. La douleur occasionnée par les contractions spontanées est plus intense que celle qu’on provoque en imprimant au membre des mouvements passifs.

Les élancements, lorsqu’ils existent, ne suivent pas de direction constante; ils ne correspondent surtout pas au trajet du nerf sciatique, et la pression digitale ne fait pas apparaître de points névralgiques.

2° Coxalgie inflammatoire.

La coxile et la coxarlhrocace sont surtout propres à l’enfance, au tempérament lymphatique et à la dyscrasie scrophuleuse.

La douleur de la hanche est souvent précédée, pendant un temps assez long, par une douleur sympathique au genou, et n’est généralement aiguë que dans les cas où la désorganisation de l’articulation progresse rapidement. Il va sans dire cependant que la pression et les mouvements l’exaspèrent, tandis qu’elle est sourde au repos.

La position du membre est caractéristique. Le malade tient la jambe et la cuisse légèrement fléchies; il parvient avec peine à poser le pied à terre ; le membre est en l’état d’abduction modérée et de rotation en dehors. Le bassin s’incline vers le côté malade et se porte en avant. Le volume de la fesse du côté malade est augmenté; mais dans les périodes avancées de la maladie, il diminue par suite de l'atrophie qui s’empare des muscles.

Quand on étend la jambe sur un plan horizontal, on eonslate que le membre malade est allongé dans les premières périodes de la maladie, et raccourei plus tard.

La fièvre et l’émaciation sont des symptômes secondaires de la coxarthrocace.

3° Coxalgie hystérique.

Cette espèce, très-importante à connaître, a été signalée en premier lieu par Brodie (1). Elle peut donner le change pour de la coxarthrocace, dont on la distinguera au moyen des caractères suivants :

La douleur s’étend plus ou moins au voisinage de l’articulation ; elle est accompagnée d'hyperesthésie cutanée ou de dermalgie proprement dile. En détournant l’attention du malade, on réussit souvent à l’apaiser.

Le bassin, loin d’incliner sur le côté malade et de se porter en avant, y est au contraire surélevé et porté en arrière. Il se produit ainsi une forme particulière de raccourcissement du membre, raccourcissement apparent bien distinct de celui de la coxarthrocace.

Il n’y a pas d’atrophie des muscles ni, par conséquent, d’applatissement de la fesse.

Brodie a signalé, en outre, des variations remarquables de la température dans le membre affecté et des contractions musculaires à forme choréique ou convulsive.

Enfin, on constate la coexistence d’autres accidents hystériques et de troubles menstruels, ou l’alternance du mal de la hanche avec d’autres (roubles évidemment hystériques.

La coxalgie hystérique peut durer pendant des semaines, des mois et des années sans avoir des conséquences fâcheuses.

ARTICLE XII

Page 1