‹ Symptomatologie, ou, Traité des accidents morbidesChapitre 50 sur 149 · DE LA TURGESCENCE · texte numérisé non relu

DE LA TURGESCENCE

Indépendamment des tumeurs, des épanchements et des lésions locales dont nous n’avons pas à nous occuper dans cet ouvrage, il existe des tuméfactions purement symptomatiques du corps, auxquelles on a donné le nom de turgescences .

Elles s’étendent sur des régions plus ou moins vastes, ou occupent la totalité de la surface du corps ; elles dénotent toujours un afflux du sang et des humeurs en général, vers la périphérie. La vitalité, c’est-à-dire les actes de nutrition et d'innervation, sont augmentés dans les parties turgescentes qui, par conséquent, sont chaudes, rouges, engorgées et donnent au malade lui-même la sensation d’une tension qui peut aller jusqu’à la douleur.

On observe la turgescence, passagèrement, chez les sujets jeunes et pléthoriques, pendant les chaleurs de l’été, après la marche et l’exercice forcé, après l’ingestion d’aliments ou de boissons échauffants,

après certaines émotions, et même au sortir d’un sommeil prolongé. Chez les jeunes Allés elle précède parfois le flux menstruel.

Quant aux maladies, une turgescence générale du corps accompagne les flèvres inflammatoires et exanthématiques : la variole, la scarlatine, la rougeole, la suette, et constitue, tant au début de ces Aèvres qu a l’approche des crises, un signe favorable, tandis que sa disparition subite est un signe fâcheux ainsi que sa persistance après les évacuations critiques.

Dans le cours des Aèvres typhoïdes et putrides, la turgescence, surtout quand elle s’accompagne d’ardeur et d’agitation, est également de mauvais augure ; elle annonce alors l’éruption de pétéchies et l’approche des hémorrhagies.

Chez les personnes pléthoriques, avancées en âge, la turgescence, unie à l’obnubilation des sens et de l’intelligence, annonce parfois l’imminence d’un coup d’apoplexie.

Turgescence veineuse.

C’est une forme bien distincte, se rattachant à des troubles de l’hématose et de la respiration. La surface du corps, particulièrement la face et les mains, est tuméAée, plus ou moins cyanosée, et la température de la peau est plutôt abaissée qu’élevée ; il s’y joint de la dyspnée et de l’anxiété.

La turgescence veineuse est le symptôme de la suffocation, de l’asphyxie par les gaz irrespirables, de l’intoxication narcotique, de l’hépatisation et de la compression des poumons, enAn, des dilatations du cœur droit et de l’insuffisance de l’oriAce tricuspide.

ARTICLE II

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