‹ Symptomatologie, ou, Traité des accidents morbidesChapitre 146 sur 149 · DE LA NÉVRALGIE PLANTAIRE · texte numérisé non relu

DE LA NÉVRALGIE PLANTAIRE

C’est à la rigueur une sciatique sévissant de préférence ou exclusivement dans les nerfs plantaires.

La douleur est des plus vives ; elle occupe le talon et la partie postérieure de la plante du pied, très-rarement toute la plante et, contrairement à ce qui se passe dans la sciatique ordinaire, elle atteint souvent les deux pieds à la fois.

Les accès sont parfois aussi intenses que ceux du tic douloureux de la face, et se succèdent après des intervalles variables. Chaque grand accès ou cycle névralgique est composé d’une série d’accès simples (I).

On signale aussi une douleur plantaire non-paroxystique parmi les symptômes de l’intoxication chronique par le plomb, l’arsenic et l’alcool. Cette douleur est assez vive et ressemble à celle d’une brûlure.

En troisième lieu, nous mentionnerons la sensibilité douloureuse de la plante du pied qui survient chez les personnes à pied plat à la suite de marches un peu prolongées.

En quatrième lieu : une sensibilité semblable dépendant tantôt de varices , tantôt d’une affection goutteuse des gaines tendineuses et des petites articulations du pied.

Douleur aux talons. — On doit distinguer de la névralgie plantaire proprement dite, une douleur aux talons qui est assez fréquente et très-pénible. Elle siège dans le nerf calcanien interne qui vient tantôt du tibial, tantôt du plantaire externe. Ashton (2) l’a observée comme symptôme des hémorrhoïdes et des rétrécissements du canal de l’urèthre. Il cite une observation analogue publiée par sir Benjamin Brodie.

Prurit plantaire . — Cet accident intolérable est fréquent, surtout

(1) Si nous en jugeons d’après notre propre expérience, la névralgie plantaire est loin d’étro aussi rare qu’on le croit généralement. Romberg ( Lchrbuch , t. I, p. 02) en donne une observation, en citant, en outre, celles de Ilugh Lcy et de Descot.

(2) Die Krankhciten des Rectum und Anus. Würzburg, 1863, p. 10.

chez les vieillards. 11 siège à la plante des pieds proprement dite et entre les orteils. Quant à sa nature , on reconnaît qu’il est souvent l’effet d’une hyperesthésie pure de la peau, tandis que dans les cas les plus ordinaires il est accompagné d’une éruption papuleuse à laquelle succèdent des pustules et même des furoncles.

Le prurit plantaire dépend parfois d’une affection de l’organe hépatique ou d’un engorgement d’autres viscères abdominaux ; plus souvent encore il constitue une des formes de localisation de la goutte ou d’autres dyscrasies. Plusieurs observateurs le rattachent aussi à la présence de calculs dans la vessie.

ARTICLE XX

DE L’ANESTHÉSIE PLANTAIRE.

Nous avons traité de ce symptôme à l’article titubation et nous serons obligés d’y revenir encore à l’occasion de l’anesthésie en général (I). En attendant quelques mots suffiront.

Le malade est obligé de regarder ses pieds quand il marche; son allure est hésitante et même oscillante. Il croit marcher sur des vessies ou sur du sable mouvant.

On pourrait confondre cet état avec la paraplégie commençante ou avec l’ataxie ; mais on remarquera, selon le conseil de M. Jaccoud, que dans l’anesthésie plantaire les mouvements partiels qui concourent à l’acte de la progression sont parfaitement normaux quant à la forme, la quantité et la coordination.

(i) Ce symptôme a été soumis à une savante analyse par Heyd, Der Tastsinn der Fuss-sohle cils Æquilibrirungsmittel des Koerpers bcim Stehen. Tübingen, 1862. Voyez aussi Jaccoud, Les paraplégies et V ataxie du mouvement. Paris, 186J, p. 656.

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