‹ Symptomatologie, ou, Traité des accidents morbidesChapitre 139 sur 149 · DE L’INCURVATION DES DOIGTS · texte numérisé non relu

DE L’INCURVATION DES DOIGTS

La flexion permanente des phalanges peut avoir pour cause :

1° Le processus inflammatoire ou ses suites;

2° La présence d’exsudats rhumatismaux ou de dépôts goutteux dans les articulations ;

3° L’existence de cicatrices à la suite de lésions de la peau ;

4° La contracture positive des muscles fléchisseurs ;

6° Leur contracture antagonistique comme suite de la paralysie des extenseurs.

Indépendamment de ces causes que les doigts ont de commun avec les autres articulations, il en est une qui leur est propre : nous voulons parler des brides fibro-cellulaires sous-cutanées noueuses. Ces brides produisent une espèce d’incurvation qui semble être particulièrement commune dans le pays de Liège. On la confondait autrefois avec celle qui dépend de la rétraction des tendons des fléchisseurs ; c’est Dupuytren qui l’en a séparée en l’attribuant à une rétraction de l’aponévrose palmaire. Goyrand a démontré ensuite que sa cause siège dans le tissu cellulaire sous-cutané, et Eulenburg (1) a confirmé cette manière de voir.

L’affection atteint le plus fréquemment le doigt annulaire, puis le médius, mais aussi les autres doigts, y compris le pouce. Elle s’étend parfois jusqu’à la dernière phalange, et ce fait suffit pour réfuter l’opinion de Dupuytren, car l’aponévrose palmaire n’arrive pas jusque-là.

Au dire de Langenbeck, cette espèce d’incurvation digitale se rencontrerait le plus souvent chez les ouvriers qui manient la pelle : les jardiniers et les terrassiers; il l’attribue, par conséquent, à l’irritation entretenue par l’écrasement et la pression habituellement exercée sur la face palmaire des doigts.

Eulenburg objecte à cela que l’accident atteint aussi des personnes

(1) Gocschcn’s Deutsche Klinik. 1805, u° îiO, p. 494.

non exposées à cette lésion : des fonctionnaires, des commercants, des pianistes, et notre propre observation est d'accord' avec la sienne. Le même chirurgien nie l’influence qu’exerceraient, selon quelques-uns, les excès en boissons, surtout ceux en bière et en vin, et en vient à dire finalement que la cause est encore inconnue. Nous croyons qu’elle est variable, et que la goutte joue certainement son rôle dans un grand nombre de cas.

ARTICLE XL

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